Les petits élèves ingérables étouffent les écoles romandes

Les élèves perturbateurs sont devenus le problème numéro un des enseignants. Notamment dans la tranche des 4-8 ans. Pris de court, les cantons déboursent des millions pour répondre au phénomène

A Genève, les comportements «violents, agressifs ou oppositionnels» sont plus nombreux chez les élèves de 4 ans que chez les 13-14 ans.

A Genève, les comportements «violents, agressifs ou oppositionnels» sont plus nombreux chez les élèves de 4 ans que chez les 13-14 ans. Image: Kathleen Kliskey-Geraghty/Getty

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Dans le canton de Vaud, on a trouvé un terme peu élégant, mais efficace pour les désigner: les PPP ou «petits péteurs de plombs». Des élèves pour la plupart très jeunes – entre 4 et 8 ans –, qui pourrissent l’ambiance d’une classe et martyrisent les enseignants par leur comportement agité, voire agressif. Ce phénomène est en train de devenir le sujet de préoccupation numéro 1 dans les écoles primaires de Suisse.

Un sondage encore non publié, réalisé par le chercheur Reto Luder et son équipe auprès de 449 enseignants zurichois, montre que les élèves difficiles sont identifiés à 61,3% comme la principale source de tensions pour le personnel scolaire.

Dans le canton de Vaud, la conseillère d’Etat Cesla Amarelle a visité des dizaines d’écoles depuis son arrivée à la tête du Département de la formation en juillet 2017. Elle avoue avoir été «secouée» par ses rencontres avec des profs à bout de nerfs. Le 8 mars, elle a lancé un cri d’alarme, prévenant que «le système risque d’imploser» si rien n’est fait contre «l’augmentation significative des troubles du comportement d’élèves de plus en plus jeunes».

Dans les crèches, 22% d'enfants à problèmes
A Neuchâtel, Fribourg ou Genève, le constat est identique. «On pensait que violence se passait au Cycle, chez les 12-15 ans, or on voit aujourd’hui que c’est nettement problématique chez les tout-petits», estime la conseillère d’Etat genevoise Anne Emery-Torracinta. Des chiffres inédits, fournis par son Département de l’instruction publique, montrent que les comportements «violents, agressifs ou oppositionnels» signalés par les établissements sont plus nombreux chez les élèves de 4 ans que chez les 13-14 ans.

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Et ces problèmes commencent avant même la première année d’école. En 2014, une étude réalisée à Vernier, en banlieue genevoise, soulignait que 22% des enfants de 2 à 4 ans fréquentant les crèches et jardins d’enfants de la ville présentaient des difficultés de comportement: agitation, déconcentration, inadaptation au groupe, besoin d’être canalisés en permanence…

Ils mordent, tapent, contestent l'autorité...
Ces attitudes ne sont pas toujours dépistées à temps, ce qui cause des tensions lors de l’entrée à l’école. A Berne, selon le chercheur en éducation Alexander Wettstein, le nombre de consultations psychologiques réalisées sur des enfants quadruple à ce moment-là : «Parce que certains arrivent sans que leurs troubles aient été traités, et que les enseignants se disent: ça ne va pas du tout.»

Le profil type de ces élèves perturbateurs est désormais bien cerné. «Ils font preuve d’agressivité, ont du mal à tenir en place, contestent l’autorité, mordent, tapent les enseignants, cherchent la confrontation, mettent par terre ce qu’il y a sur leur bureau», résume Frédéric Vuissoz du Service de protection de la jeunesse vaudois.

Véronique*, qui travaille dans un quartier prospère et arborisé de Genève, fait partie des profs poussés à bout par ces enfants insupportables. Son «péteur de plombs» à elle a 7 ans. Elle raconte: «Il commet des actes violents tout le temps, il tape ses camarades, leur crache dessus, les mord ou les insulte. Il réclame de l’attention non-stop. Il se met à hurler s’il ne trouve pas sa brochure. Les parents d’autres élèves me demandent: mais quand est-ce qu’on va l’enlever? Il empêche la classe de travailler, on a pris six mois de retard à cause de lui.»

