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L’éditorialLe vélo obtient droit de cité

C’est comme si les critiques, virulentes, avaient tanné leur cuir. Fustigées pour leurs aménagements cyclables provisoires, les autorités cantonales et municipales gardent le cap et décident de faire perdurer ces itinéraires. Étonnant? Choquant, sans doute, pour leurs adversaires. Ceux-ci peuvent penser que la crise du coronavirus a servi de prétexte pour imposer un programme établi de longue date. En effet, à l’heure de peinturlurer en urgence des parcours rendus nécessaires par le prévisible désamour des transports publics et de la promiscuité qu’ils supposent, les autorités n’ont pas sorti leurs plans du néant. Elles ont le plus souvent réalisé, même de façon sommaire, des plans échafaudés de longue date.

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Or, c’est pour cette raison précise qu’il n’est pas surprenant que ces parcours provisoires aient vocation à trouver une forme durable, laquelle sera sans doute âprement contestée. Ces dispositifs exaucent en effet une volonté populaire maintes fois exprimée mais restée sans réponse suffisante (l’initiative 144 de 2011, le compromis sur la mobilité de 2016 ou encore le plébiscite genevois de l’arrêté fédéral sur le vélo en 2018). Même la sacro-sainte liberté constitutionnelle du choix du mode de transport, brandie par les férus de voiture, pourrait aussi l’être par les cyclistes qui se sentent souvent évincés de grands axes trop périlleux pour eux. Les y voilà admis, par la grande porte.

Peu à peu, le vélo cesse donc d’être traité en passager clandestin de la ville. À ses usagers de se montrer dignes de cette promotion. Alors que leur nombre est voué à croître, il n’est en particulier plus question de voir certains d’entre eux incommoder les piétons sur les trottoirs. Quant aux conducteurs d’engins motorisés, ils doivent être plus nombreux à intégrer qu’une piste cyclable n’est pas un parking, même si ce n’est «que pour cinq minutes».