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SantéLe Valais veut réorganiser les soins psychiatriques d’ici 2030

Les autorités valaisannes ont adopté une nouvelle stratégie globale basée sur la prévention et le développement des prestations ambulatoires liées à la santé psychique afin de réduire le nombre d’hospitalisations.

À terme, chaque région du canton comptera une équipe psychiatrique multidisciplinaire qui assurera des prestations stationnaires, ambulatoires et d’urgences 24h/24h en psychiatrie adulte et psychogériatrie.
À terme, chaque région du canton comptera une équipe psychiatrique multidisciplinaire qui assurera des prestations stationnaires, ambulatoires et d’urgences 24h/24h en psychiatrie adulte et psychogériatrie.
KEYSTONE

Le canton du Valais va réorganiser la prise en charge psychiatrique d’ici 2030. Une stratégie qui passe par une meilleure répartition des prestations stationnaires, ambulatoires et d’urgences dans les diverses régions du canton afin de favoriser une offre de proximité.

«Aujourd’hui, l’offre en matière de soins psychiques ne répond plus aux besoins de la population. Car celle-ci ne désire plus rester longtemps en institution», explique la cheffe du département de la Santé Esther Waeber-Kalbermatten lors d’un point-presse à Sion. Le Valais s’est donc doté d’une stratégie globale basée sur la prévention, le développement des prestations ambulatoires et la réduction des hospitalisations.

Actuellement, pour le Valais romand, les lits prévus pour les malades nécessitant une hospitalisation sont concentrés à Malévoz. En termes de compétence, l’organisation hospitalière est éclatée sur le canton et parfois peu logique au vu des réorganisations successives des établissements hospitaliers. À noter, par exemple, les prestations en pédopsychiatrie à l'hôpital de Sierre qui n’a pourtant plus d’activité de pédiatrie.

Meilleure répartition

Le plan présenté mardi prévoit de mieux répartir les lits à disposition sur l’ensemble du canton, soit d’en créer à Martigny, Sion et Sierre. Cette redistribution implique la suppression de 47 lits stationnaires dans le canton, portant le total à l’horizon 2030 à 155 lits. Malévoz, dont les infrastructures sont considérées comme vétustes, passera notamment de 128 à 25 lits.

À terme, chaque région (Bas-Valais, Valais central, Haut-Valais) comptera une équipe psychiatrique multidisciplinaire qui assurera des prestations stationnaires, ambulatoires et d’urgences 24h/24h en psychiatrie adulte et psychogériatrie. La pédopsychiatrie sera elle répartie entre Sion et Brigue, «vu le faible nombre d’enfants et d’adolescents hospitalisés», explique le département de la santé.

Le site de Malévoz devrait accueillir en revanche une nouvelle institution sociale de 30 à 40 places pour la prise en charge résidentielle de personnes souffrant d’un handicap psychique. Un secteur dans lequel le département a identifié un manque de lits.

La réduction du nombre de lits s’accompagne du développement de l’offre ambulatoire. «Nous voulons baisser le nombre de patients qui restent en stationnaires en évitant les hospitalisations autant que possibles», souligne Victor Fournier, chef du service de la santé publique. Mais cela passe par le développement de l’offre ambulatoire, notamment d’équipes mobiles spécialisées dans la santé psychique et qui viendraient épauler les soignants, illustre-t-il.

Mise en oeuvre progressive

Cette nouvelle organisation, qui tient compte de l’évolution démographique, prévoit des dépenses annuelles de 6 millions de francs pour la création d’une trentaine de postes de travail. Il faudra aussi un montant annuel de 1,9 million de francs de charge d’investissement étalés sur une trentaine d’années et estimés à plus de 50 millions. La nouvelle institution prévue à Malévoz n’est pas comprise dans ces chiffres.

La stratégie du canton du Valais, dont la psychiatrie hospitalière constitue la première étape, a été élaborée avec le soutien d’un bureau de conseil bernois. Sa mise en oeuvre se fera de manière progressive en fonction de l’avancée des travaux sur les différents sites de l’Hôpital du Valais, d’ici 2025-2030.

Elle nécessitera une importante collaboration de l’Hôpital du Valais et de l’Hôpital Riviera-Chablais, ainsi qu’une coordination forte avec les autres acteurs de la santé psychique, en particulier le secteur ambulatoire (cabinets médicaux), les institutions de soins de longue durée (EMS et CMS) et les institutions sociales.

«Il reste encore beaucoup de travail», conclut Eshter Waeber-Kalbermatten.

(ATS/NXP)