Le peloton du Tour sue entre primes dérisoires et salaires inégaux

CyclismeIl y a des millionnaires sur la Grande Boucle, où une victoire d’étape pèse 11 000 euros. Mais la plupart des coureurs s’enrichissent peu.

Qu’ils soient en blanc (Pierre Latour), en jaune (Geraint Thomas), à pois (Julian Alaphilippe) ou en vert (Peter Sagan), les lauréats du Tour 2018 ont empoché des sommes relativement modestes par rapport à d’autres sports.

Qu’ils soient en blanc (Pierre Latour), en jaune (Geraint Thomas), à pois (Julian Alaphilippe) ou en vert (Peter Sagan), les lauréats du Tour 2018 ont empoché des sommes relativement modestes par rapport à d’autres sports. Image: Reuters

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On cause de plus en plus, au sein du peloton professionnel, de ces fameux gains marginaux – on entend par là tous les moyens plus ou moins secrets de gagner du temps. Et le temps, c’est de l’argent, ce qui nous amène à une espèce de gains plus terre à terre: les primes touchées par les coureurs du Tour de France.

Les montants paraissent maigrelets, si l’on songe à la dureté de l’effort produit et aux risques que prend un cycliste. Ils deviennent dérisoires lorsqu’on les compare à ce que gagnent footballeurs ou tennismen. Il vaut par exemple quatre fois mieux perdre au premier tour de Roland-Garros (46 000 euros cette année), que gagner une étape du Tour (11 000 euros).

Une victoire au classement général rapporte certes un demi-million, mais la grille tarifaire est vite dégressive: 200 000 pour le dauphin, 100 000 pour le troisième, 50 000 pour le cinquième et 3800 pour le dixième. À partir du 20e rang, la somme allouée à tous les coureurs qui rallient les Champs-Élysées «s’élève» à 1000 euros. «Quand tu choisis de devenir cycliste, tu sais très bien qu’il te faudra travailler très vite après la fin de ta carrière», nous confiait récemment Steve Morabito, en pleine reconversion.

Sur le Tour, il y a moyen de mettre du beurre dans les épinards par la grâce des quatre maillots distinctifs – 500 euros quotidiens pour le maillot jaune, 300 pour le vert du meilleur sprinter, la tunique à pois du meilleur grimpeur et la blanche du meilleur jeune. Mais l’affaire concerne si peu de monde que la tradition veut que chacun dans l’équipe en profite.

Un pot commun

«Il n’y a pas de secret concernant les primes, nous avons un pot commun que se partagent les coureurs et tous les membres de l’équipe excepté les directeurs sportifs, le manager et le médecin», explique Marc Madiot. Le patron de la formation Groupama-FDJ confirme ainsi le petit sondage réalisé mercredi. Concrètement, les quelque vingt membres de l’équipe Bora-Hansgrohe ont pu se partager 11 300 euros grâce à la victoire du maillot vert Peter Sagan à Colmar. «Si le vainqueur d’étape a déjà un bon salaire et qu’il a la classe, il ne prend pas sa part et laisse la totalité de la cagnotte aux autres, explique le Tessinois Maura Gianetti, CEO du Team Emirates. S’il ne le fait pas, l’ambiance sera moins bonne et il risque d’avoir à terme des équipiers un peu moins dévoués.» Les salaires, parlons-en, même si personne n’aime trop les évoquer dans le milieu. Les fuites font état de revenus à hauteur de 5 ou 6 millions d’euros annuels pour les grandes stars comme Peter Sagan ou Chris Froome. Geraint Thomas, coleader chez Ineos, et Vincenzo Nibali, vedette de Bahreïn-Merida, émargent autour de 4 millions, alors que Nairo Quintana ou Alejandro Valverde sont censés se contenter de la moitié. Thibaut Pinot, Romain Bardet ou Nacer Bouhanni, les noms les plus porteurs en France avec l’actuel maillot jaune Julian Alaphilippe, naviguent autour du million et demi. C’est bien, sauf si l’on s’amuse à comparer avec les salaires des footballeurs. Rien ne sert de souffrir, il faut courir à point. Un porteur d’eau, s’il a un peu de bouteille, se situera dans la fourchette 60 000-80 000 euros, le double s’il a un petit truc en plus, le triple ou le quadruple s’il est capable d’aller chercher une victoire significative.

Les smicards augmentés

Restent les anonymes du peloton, les smicards dont on se dit qu’ils doivent vouer un immense amour à leur sport pour endurer autant en échange de si peu. Début 2018, David Lappartient, président de l’UCI, a fait en sorte d’augmenter – de 36 000 à 38 000 euros – le salaire annuel minimal au sein des équipes du Pro Tour. Un petit coup de pouce qui correspond aux 2000 euros glanés mercredi par le Letton Tom Skujins, élu combatif du jour.

Créé: 10.07.2019, 22h35

Peter Sagan «de retour», Thibaut Pinot à l’assaut?

Peter Sagan n’aime pas les fioritures. «Je suis de retour», a lancé le fantasque Slovaque, mercredi après sa victoire au sprint sur la 5e étape du Tour, entre Saint-Dié-des-Vosges et Colmar (175,5 km). Débarrassé de plusieurs concurrents grâce aux deux petits cols qui précédaient l’arrivée, le sextuple vainqueur du maillot vert, qui avait tourné autour du pot à Bruxelles (2e), Épernay (5e) et Nancy (4e), a cette fois-ci mis dans le mille

Il célèbre ainsi sa douzième victoire sur la Grande Boucle, sa série ayant débuté en 2012. Après une première partie de saison pourrie par «une maladie qui (l’)a beaucoup fait souffrir, notamment au niveau gastrique», la rock star de la formation Bora-Hansgrohe semble à nouveau prête à tout bouffer. Ou, tout du moins, à ramener la tunique de meilleur grimpeur pour la septième fois sur les Champs-Élysées.

À propos de maillot, Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) a admis – sans se plaindre – que le jaune commençait à lui pomper un peu d’énergie sur le plan extrasportif. Le perdra-t-il jeudi à la Planche-des-Belles-Filles, première arrivée au sommet du Tour? Thibaut Pinot, un gars qui connaît la région comme sa poche, rêve de combler les 52 secondes qui le séparent de son compatriote. Reste à savoir si Egan Bernal et Geraint Thomas, les cracks d’Ineos, le laisseront faire.

«Thibaut sera extrêmement motivé chez lui, où il connaît vraiment bien les lieux à force de s’y entraîner, témoigne Sébastien Reichenbach, son coéquipier chez Groupama-FDJ. Il marche très fort et je suis sûr qu’il a coché cette 6e étape.» Autre son de cloche du côté de Marc Madiot, manager général: «C’est vous, les journalistes, qui avez coché ce jour. On ne peut pas se polariser sur une seule étape alors qu’il y en a vingt autres.» On saura mieux où se situer, entre bluff et fantasmes, jeudi sur le coup de 17 h 30.

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