Oskar Freysinger envisage son retour en politique

PolitiqueDiscret depuis son échec au Conseil d’État, l’UDC valaisan pourrait revenir sur le devant de la scène pour défendre l’initiative qui exige la primauté du droit suisse et combattre les juges étrangers.

Oskar Freysinger envisage d’être l’un des porte-parole romands de cette initiative dont la votation est agendée au 25 novembre. Image: Sebastien Anex/LMD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

C’est le come-back politique de l’année. Oskar Freysinger envisage de s’engager dans la campagne sur les juges étrangers, dont la votation est agendée au 25 novembre. «Je ne l’exclus pas», nous confirme-t-il depuis ses vacances en Corse. Pourrait-il être un des porte-parole romands de cette initiative qui exige la primauté du droit suisse? «Éventuellement.»

Étonnamment prudentes pour un orateur qui n’a pas la langue dans sa poche, ces déclarations n’en constituent pas moins un indice de plus dans un faisceau qui en compte déjà beaucoup et qui montre que le tribun est prêt à faire son retour sous les feux des projeteurs. En mars, après avoir boudé les médias pendant un an – suite à sa non-réélection au gouvernement valaisan – Oskar Freysinger faisait une première apparition remarquée à la RTS.

À l’époque déjà, c’était pour débattre des juges étrangers, sujet alors en discussion au Parlement. Qu’il ait choisi de s’exprimer en premier sur ce thème et qu’il envisage de revenir n’est d’ailleurs pas surprenant. Oskar Freysinger est en effet membre du comité d’initiative.

Adulé ou détesté, l’ancien ténor UDC est un politicien qui ne laisse personne indifférent. Son irruption dans la campagne fait grincer quelques dents. «Il a une image d’extrémiste qui lui a déjà coûté sa place au Conseil d’État, relativise Carlo Sommaruga (PS/GE). C’est un bon débatteur, mais cet aspect va marginaliser l’initiative.» Ce qui rassure l’élu, c’est le large front qui se constitue pour combattre le texte. «Il va de la gauche progressiste à la droite économique en passant par la société civile.»

Directrice d’Amnesty International Suisse, Manon Schick botte en touche quand on lui parle de Freysinger et préfère parler du fond: «Cette initiative représente une attaque contre les droits humains et leur protection par la Cour européenne des droits de l’homme. Son acceptation aurait pour conséquence la dénonciation de la Convention européenne des droits de l’homme par la Suisse.»

Selon elle, s’il acceptait l’initiative, le peuple saboterait le système européen de protection des droits humains. «Nous n’avons pas à nous prononcer sur les choix de nos opposants, réagit Cristina Gaggini, directrice romande d’EconomieSuisse. Il y a peut-être d’autres personnalités qui vont encore sortir du bois. Nous sommes prêts à en découdre avec qui que ce soit.»

Campagne émotionnelle

Du côté de l’UDC, qui se battra seule contre tous, ce retour en politique est salué. «Enfin, s’exclame Yves Nidegger (UDC/GE), pour qui la mise au vert d’Oskar Freysinger aura été trop longue. C’est un homme qui a des qualités de meneur et de stratège en communication qui seront très utiles à la veille d’une campagne difficile. Il y a un côté technique dans l’initiative, mais aussi un volet émotionnel qu’il sera capable de mettre en musique. Et, en plus, sans faire d’ombre à personne, car il s’agit d’une votation et non d’une élection, une occasion intelligente pour un retour.»

Oskar Freysinger a-t-il été appelé à la rescousse par l’UDC Suisse? «Non, répond Silvia Bär, secrétaire générale du parti ad interim, mais ce n’est pas étonnant qu’il revienne sur un thème qu’il a toujours défendu.» «Nous accueillons avec plaisir toutes les personnes qui sont prêtes à se mobiliser», ajoute Thomas Aeschi (ZG), président du groupe UDC aux Chambres fédérales. Oskar Freysinger pourrait-il retrouver des fonctions de premier plan à l’UDC, lui qui a quitté la vice-présidence du parti fin mars? «Cette question ne se pose pas aujourd’hui», coupe le Zougois.

Oskar Freysinger a toutefois gardé une casquette. «Il est toujours membre de la présidence de l’UDC Valais», confirme le conseiller national valaisan Jean-Luc Addor. Un autre signe qui montre qu’il n’a pas abandonné le combat politique. (TDG)

Créé: 21.07.2018, 22h31

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...