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CommentaireLe traçage des contacts sera la clé

Patrick Monay, chef de la rubrique suisse.
Patrick Monay, chef de la rubrique suisse.

Relever l’identité de leurs clients? Beaucoup de tenanciers d’établissements publics n’aiment pas ça. Ils vont pourtant devoir s’y habituer. Dès le 6 juin, en effet, toutes les tablées réunissant plus de quatre personnes devront désigner un volontaire qui laissera ses coordonnées au patron. Si un convive est testé positif au coronavirus, cela permettra aux autorités sanitaires de remonter la trace des personnes qui auront pu être en contact avec lui. Et de mettre des gens en quarantaine si nécessaire.

Cela vous paraît fastidieux? Voire intrusif? C’est pourtant la clé de la réussite du plan de déconfinement «express» présenté ce mercredi par le Conseil fédéral. Alain Berset l’a répété à plusieurs reprises, comme pour éviter de se laisser contaminer par l’euphorie ambiante: le maître-mot des semaines à venir sera le traçage des contacts. Même si le nombre de nouveaux cas enregistrés chaque jour est spectaculairement bas, la lutte contre l’épidémie n’est pas encore gagnée.

Il faudra donc s’habituer aux listes de présence obligatoires pour tout événement public ou privé comptant jusqu’à 300 participants. Parions que les Suisses sauront s’y plier, tout comme ils se sont accommodés des règles d’hygiène recommandées et de la fameuse distance salutaire de 2 mètres. L’essentiel, après tout, c’est que ces manifestations pourront à nouveau avoir lieu dès le début de juin. La «nouvelle normalité» qu’on nous sert sur un plateau vaut bien un petit effort.

La «nouvelle normalité» qu’on nous sert sur un plateau vaut bien un petit effort»

Le Conseil fédéral, qui a longtemps porté seul le fardeau de la crise, transmet ainsi une bonne partie des responsabilités aux exploitants de lieux publics, de clubs et autres organisateurs d’événements, ainsi qu’aux Cantons. À eux de mettre en œuvre les plans de protection nécessaires et d’appliquer les directives venues de Berne. À la question de savoir comment faire dans la pratique, le ministre Berset n’a pu que faire appel au «bon sens» de ses concitoyens et de la police.

«Tout le monde a intérêt à ce que cela fonctionne», a positivé la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, tout heureuse de goûter à cette vie qui reprend. C’est un espoir. Pas encore une certitude.