Le nombre de séances explose
Pour les enseignants, la présence d’un enfant PPP devient ingérable lorsque s’y ajoutent d’autres profils qui réclament une attention particulière. Ce qui est de plus en plus le cas: «Dans une même classe, vous pouvez avoir un élève ayant de grosses difficultés de comportement, 12 élèves allophones dont certains ne parlent pas un seul mot de français et un enfant atteint d’autisme», résume Nathalie Jaunin, ancienne directrice de l’établissement primaire de Lausanne-Prélaz. Dans une telle configuration, un seul élève difficile peut suffire à rendre l’enseignant impuissant.

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Une fois identifiés, ces élèves à problèmes peuvent mobiliser d’énormes ressources autour de leur cas. «Une très petite partie des enfants prend beaucoup d’énergie et occupe beaucoup les adultes, indique Raphaël Gerber, du Service de l’enseignement spécialisé et d’appui à la formation dans le canton de Vaud. On assiste à une explosion des séances avec les parents, les doyens, les psys, les logopédistes, les infirmières scolaire. En tout, ça peut faire, dans des situations extrêmes, plus de 15 personnes autour de la table.»

Plusieurs cantons, dont Vaud et Fribourg, affirment que les cas d’élèves ingérables augmentent. Pourquoi? Plusieurs facteurs reviennent en boucle chez les intervenants confrontés au phénomène: des parents absents ou débordés, des familles éclatées ou perturbées, des parcours migratoires compliqués, des écrans à hautes doses.

David Nakach travaille comme éducateur dans un secteur prospère de la campagne genevoise, entre Hermance et Presinge. Selon lui, plus que le niveau socio-économique, c’est le cumul de causes qui joue: des parents surchargés ou en déplacement professionnel; l’absence de réseau familial à proximité (c’est souvent le cas des expats par exemple); et n’importe quelle rupture en général: ennuis de santé, séparation, divorce, mort d’un être cher, déménagement…

Retard dans les cantons
La montée en puissance du phénomène reste difficile à confirmer dans les chiffres. Au niveau suisse, il n’existe aucune statistique fiable sur le sujet. Seize cantons étaient pourtant censés développer un outil commun, la «Procédure d’évaluation standardisée» ou PES. Elle doit permettre de dénombrer les élèves qui doivent bénéficier d’un soutien accru ou être scolarisés dans des institutions séparées en raison de handicaps physiques, de maladies psychiques ou de problèmes de comportements.

Mais la mise en place de la PES a pris du retard et les chiffres harmonisés ne sont toujours pas disponibles. Les cantons qui l’appliquent déjà le font à leur manière, chacun selon des critères différents. A en croire le canton du Valais, «des discussions sont d’ailleurs en cours avec l’Office fédéral de la statistique pour éviter ce problème», mais elles n’ont pas encore abouti.

Malgré ces lacunes, les cantons romands multiplient les mesures pour faire face au phénomène. En novembre, Fribourg a ouvert une «classe relais» pour éloigner provisoirement ceux qui «empêchent les cours de se dérouler correctement», résume le conseiller d’Etat Jean-Pierre Siggen.

Les problèmes de comportement chez les plus petits sont apparus récemment et à une vitesse surprenante, selon le conseiller d'Etat fribourgeois Jean-Pierre Siggen.

Le Jura devrait à son tour ouvrir une classe relais à la rentrée prochaine. Neuchâtel a mis en place des «mesures de soutien immédiat et temporaire» en 2017, signale le chef du service de l’enseignement obligatoire Jean-Claude Marguet. Elles offrent un appui aux enseignants confrontés à des élèves difficilement gérables lors de leur entrée à l’école. Dans le canton de Vaud, la conseillère d’Etat Cesla Amarelle veut débloquer près de 12 millions de francs dans le cadre d’un vaste plan d’action baptisé Concept 360 (lire l’interview ci-contre). Et Genève doit créer 28 postes supplémentaires d’éducateurs, infirmiers et autres spécialistes destinés à l’école primaire pour la rentrée 2019, selon la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta.

