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Notre histoireLe XIXe reprend des couleurs

En douze promenades illustrées, le nouveau guide édité par Patrimoine suisse Genève propose de découvrir l’héritage bâti d’un siècle mal-aimé.

Le vent a tourné. L’architecture du XIXe siècle a gagné ses lettres de noblesse. Preuve en est le tout nouveau guide «Un siècle d’architectures à Genève (1814-1914)», publié par l’association Patrimoine suisse Genève. Le chiffre romain XIX s’étale en couverture, comme il y a onze ans le chiffre XX annonçait quatorze promenades à la rencontre du bâti moderne. En remontant un peu dans le temps, les spécialistes du patrimoine offrent à nouveau des balades, cette fois-ci au nombre de douze.

Au 17 rue de Saint-Jean (angle rue de Miléant), on se croirait revenu au Moyen Âge avec cet immeuble à mâchicoulis et haut toit de 1910, dû aux architectes Théo Cosson et Pierre Deléamont. Leur goût pour le médiévalisme en cours entre 1900 et 1914 s’est exprimé aussi à l’angle de la route de Chêne et du Clos-Belmont. Les mêmes ont dessiné les immeubles du 1 au 9 de la rue Cavour, à admirer au cours de la balade dans le secteur J du guide. Le plan d’extension de la ville en 1900 a lancé l’urbanisation du quartier de Saint-Jean et des Délices.
Mâchicoulis à Saint-Jean
Au 17 rue de Saint-Jean (angle rue de Miléant), on se croirait revenu au Moyen Âge avec cet immeuble à mâchicoulis et haut toit de 1910, dû aux architectes Théo Cosson et Pierre Deléamont. Leur goût pour le médiévalisme en cours entre 1900 et 1914 s’est exprimé aussi à l’angle de la route de Chêne et du Clos-Belmont. Les mêmes ont dessiné les immeubles du 1 au 9 de la rue Cavour, à admirer au cours de la balade dans le secteur J du guide. Le plan d’extension de la ville en 1900 a lancé l’urbanisation du quartier de Saint-Jean et des Délices.
ADRIEN BUCHET
L’appareil défensif constitué de bastions et de fossés occupait de vastes terrains libérés dès les années 1850 par la démolition de ce qui constituait les fortifications de Genève. Comme cela sera le cas sur le plateau des Tranchées, des immeubles et des hôtels particuliers sont bâtis aux abords de la promenade des Bastions. Les 8 et 10 rue Sénebier ont la particularité d’avoir été dessinés par le même architecte - Louis Philippon - dans des styles très différents. Le 10 imite l’architecture Louis XIII et le 8 adopte une allure rococo.
Des hôtels particuliers remplacent les fortifications
L’appareil défensif constitué de bastions et de fossés occupait de vastes terrains libérés dès les années 1850 par la démolition de ce qui constituait les fortifications de Genève. Comme cela sera le cas sur le plateau des Tranchées, des immeubles et des hôtels particuliers sont bâtis aux abords de la promenade des Bastions. Les 8 et 10 rue Sénebier ont la particularité d’avoir été dessinés par le même architecte - Louis Philippon - dans des styles très différents. Le 10 imite l’architecture Louis XIII et le 8 adopte une allure rococo.
ADRIEN BUCHET
«Il s’agit du plus ancien ensemble bâti subsistant à Plainpalais», nous apprend la notice consacrée aux immeubles de logements, d’artisanat et de commerces de la rue Jean-Violette et de la rue Prevost-Martin dans «Un siècle d’architecture à Genève 1814-1914». Un coin de quartier construit entre 1836 et 1844 qui a repris des couleurs en 2001. Le sauvetage et la rénovation de ce vestige du faubourg de Plainpalais paraissaient longtemps bien improbables, tant ces maisons modestes étaient devenues vétustes et même repoussantes. Plusieurs bâtiments des environs sont à voir lors de la même balade: maison communale de Plainpalais, immeubles le long de la rue de Carouge, Casino-Théâtre et ce qui se cache derrière lui. L’élégant Chalet de l’Espérance, de style néofolklorique, garde sa part de mystère dans ce coin retiré qu’on imagine plus riant au XIXe siècle.
Rues Jean-Violette et Prévost-Martin
«Il s’agit du plus ancien ensemble bâti subsistant à Plainpalais», nous apprend la notice consacrée aux immeubles de logements, d’artisanat et de commerces de la rue Jean-Violette et de la rue Prevost-Martin dans «Un siècle d’architecture à Genève 1814-1914». Un coin de quartier construit entre 1836 et 1844 qui a repris des couleurs en 2001. Le sauvetage et la rénovation de ce vestige du faubourg de Plainpalais paraissaient longtemps bien improbables, tant ces maisons modestes étaient devenues vétustes et même repoussantes. Plusieurs bâtiments des environs sont à voir lors de la même balade: maison communale de Plainpalais, immeubles le long de la rue de Carouge, Casino-Théâtre et ce qui se cache derrière lui. L’élégant Chalet de l’Espérance, de style néofolklorique, garde sa part de mystère dans ce coin retiré qu’on imagine plus riant au XIXe siècle.
ADRIEN BUCHET
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L’ancien conservateur cantonal Bernard Zumthor, actuellement expert auprès de l’Office fédéral de la culture, avait signé la préface du premier ouvrage et il récidive dans le second. «Lorsque je faisais mes études dans les années soixante, le XIXe était ignoré. L’architecture qui nous intéressait commençait après la Première Guerre mondiale. On taxait de pâtisseries décoratives les décors de la fin du siècle précédent et du début du XXe», se souvient l’historien. «En Suisse, l’empreinte de grosses pointures comme Le Corbusier et Braillard à Genève ont longtemps éclipsé les architectes qui les ont précédés. Pourtant le général Dufour est lui aussi un urbaniste de génie, quand on sait qu’il a mis en scène la Rade telle que nous la connaissons encore aujourd’hui.»

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