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Bande dessinée historiqueLe Suisse qui a voulu tuer Hitler au cœur d’une histoire d’espionnage

«La Part de l’ombre» revient sur cette tentative d’assassinat au cœur du Berlin de 1956. Maurice Bavaud aurait-il été manipulé?

Maurice Bavaud assiste au «Tag des Bewegung» à Munich en 1938.
Maurice Bavaud assiste au «Tag des Bewegung» à Munich en 1938.
Ed. Glénat

On a beaucoup étudié l’histoire de Maurice Bavaud, ce Suisse qui a tenté de tuer Hitler avant de finir exécuté par le régime nazi en 1941. Comment ce Neuchâtelois catholique, entré dans un séminaire ultracatholique en Bretagne pour devenir missionnaire, a-t-il pu en arriver là? Niklaus Meienberg en avait fait un livre, puis un film. L’ancien journaliste Patrice Perna en fait la trame d’une BD en deux tomes, combinant l’histoire réelle et le thriller d’espionnage dans le Berlin des années 1950, en pleine guerre froide. Il avait déjà mêlé des thèmes historiques à des fictions dans plusieurs autres titres.

Ici, donc, on suit le journaliste Guntram, ancien policier de Berlin Est, venu assister au procès en réhabilitation de Bavaud en décembre 1955, qui verra le Suisse encore condamné à cinq ans de prison par des juges pointilleux. Guntram a enquêté en 1941, parallèlement à la Gestapo, pour découvrir d’éventuels complices. Il s’est pris d’une réelle passion pour cette histoire, qu’il fait partager au jeune stagiaire qui l’accompagne. Mais il travaille aussi, semble-t-il, pour les services secrets occidentaux.

Grâce à lui, on remonte l’histoire, depuis l’amitié de Bavaud pour son condisciple de séminaire Gerbohay, qui le pousse à porter une lettre à Hitler, et qui sera lui-même exécuté en 1942. Et ces invitations reçues pour assister à la marche sur Munich ou pour approcher le Führer dans son Nid d’aigle de Berchtesgaden. Le Suisse serait-il uniquement un soldat de Dieu? Ou était-il noyauté par une organisation secrète ou même des proches d’Hitler? Et pourquoi le gouvernement suisse a-t-il refusé cet échange de prisonniers qui aurait sauvé le Neuchâtelois? Le scénario de Perna est fort bien construit pour amener au suspense qui fera attendre le deuxième tome, le tout servi par le dessin efficace de l’Espagnol Francisco Ruizge.