Le travail de l'ombre de Pierre Maudet à Berne
Le conseiller d'Etat est à Berne cette semaine pour rencontrer du monde. Mais qui?

En vacances depuis le 31 juillet, le conseiller d'Etat Pierre Maudet reprendra vendredi son travail à Genève. Depuis le week-end passé, il campe à Berne en compagnie de Sébastien Leprat (lire ci-dessous), une des chevilles ouvrières de sa campagne.
A la différence de ses rivaux bien implantés au Palais fédéral, le jeune élu PLR n'est pas connu des 46 élus PLR au National et aux Etats aussi bien que la Vaudoise Isabelle Moret et le Tessinois Ignazio Cassis. Il doit malgré tout les convaincre de le porter sur le ticket des candidats PLR aux Chambres, qu'il comporte deux ou trois noms. Mais forcer la porte du sérail bernois n'est pas facile pour un magistrat cantonal. La preuve: la dernière fois qu'un conseiller d'Etat masculin a été élu sans être passé par les Chambres, c'était en 1969. Mais il venait de Zurich, un poids lourd fédéral…
Mystérieuses rencontres
Qui Pierre Maudet rencontre-t-il? Discret, le patron de la Sécurité genevoise refuse de le dire. Les séances de commissions des Chambres ayant commencé lundi, il en a profité é coup sûr pour croiser les membres PLR. Mais étonnamment, sur la dizaine d'élus réunis lundi et mardi, aucun ne dit l'avoir croisé, même si certains éludent la question, comme Andrea Caroni, conseiller aux Etats d'Appenzell, le conseiller national zurichois Beat Walti, ou la présidente du PLR, Petra Gössi. Le Tessinois Giovanni Merlini l'a bien vu… mais à Locarno. Il précise en passant que le PLR serait «sage de proposer une femme romande (Moret) et un homme tessinois (Cassis)» au plénum. Par ailleurs, six élus n'ont pas vu Pierre Maudet car… ils n'étaient pas à Berne lundi ou mardi.
Alors? «Alors, il a évidemment vu une foule d'élus à Berne… à Zurich et ailleurs encore, car il n'a pas arrêté», assure son porte-parole de campagne, Rolin Wavre. Mais les intéressés ne souhaitent pas l'avouer. Etonnante timidité? Pas forcément. Les élus fédéraux gardent jalousement leur indépendance. L'élection au Conseil fédéral, c'est leur chasse gardée. Et tant qu'ils n'ont rien dit, toutes les options restent ouvertes...
Les PLR genevois en réserve
Quelle est la méthode de Pierre Maudet pour séduire à Berne? «Rencontrer du monde pour parler du fond, pas des étiquettes des candidats», explique Rolin Wavre. Parmi les cibles bernoises figurent aussi des journalistes. Et à voir les articles sur lui sortant dans la presse alémanique ces derniers jours, l'investissement semble porter.
A quinze jours du vote des élus PLR aux Chambres, Pierre Maudet n'a pas mobilisé ses relais naturels au sein du groupe PLR, les élus genevois. Questionné, Christian Lüscher, vice-président du parti national, affirme pour sa part ne pouvoir faire campagne pour personne vu sa fonction. Il considère s'être déjà avancé passablement en appelant Pierre Maudet à se présenter à la fin de juillet. Benoît Genecand milite pour un ticket PLR à trois mais dit n'avoir pas été contacté pour en faire plus. Quant à Hugues Hiltpold, proche du magistrat genevois, il est en vacances. Et affirme ne pas faire partie d'une quelconque campagne interne pro-Maudet.
L'élection au Conseil fédéral a beau se jouer à Berne, le PLR national a décidé de profiter de l'occasion pour faire sa publicité dans le pays. Le 21, les trois candidats PLR rencontreront les membres à Zoug. Le 23, ils seront à Bâle et le 25 à Fribourg. Au programme: brefs discours et relations publiques.
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La garde rapprochée du magistrat en campagne
Le chef de campagne

Pour appuyer sa campagne, le conseiller d'Etat Pierre Maudet peut compter sur 20 000 francs et quatre personnes à temps partiel. La moitié de la somme vient de la poche du candidat, l'autre du parti genevois: «Cet argent sert aux déplacements, aux repas et à la traduction en allemand de son texte de présentation, Croire en la Suisse», explique son chef de campagne, Rolin Wavre. Agé de 54 ans, ce dernier est un ancien secrétaire général du Parti radical. Vice-président du PLR genevois, il le représente dans les structures fédérales. Ancien délégué du CICR, il a ensuite fondé son entreprise et exerce des mandats pour des start-up. Pierre Maudet ne le rétribue pas: «Je m'occupe de la communication pour la campagne sur mon temps libre», explique-t-il.
Le spécialiste de Berne

Sébastien Leprat, 46 ans, est aussi à la manœuvre. Il accompagne ces jours Pierre Maudet à Berne. Au sein de l'équipe, c'est lui qui a certainement le meilleur réseau national. Ancien secrétaire politique du Parti radical suisse, collaborateur d'Eveline Widmer-Schlumpf, ex-secrétaire général du Département vaudois de la sécurité et de l'environnement à Lausanne, il travaille pour Genève Aéroport. En congé, il s'est engagé pour son candidat «avec l'assentiment de son employeur», précise Bertrand Stämpfli, porte-parole de Genève Aéroport. A noter que le Département de l'économie et de la sécurité de Pierre Maudet est en charge de cette infrastructure. Si la campagne se poursuit en septembre, Sébastien Leprat annonce qu'il prendra un congé sans solde.
Le communiquant

Cédric Alber semble servir un peu à la communication et un peu de sparring-partner à Pierre Maudet. Agé de 38 ans, ex-chef de cabinet au Département de la sécurité et de l'économie (DSE), il travaille à la tête de la communication de l'entreprise Kudelski, dont le patron, membre du conseil d'administration de Genève Aéroport, a aussi pris publiquement fait et cause pour Pierre Maudet le 7 août dans nos colonnes. Ancien journaliste, Cédric Alber a travaillé dans une agence de communication après avoir quitté le DSE. Membre du PLR, il est conseiller communal à Lutry. «Durant la campagne, je travaille pour Pierre Maudet exclusivement sur mon temps libre», explique l'intéressé. Il en a néanmoins averti son employeur. Avec Sébastien Leprat, Cédric Alber était du déplacement de Pierre Maudet à Locarno.
La plume du patron

Simon Brandt suit Pierre Maudet comme son ombre depuis vingt ans. Elu municipal PLR en Ville de Genève, recruté par Pierre Maudet à la fin des années 90, il a été de toutes ses campagnes, de son entrée au Conseil administratif à celle au Conseil d'Etat en 2012.
Adjoint scientifique au Département de la sécurité et de l'économie, il est chargé notamment d'écrire les discours de son patron et de réfléchir à sa stratégie politique. Autant d'attributions qu'il poursuit dans la campagne actuelle. Simon Brandt est en vacances jusqu'au 21 août. Travaillant à temps partiel (70%), cet homme âgé de 32 ans estime qu'il aura ensuite suffisamment de temps libre pour suivre la campagne de son candidat. Au pire, un congé supplémentaire serait au programme.
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