Le suicide d'un cadre au travail émeut les HUG
Un responsable des ressources humaines a mis fin à ses jours sur son lieu de travail. La direction veut «entendre le message».

Un cadre des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) s'est donné la mort sur son lieu de travail, le 22 mai. C'est la première fois qu'un tel drame touchant un employé se produit au sein de l'établissement à la connaissance du directeur général, Bertrand Levrat, qui dit sa «profonde tristesse» face à «un événement bouleversant». Agé de 51 ans, marié et père de trois jeunes enfants, ce cadre occupait «un poste important», indique encore Bertrand Levrat. Responsable des ressources humaines du Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences, «il était en relation avec un millier de personnes. Sa disparition affecte donc beaucoup de monde.» Le directeur rend hommage à un collaborateur «très apprécié, très investi, proche des valeurs des HUG et fier d'appartenir à cette entreprise». D'autres soulignent son humour et son caractère plutôt introverti.
Le fait que ce monsieur se soit suicidé au travail, laissant une lettre sur les lieux, marque les esprits. «Il s'agit d'entendre le message et la souffrance que recèle cet acte. Il ne faut pas esquiver une responsabilité éventuelle, même s'il existe toujours plusieurs facteurs qui mènent au suicide», réagit Bertrand Levrat.
Selon lui, l'institution «se doit d'essayer de comprendre ce qui s'est passé, voir si des facteurs doivent être corrigés et ce que l'on peut améliorer». Existait-il un climat de travail difficile? «Ce n'est pas une question de climat, mais il exerçait un métier extrêmement exigeant et avait de la pression sur les épaules.»
Evoquant les nombreux suicides au travail qui ont défrayé la chronique chez nos voisins, notamment au sein de France Télécom, Bertrand Levrat tient à préciser: «Ces employés étaient soumis à un stress intense après avoir été réaffectés à des fonctions qui ne leur convenaient pas du tout. Nous n'étions absolument pas dans ce cas de figure ici.» Il ajoute que les collaborateurs et les proches de ce monsieur «n'ont pas eu l'occasion de percevoir et n'ont pas vu» son mal-être.
Des psychologues ont été mis à la disposition des collaborateurs des HUG, pour mener des débriefings en groupe ou des entretiens individuels. Comment agir, à plus long terme, pour éviter de tels drames? «Nous avons une médecine du travail très développée et une hiérarchie qui doit être à l'écoute», indique Bertrand Levrat. Il existe en outre un service de médiation et un centre de protection de la personnalité, ouvert aux collaborateurs en difficulté. «Ces relais n'ont pas fonctionné, admet le directeur. Une personne qui se sent en détresse doit savoir où trouver de l'aide. Nous voulons renforcer les valeurs humaines au sein de l'Hôpital.» Comment ces services fonctionnent-ils? Il n'a pas été possible d'en apprendre davantage.
Conseiller d'Etat responsable de la Santé, Mauro Poggia réagit ainsi: «Nous sommes tous assez troublés. Le fait que ce suicide se produise sur le lieu de travail ne peut nous laisser indifférents. Cela peut faire penser qu'il s'agissait peut-être d'un ultime message. Un travail doit être fait pour savoir si des signes avant-coureurs étaient perceptibles et, si oui, pourquoi on n'a pas réagi. Ce n'est certainement pas un simple fait divers. Même si le suicide survient souvent lors d'une accumulation de problèmes privés et professionnels.»
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