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Encre bleueLe mystère du papier-toilette

Odile Meylan

Pourquoi cette soudaine ruée sur lui? À quoi les gens pensaient-ils en achetant des montagnes de papier-toilette au début du confinement? Mystère!

Avec le recul, et même sans, on peut se demander si tout cela était bien raisonnable. Ce papier, si prisé hier, n’est plus du tout une denrée rare. Il encombre même aujourd’hui les armoires des citoyens trop prévoyants. Car tous les rouleaux vendus ce printemps n’ont pas été consommés. Ils n’ont pas non plus provoqué de bouchons à l’autre bout des chasses d’eau du canton…

Les SIG confirment: au niveau des réseaux d’assainissement, des stations de pompage et des ouvrages d’entrée des STEP, il n’y a pas eu d’encrassement ou de taux de panne plus importants depuis la période de confinement dus à une surconsommation de papier-toilette.

Les gens n’en ont donc pas utilisé plus que d’habitude. Ils l’ont juste fait depuis leur maison, non depuis leur boulot. Pas de quoi en faire de telles réserves. Reste qu’après cette crise, comment continuer à écouler ce produit? Jean a repéré ce truc.

Le fabricant Hakle a trouvé le moyen d’en faire consommer un peu plus en proposant un paquet qui a tout pareil qu’avant, prix, nombre de rouleaux, longueur de papier par rouleau. Mais les coupons sont allongés! «Donc on en utilise plus et on surcharge davantage les stations d’épuration», se préoccupe Jean.

D’après les SIG, cet allongement ne va pas influencer grandement la consommation globale. Mais une question demeure: à quoi bon décorer ce papier-là de fleurs jaunes et vertes avec des substances qu’il faudra ensuite dégrader? C’est tout un monde, le papier-toilette!