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Covid-19Le vaccin au cœur de la campagne américaine

Le candidat démocrate Joe Biden va à son tour prononcer un discours sur la pandémie.

Joe Biden: «Trump a confirmé ce soir, encore, qu’après avoir laissé empirer pendant huit mois la pire crise sanitaire depuis 100 ans, non seulement il n’a pas de plan, mais il ne comprend rien.»
Joe Biden: «Trump a confirmé ce soir, encore, qu’après avoir laissé empirer pendant huit mois la pire crise sanitaire depuis 100 ans, non seulement il n’a pas de plan, mais il ne comprend rien.»
AFP

Joe Biden s’empare ce mercredi, dans son fief de Wilmington, du thème du vaccin contre le Covid-19, devenu central dans la campagne de Donald Trump, engagé au pas de charge dans une course pour rattraper son retard avant l’élection du 3 novembre.

Le candidat démocrate prononcera un discours mercredi après-midi sur la pandémie, qu’il utilise comme le symbole le plus tragique de ce qu’il considère être l’inaptitude du président américain à gouverner.

L’équipe de l’ancien vice-président de Barack Obama a sauté sur une réponse de Donald Trump mardi soir lors d’une émission de télévision, dans laquelle il a de nouveau cherché à rassurer les Américains en affirmant que le coronavirus finirait par disparaître avec le temps - alors que près d’un millier d’Américains meurent encore chaque jour du virus, et que le bilan officiel va atteindre 200’000 morts dans les prochains jours, un bilan lui-même sous-estimé.

Course aux vaccins

«Tout va bien se passer, c’est en train de disparaître. Et cela disparaîtra encore plus vite avec les vaccins», a dit Donald Trump sur la chaîne ABC.

Il a ensuite évoqué la construction d’une immunité collective, c’est-à-dire la contamination naturelle d’une proportion suffisamment élevée de la population pour stopper la circulation du virus, un niveau qui est atteint en contrepartie d’un nombre de décès proportionnel. Mais il s’est apparemment trompé de mot puisqu’il a dit «mentalité de groupe» ( «herd mentality» au lieu de «herd immunity»).

«Trump a confirmé ce soir, encore, qu’après avoir laissé empirer pendant huit mois la pire crise sanitaire depuis 100 ans, non seulement il n’a pas de plan, mais il ne comprend rien», a dit la porte-parole de Joe Biden, Kate Bedingfield.

Toujours est-il que la course aux vaccins avance vite aux Etats-Unis, avec deux candidats (Pfizer et Moderna) sur le point d’avoir recruté 30’000 participants dans leurs essais cliniques contre placebo.

Essais concluants

«Nous sommes à quelques semaines d’en avoir un», a répété Donald Trump mardi, sans préciser s’il parlait de la disponibilité de résultats ou d’une autorisation officielle. «Cela pourrait être trois, quatre semaines».

Même si les essais cliniques étaient concluants avant l’élection du 3 novembre, ce qui est jugé improbable par des responsables et des experts, la distribution de doses sera initialement «très limitée» et réservée à certaines populations prioritaires, peut-être à partir de novembre ou décembre, a dit mercredi le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Robert Redfield, au Congrès.

«Si vous me demandez quand le reste des Américains pourra bénéficier du vaccin pour revenir à une vie normale, je ne pense pas avant le deuxième ou troisième trimestre de 2021», a-t-il prédit.

Transparence?

Les préparatifs logistiques sont d’ores et déjà lancés. Un responsable de l’opération Warp Speed, qui coordonne toute la stratégie vaccinale du gouvernement, a annoncé mercredi que le but était de distribuer les premières doses de vaccins dans les 24 heures suivant une éventuelle autorisation en urgence par l’Agence des médicaments (FDA).

C’est l’intégrité de ce processus d’autorisation qui est aujourd’hui mise en doute, malgré les promesses de la FDA et des laboratoires de respecter les normes habituelles et de n’autoriser un vaccin que si les essais démontrent qu’il réduit d’au moins 50% l’incidence du Covid-19.

«Je veux une transparence totale sur les vaccins», a déclaré Joe Biden le 6 septembre, en accusant Donald Trump de saper la confiance du grand public.

Peter Lurie, ancien haut responsable de la FDA, explique à l’AFP qu’il n’est pas rare que des essais de phase 3 de médicaments ou de vaccins échouent, malgré des résultats positifs dans les phases précédentes sur quelques centaines de participants - ce fut le cas d’un vaccin expérimental contre l’herpès.

La Maison-Blanche pourrait-elle intervenir pour homologuer un vaccin dès le mois d’octobre, malgré l’opposition des experts de la FDA?

«Si le Département de la santé voulait passer outre, il en a le pouvoir», souligne Peter Lurie.

Cela n’a été fait qu’à de rarissimes occasions dans l’histoire de l’agence, notamment en 2011, quand l’administration de Barack Obama a décidé de ne pas suivre un avis de la FDA favorable à ce que la pilule du lendemain soit accessible sans ordonnance.

AFP/NXP