Succession BurkhalterLe PLR choisit un ticket à trois
Les trois candidats ont été auditionnés vendredi devant leur parti, en vue de la place laissée vacante par le Neuchâtelois.
Tous les candidats PLR à la succession de Didier Burkhalter restent en lice. Le groupe parlementaire libéral-radical a opté vendredi de justesse pour un ticket à trois en vue de l'élection du 20 septembre.
Le conseiller national tessinois et président de groupe Ignazio Cassis (56 ans), la conseillère nationale vaudoise Isabelle Moret (46 ans) et le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet (39 ans) devront désormais convaincre les parlementaires des autres partis.
Passés sur le gril
Avant d'être sûrs de figurer sur le ticket, ils ont dû se plier aux questions des élus PLR durant l'après-midi. Démentant être stressée, Isabelle Moret est toutefois apparue tendue même après que le choix est tombé. Elle a remercié le groupe de sa confiance et s'est dite pleinement satisfaite du choix.
Son étoile semble avoir pâli depuis le début de la campagne, certains lui reprochant de ne pas être à la hauteur. Au contraire, Pierre Maudet, qui a mené un intensif travail pour se faire connaître sous la Coupole fédérale, a affiché quant à lui un grand sourire. «Tout est possible» désormais, selon lui. Et de saluer le courage du groupe d'offrir le choix au Parlement.
Après les auditions, il a estimé que le courant avait passé. Il a affronté quelques questions difficiles, mais «ça stimule». Ignazio Cassis, donné favori dès le départ, n'a pas voulu commenter l'effet d'un ticket à trois sur ses chances d'être élu. «Je ne sais pas car je ne connais pas l'opinion de tous les parlementaires».
De justesse
La décision de présenter un ticket à trois n'est tombée que par 22 voix contre 19 et 1 abstention. Les élus ont voté à bulletins secrets, pour permettre à chacun de s'exprimer sans pression.
La discussion a été très intensive, a commenté le vice-président du groupe Beat Walti (PLR/ZH) devant la presse. Isabelle Moret et Ignazio Cassis n'ont pas participé au vote. Parmi les partisans d'un ticket à deux figuraient des parlementaires qui souhaitaient que le groupe opère déjà un choix.
La présidente du parti Petra Gössi, qui avait évoqué par le passé une telle configuration, s'est désormais dite très fière de présenter trois candidats. Le PLR offre un choix au Parlement, avec un très grand spectre de profils différents (régions, âge, sexe, expérience politique), a-t-elle déclaré.
La question de la double nationalité de certains candidats n'a pas été évoquée. Ignazio Cassis, qui est apparu serein tout l'après-midi, a justifié devant la presse sa décision de renoncer à son passeport italien comme un choix personnel et qu'il n'avait de compte à rendre ni à l'UDC ni à Cédric Wermuth (PS/AG), qui l'a accusé de s'être agenouillé devant la droite.
La campagne continue
Jusqu'au 20 septembre, les candidats devront encore faire campagne pour mettre en avant leurs atouts et faire face aux critiques. Ignazio Cassis porte les couleurs du Tessin, qui réclame un conseiller fédéral depuis 18 ans.
Le médecin, spécialisé dans les questions sociales, peut se prévaloir de dix ans d'expérience sous la Coupole, dont plusieurs à diriger son groupe et la commission de santé publique et de la sécurité sociale. La gauche lui reproche toutefois ses positions sur la réforme de la prévoyance vieillesse et sa proximité avec les assureurs maladie.
Carte femme?
Isabelle Moret peut, elle aussi, miser sur l'expérience acquise au Parlement depuis 2006 et revendiquer d'autres combats que ceux liés aux affaires sociales. Un de ses atouts majeurs, même si l'intéressée le minimise, est d'être une femme, alors que le Conseil fédéral n'en compte plus que deux et peut-être plus pour très longtemps.
Et le PLR n'a eu qu'une ministre, Elisabeth Kopp de 1984 à 1989. Isabelle Moret devra toutefois faire accepter à la majorité alémanique que trois ministres sur sept doivent continuer d'être Romands. Et son canton est déjà représenté au gouvernement en la personne de l'UDC Guy Parmelin.
Lui aussi romand mais pas vaudois, le ministre genevois de l'économie et de la sécurité Pierre Maudet est le seul candidat à pouvoir se prévaloir d'une expérience au sein d'un exécutif, à défaut d'avoir siégé sous la Coupole. Il s'est fait un nom en luttant contre la criminalité et avec son action pour la légalisation des sans-papier. Son profil de jeune loup pourrait séduire mais aussi créer des craintes.
Auditions
Des auditions seront organisées auprès des différents groupes. Elles se tiendront le 12 septembre, voire le 19 si besoin. Les stratégies à court terme des différentes formations politiques pourraient brouiller le jeu.
D'autres noms que ceux des prétendants officiels, comme celui de la Tessinoise Laura Sadis, pourraient apparaître sur les bulletins le 20 septembre. Des candidatures sauvages semblent avoir peu de chances. Mais elles peuvent drainer des voix, qui manqueront cruellement à tel ou tel aspirant conseiller fédéral.
ats
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