Mais les cantons réagissent en ordre dispersé, et tardivement. Au Québec, les petits élèves perturbateurs font l’objet d’études officielles depuis 2001 au moins. En Suisse alémanique, le débat sur le phénomène fait rage depuis quatre ans déjà. Un exemple emblématique du retard romand est la loi vaudoise sur la pédagogie spécialisée. Votée en 2015, elle ne dit rien des problèmes de comportement et se focalise uniquement sur les élèves souffrant de handicaps ou de troubles médicaux (surdité, dyslexie, etc.). En 2017, face à la grogne montante du corps enseignant, il a fallu reprendre son règlement d’application pour intégrer la prise en charge des élèves difficiles. Résultat, la loi remaniée n’entrera en vigueur qu’à la rentrée prochaine.

Pour le conseiller d’Etat fribourgeois Jean-Pierre Siggen, il n’est pas surprenant que les cantons aient été pris de court, tant l’apparition du problème a été soudaine: «Chez les petits, le phénomène est relativement récent. La rapidité de son développement reste étonnante.»

Neuf mois d'attente
C’est peut-être à Genève que le phénomène crée le plus de tensions. Depuis cette année, les écoles doivent remplir un formulaire PES pour demander des mesures d’encadrement destinées aux élèves les plus difficiles. Après des années de travaux, le questionnaire est enfin prêt. Mais il fait 60 pages, et les professionnels le jugent compliqué et bureaucratique. «Nous sommes encore dans une période d’essai et il faudra sans doute simplifier ce document», concède la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta, responsable de l’Instruction publique.

Anne Emery-Torracinta, à la tête de l'instruction publique genevoise depuis 2013.

Le canton n’a que trois postes pour traiter les 410 formulaires PES envoyés par les écoles l’an dernier. Et il faut en principe attendre neuf mois entre l’envoi d’une demande et l’octroi éventuel d’une aide.

Quant à la création des équipes pluridisciplinaires (psychologues, éducateurs, logopédistes etc.), qui interviennent dans les écoles lors de problèmes graves de comportement, elle «ne va pas aussi vite que je l’imaginais, pour des raisons budgétaires», selon la conseillère d’Etat. Celle-ci promet la création de cinq nouvelles équipes pluridisciplinaires à la rentrée prochaine. Elle a aussi lancé une réflexion sur un «dispositif particulier» destiné aux élèves du primaire: «Il faut pouvoir répondre aux situations d’urgence surtout chez les tout-petits», explique-t-elle.

L'obstacle des parents
Enfin, Genève manque de places dans les Centres médico-pédagogiques ou CMP. Ces institutions accueillent à la fois des enfants handicapés et des élèves très difficiles ou perturbés. Un mélange loin d’être idéal. «Les CMP sont surchargés et que certains doivent de plus en plus faire face à des comportements ingérables», explique Francesca Marchesini de la Société pédagogique genevoise, le syndicat des enseignants du primaire.

Selon elle, «le problème des élèves présentant des problèmes de comportement est qu’on n'a pas de réponse adéquate pour l'instant, on ne sait pas comment répondre à leurs besoins. Ils n’ont pas forcément de difficulté cognitive, leur place n’est pas dans un CMP et on n’a pas de solutions satisfaisantes pour eux.» Mais les réflexions sur un nouveau dispositif de prise en charge viennent à peine de commencer.

Reste un dernier obstacle, et de taille: les parents. Ce sont eux qui ont le dernier mot et qui peuvent s’opposer aux mesures d’encadrement de leur enfant, ou à son placement hors de l’école.

A Fribourg, on a trouvé la parade à ce problème: le placement en classe relais pourra faire l’objet d’un recours des parents, mais celui-ci n’aura pas d’effet suspensif. «On a décidé que la scolarisation en classe relais serait une décision d’autorité, exécutoire», explique Marc Arrighi, directeur des mesures cantonales destinées aux élèves qui présentent des difficultés de comportement. «Comme ça au moins, même s’il y a recours, on peut commencer à travailler.»

