Passer au contenu principal

Abus sexuel sur les enfantsLe Valais renforce son dispositif de prévention

Le Valais renforce son dispositif de prévention des violences et abus sexuel sur les enfants et les jeunes. Le programme, présenté jeudi à la presse, se déploie sur quatre axes.

En 2020, 308 enfants ont été victimes de violences en Valais, dont 65 de violences sexuelles dans le milieu familial, scolaire, associatif ou autre, selon l’Etat du Valais (photo d’illustration).
En 2020, 308 enfants ont été victimes de violences en Valais, dont 65 de violences sexuelles dans le milieu familial, scolaire, associatif ou autre, selon l’Etat du Valais (photo d’illustration).
Keystone/Christof Schuerpf

En 2020, 308 enfants ont été victimes de violences en Valais, dont 65 de violences sexuelles dans le milieu familial, scolaire, associatif ou autre. Ils étaient 278 en 2018 et 283 en 2019.

«Les cas augmentent année après année. Et la situation liée à la pandémie n’a évidemment pas aidé», a relevé Frédéric Favre, chef du département de la sécurité, des institutions et du sport (DSIS).

Face à ce «phénomène criminogène préoccupant», plusieurs services et offices de l’Etat, sous l’égide du DSIS, ont défini un programme d’actions de prévention et de sécurité. Le dispositif se déploie sur quatre axes.

Capsules vidéo

Le premier axe s’adresse au tout public. «Nous avons par exemple réalisé dix capsules vidéo qui seront diffusées jusqu’au 24 juin sur les réseaux sociaux et les sites internet et dont la première sera diffusée ce soir», a indiqué Christian Varone, commandant de la police cantonale.

Les capsules portent sur le cyberharcèlement, sur les abus et violences sexuelles, les violences domestiques, et sur les écoles et les parents face à ces thématiques.

Une campagne d’information et de sensibilisation baptisée «Just say it» (Dis-le) et basée sur le consentement sera également diffusée sur les réseaux sociaux.

Selon Isabelle Darbellay, cheffe de l’Office cantonal de l’égalité et de la famille, il ne s’agit pas de «moraliser» mais d’amener les jeunes à éviter d’éventuels «dérapages».

Du préscolaire au post-obligatoire

Le deuxième axe vise les institutions via des ateliers et des conférences destinés tant aux élèves qu’aux professionnels en contact avec les enfants et les ados et aux parents. Les enfants en âge préscolaire et les jeunes jusqu’au post-obligatoire (15 ans et plus) sont concernés.

«Il s’agit d’une prévention linéaire en continu», a précisé Vincent Ebenegger, responsable sport et santé à l’école au département de l’économie et de la formation.

Si les interventions de prévention ne sont pas nouvelles dans les établissements scolaires, elles se font au bon vouloir des communes. Le canton souhaite les encourager avec une participation financière allant jusqu’à 50%.

Dans le sport aussi

Le troisième pan concerne les loisirs, avec des conférences et des journées de formation au profit des moniteurs, présidences d’associations sportives. Le sport n’est pas épargné par les abus sexuels, en Valais non plus, a rappelé Frédéric Favre.

Le canton va intégrer la problématique dans les cours Jeunesse+Sport et la thématiser dans les fédérations sportives via notamment des séances d’information. Des cours seront aussi introduits pour les moniteurs de colonies notamment.

Enfin, ce nouveau dispositif vise «la pérennisation de la prestation de l’association ESPAS, active dans le soutien, la prévention et la prise en charge des enfants et adolescents ayant subi des abus sexuels».

Un million par année

En étoffant le dispositif de prévention, qui délie bien souvent la parole, le canton s’attend à une hausse des cas. Les statistiques devraient alors mieux refléter la réalité valaisanne avant d’amorcer une baisse espérée grâce à la prévention mise en place, a noté Frédéric Favre.

Pour l’ensemble des actions de prévention, le Conseil d’Etat a débloqué un million de francs par année. Cette somme est issue du paquet social accompagnant la mise en oeuvre de la réforme fiscale et du financement de l’AVS (RFFA).

Un calendrier défini

La police cantonale, le Service de l’enseignement, le Service cantonal de la jeunesse, l’Office cantonal de l’égalité et de la famille ainsi que l’Office cantonal du sport ont notamment participé à ce travail.

Toutes ces actions se feront selon un calendrier défini. Certaines ont d’ores et déjà débuté et s’échelonneront sur l’ensemble de l’année, voire de l’année scolaire pour celles touchant l’enseignement.

ATS

1 commentaire
    Jean-Louis E.

    Et si on fichait en cabane à vie tous ces détraqués qui s’en prennent à nos gosses. En général les pointeurs, surtout d’enfants, ont droit à un bon traitement en prison. On les punit par là où ils ont peche.