Une app informe les parents en direct de la crèche

Des garderies alémaniques communiquent quasi en temps réel sur le quotidien des enfants. La tendance se prépare à gagner la Romandie, non sans réticences.

 L’outil permettra notamment d’annoncer et traiter des absences, des retards, et de détailler le quotidien dans un «journal de vie».

L’outil permettra notamment d’annoncer et traiter des absences, des retards, et de détailler le quotidien dans un «journal de vie». Image: iStock

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Comment se porte-t-il? A-t-il bien mangé? Et dormi? Les parents de dix crèches alémaniques n’ont plus à attendre la fin de la journée pour trouver réponse à leurs interrogations.

Grâce à Nubana, une application pour smartphone, ils sont tenus au courant du déroulement de la journée de leur nourrisson. Heures de sommeil, activités, contenu de l’assiette, entre autres: ces informations sont consignées dans le «rapport quotidien», mis à jour trois fois par jour par les éducateurs grâce à une tablette, en général pendant la sieste. L’outil permet aussi de partager des photos et toute une série de communicatio

En vente depuis avril

Développée par une petite entreprise argovienne, l’application est en vente depuis avril. Les crèches utilisatrices se trouvent dans les cantons de Zurich, de Zoug et d’Argovie. Une version francophone n’existe pas encore, mais Raphaela Cusati, fondatrice de la société, projette d’en développer une pour s’étendre en Suisse romande. Elle a de la concurrence.

Active dans tout le pays, la société SAI ERP, dont le siège se trouve à Martigny (VS), planche sur un outil similaire. Sa plateforme pour crèches offre déjà aux structures d’accueil de jour une solution numérique «globale» pour la gestion des affaires. Elle va s’étoffer d’une application pour smartphone mettant en relation personnel encadrant et parents. L’outil permettra notamment d’annoncer et traiter des absences, des retards, et de détailler le quotidien dans un «journal de vie».

«Dès qu’un éducateur l’écrit sur sa tablette, les parents sauront que leur petit Hugo a boudé son petit-déjeuner mais qu’il a mangé une double ration de pâtes à midi», expose Didier Waldmeyer, directeur des ventes. Un réseau de crèches vaudois d’environ 300 places serait intéressé à se servir de l’outil.

Scepticisme des spécialistes

Ces nouvelles possibilités numériques suscitent des inquiétudes. «D’un point de vue de la psychologie du développement, j’ai le sentiment que de tels outils font le lit de la surprotection parentale. La parentalité, c’est apprendre à lâcher prise. Ces applications n’y aident pas», analyse Grégoire Zimmerman, professeur de psychologie développementale à l’Université de Lausanne.

Claudia Mühlebach, présidente de Pro Enfance, plateforme romande pour l’accueil de l’enfance, appuie: «Sans nier les avantages administratifs, qui sont bienvenus, ce genre d’application génère plus de stress chez les parents auxquels on donne une illusion de contrôle. C’est grâce aux échanges directs que l’on construit une relation de confiance, essentielle au travail éducatif.»

Ces appréhensions, Didier Waldmeyer en a conscience. «Mais elles viennent des structures d’accueil, pas des parents, qui attendent une évolution avec impatience, soutient-il. Aujourd’hui, on veut tout savoir en tout temps grâce à son téléphone. La petite enfance n’échappe pas à cette tendance.»

Selon lui, les réticences seraient surtout romandes. «Ici, le système est dominé par des structures publiques. Ce type d’outil intéresse plus les crèches privées, pour qui il représente un argument commercial permettant de se distinguer de la concurrence.»

Déshumanisation de l’accueil?

Raphaela Cusati refuse de laisser dire que son app conduit à une déshumanisation de l’accueil. L’objectif est de gagner en «efficience» en concentrant sur un seul canal les communications. Les informations partagées dans le «rapport quotidien» étaient par ailleurs déjà relayées par le passé. Les éducateurs n’ont plus besoin de les noter sur un bout de papier pour les transmettre en fin de journée.

«Nous avons désormais plus de temps, le soir, pour échanger avec les parents sur des observations particulières ou répondre à des questions car les informations administratives leur ont déjà été communiquées», poursuit Tanja Küpfer, directrice des crèches Erdmännli.

Ces dernières utilisent Nubana depuis plusieurs mois et ont participé à son développement lors d’une phase pilote. Selon elle, les retours sont positifs. Les parents se sentiraient «très déchargés». Sur les 150 familles qui lui confient leurs enfants, toutes ont choisi d’utiliser l’application.

Créé: 30.11.2019, 23h11

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