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«Les quarantaines peuvent déboucher sur des violences»

En Chine, les mesures de quarantaine ne cessent de s’étendre. L’historien Patrick Zylberman revient sur leur histoire, leur bilan et leurs dangers.

Face à une épidémie comme celle du coronavirus, les autorités sont tentées par les quarantaines. Cela s’est produit à la Renaissance en Italie (ici au large de Venise).
Face à une épidémie comme celle du coronavirus, les autorités sont tentées par les quarantaines. Cela s’est produit à la Renaissance en Italie (ici au large de Venise).
Alessandro - stock.adobe.com

Dans «Tempêtes microbiennes», (2013), vous écriviez que les quarantaines avaient «disparu sans bruit au cours du XXe siècle». Pourquoi sont-elles revenues avec l’épidémie de SRAS de 2003?

Parce que les services de santé et les autorités sanitaires étaient complètement démunis, sans moyens préventifs ni thérapeutiques. La seule chose à faire dans ces conditions, c’est d’essayer de réduire les contacts, les rassemblements et les déplacements. Avec le SRAS, on a donc assisté à un retour en force des mesures non médicales de contrôle de l’infection: quarantaines, fermeture de classes, hygiène individuelle. Des mesures que beaucoup croyaient alors démodées et définitivement oubliées. En 2003, il s’agissait de quarantaines individuelles et non de quarantaines collectives comme aujourd’hui en Chine. On demandait alors à des personnes qui avaient été exposées de se calfeutrer chez elles pendant dix jours. Sans doute n’est-ce pas très agréable. Mais ce n’est pas à la hauteur des désagréments qu’entraînent des quarantaines collectives comme celles qui ont lieu en Chine.

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