Collaboration : Oliver Zihlmann, Titus Plattner

*Prénom fictif


«Certains parents donnent très peu de repères»

La conseillère d’Etat vaudoise Cesla Amarelle détaille ses mesures pour les élèves difficiles.

- Quand avez-vous pris conscience qu’il y avait de graves problèmes de comportements chez certains élèves vaudois?

- Lorsque je suis arrivée en juillet 2017, j’ai reçu des lettres de plusieurs établissements (Prilly, Entrebois, Isabelle de Montolieu…) qui me disaient tous : «Nous sommes confrontés à des difficultés qui ne sont pas celles du passé, à des problèmes de comportements récurrents qui mettent à mal l’activité d’enseignement.» J’ai ensuite effectué des dizaines de visites de terrain qui m’ont persuadée qu’il y a vraiment un problème. Même si elles concernent une minorité d’enfants, ces difficultés de comportement ont été pointées du doigt presque partout. Mais je ne suis pas certaine que le nombre d’élèves concernés augmente. C’est plutôt la gravité et l’intensité de ces troubles qui s’accroît.

- Vous dites que certaines visites dans des écoles vous ont « secouée ». Lesquelles?

- Ne serait-ce qu’il y a deux semaines, lors d’une séance, une enseignante a craqué devant moi en évoquant ses difficultés. Une partie des enseignants sont fatigués, ils ont l’impression qu’on leur demande de mettre en place un système éducatif performant, de produire des résultats, mais que des problèmes de comportement de plus en plus graves y font obstacle. A l’école primaire, il existe des enfants qui se mettent par terre, qui tapent dans tous les sens, qui en arrivant à l’école ne savent pas aller aux toilettes, qui ont des retards de langage… Les enseignants sont très pudiques dans leur façon de décrire ces problèmes, mais j’ai compris qu’ils sont très préoccupés par l’absence, voire l’abandon de certains parents qui délèguent quasi-entièrement leur mission éducative à l’école et qui donnent très peu de repères aux enfants. Cette réalité devrait inspirer, plus que par le passé, des réponses éducatives spécifiques, tant au sein de l’école qu’au sein des familles.

- Ces problèmes de comportement chez de très jeunes enfants, c’est nouveau pour vous?

- Oui. Car avant d’entrer en fonction, j’avais l’impression, la croyance peut-être un peu stéréotypée que les problèmes socio-éducatifs et psycho-sociaux étaient liés à l’adolescence. Je me suis rendu compte en allant sur le terrain que ce n’était pas le cas. Par exemple, à l’école de la Passerelle, à Yverdon, les enseignants m’ont dit qu’ils leur arrive désormais de devoir changer des enfants qui à 4 ans n’étaient pas encore propres. Ils ne voyaient pas ce problème il y a 4-5 ans. Du coup, ils ont mis en place des entretiens préventifs avec les parents quelques mois avant l’entrée à l’école. J’ai été surprise par l’existence de ces phénomènes, mais aussi rassurée par le fait que le système s’adapte, trouve les moyens de faire face.

- Justement, vous avez promis en mars un effort financier immédiat pour affronter ces problèmes de comportement. De quelles sommes parle-t-on?

- Pour la détection précoce des risques de retard scolaires dans les crèches et les garderies, on est déjà passé de 150'000 francs à 2,5 millions. En dix ans, le nombre de postes de soutien pour aider les enseignants dans la prise en charge de leurs classes a augmenté de 190 équivalents temps plein. Notre concept 360 prévoit 3-4 grandes mesures qui entreront progressivement en vigueur dès la rentrée 2019. Il y aura environ un million de francs supplémentaires prévus pour le soutien à la parentalité, une enveloppe pour des éducateurs sociaux dans les établissements, 4,4 millions pour les mesures MATAS [placement temporaire d’élèves difficiles dans des classes spéciales, ndlr] et environ 5 millions pour l’Accueil socio-éducatif de jour. L’idée est de créer dans toutes les régions, dès 2020, des centres de compétences socio-éducatifs, qui iront chercher les professionnels dont les écoles ont besoin.


Créé: 27.04.2019, 22h49

Un élève sur cinq est concerné

Plusieurs études suisses et internationales l’affirment : environ un élève sur cinq présente des problèmes de comportement qui nécessitent un suivi particulier. Le sondage du chercheur zurichois Reto Luder donne même le chiffre très précis de 22% d'élèves évalués comme problématiques par leurs enseignants. Il peut s’agir d’enfants très turbulents, agressifs ou au contraire exagérément renfermés.

Selon Stephan Eliez, directeur médical de l’Office médico-pédagogique genevois, les troubles du comportement dits externalisés – les plus difficiles à gérer dans une classe – «concernent 15% des enfants et c’est assez stable. Parmi eux, 6% d’enfants qui commettent des passages à l’acte très agressifs et qui tendent à persister à l’adolescence.»

Mais les élèves qui doivent être placés dans des classes séparées à cause de problèmes de comportement aigus restent une infime minorité: moins de 300 par année dans le canton de Vaud qui compte quelque 80'000 élèves, par exemple.

D’autres indicateurs suggèrent que le phénomène des élèves perturbateurs est en augmentation, comme le disent plusieurs cantons. A Neuchâtel, le nombre d’élèves bénéficiant d’un «soutien pédagogique spécialisé» au sein de leur classe, y compris pour des problèmes de comportement, a ainsi augmenté de 21,2% entre 2013 et 2016

A Genève, le nombre d’élèves inscrits dans l’éducation spécialisée a crû de 36,3% entre 2000 et 2017. Dans le canton de Vaud, cette proportion a augmenté de presque 20% entre 2006 et 2017. Mais ces chiffres doivent être maniés avec prudence, car l’éducation spécialisée s’adresse avant tout aux élèves qui souffrent de handicaps physiques lourds, de retard mental ou de troubles psychologiques comme l’autisme. Au niveau suisse, on ne dispose d’aucun chiffre concernant spécifiquement les problèmes de comportement.

Sy.B

Trois exemples d'élèves ingérables

1. A 5 ans, il tape sa prof

Dans une banlieue populaire de Genève, cet élève de 2e année primaire a plusieurs fois frappé sa maîtresse et insulté les éducateurs chargés de son cas. Il pique des crises, explose périodiquement et ne retient aucun apprentissage. Il sort de sa classe quand bon lui semble et a même menacé de «porter plainte» contre le personnel chargé de l’encadrer. Sa situation s’est améliorée après qu’une équipe de spécialistes a été mobilisée pour s’occuper de lui. Il bénéficie d’un aménagement sur mesure de ses horaires scolaires.


2. Maîtresse à bout de nerfs

Dans un quartier riche et arborisé de Genève, un élève de 7 ans met au supplice sa maîtresse par ses crises incessantes, sa violence et ses grossièretés. Le placement de l’élève en éducation spécialisée semble impossible, la direction et les parents s’y opposent. «Je suis monopolisée 24 heures sur 24 par cet élève, explique l’enseignante. On ne parle que de lui, on passe notre temps dans des réunions avec psy, médecin, la directrice, les parents… Mais rien ne se passe. C’est ubuesque.» Impossible pour la maîtresse de savoir de quoi est atteint son élève : les diagnostics établis par l’Office médico-pédagogique sont confidentiels, seuls les parents peuvent les divulguer.

3. Aucune autorité ne lui fait peur

Dans un village cossu de la campagne genevoise, cet enfant de 8 ans, meneur d’un petit groupe d’élèves, a harcelé l’un de ses camarades durant des mois avec insultes, menaces, et coups violents. Il s’est montré totalement indifférent lorsque des adultes lui ont ordonné d’arrêter ses agissements. Il a fallu l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire, avec éducateur spécialisé, infirmière scolaire, psychologue et médecin – et même de la police – pour que la situation se calme.

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