Passer au contenu principal

ValaisLe moustique-tigre toujours présent à Monthey

L’insecte, indésirable car vecteur de maladies, a été découvert l’an dernier et a été à nouveau débusqué cette année. Mais le canton estime qu’il n’est pas encore installé durablement en Valais.

Un moustique indigène, gauche, et un moustique-tigre à droite.
Un moustique indigène, gauche, et un moustique-tigre à droite.
KEYSTONE

Le moustique-tigre est toujours présent à Monthey (VS) dans la zone où il a été découvert en 2019. Si cette année, il a aussi été débusqué dans un quartier limitrophe, à quelque 200 mètres, l’indésiré n’a en revanche pas été observé ailleurs dans le canton.

Des spécialistes avaient installé des dispositifs de piégeages à Veyras dans le district de Sierre, où ils suspectaient la présence de l’insecte. A Brigue, important axe routier, les pièges ont été disposés sur des aires de repos, détaille mardi Frank Bally, médecin-chef, pour les maladies transmissibles à l’Institut Central des Hôpitaux à Sion.

Les moustiques-tigres se déplacent très peu par eux-mêmes mais s’invitent sur les camions et les voitures. Les passagers clandestins s’installent ensuite là où le véhicule s’arrête et partent à la recherche d’une zone favorable à leur implantation, explique l’expert.

«Agent biologique»

Au vu des résultats obtenus, «les observations sporadiques de moustiques-tigres en Valais ne permettent pas à ce jour de considérer une installation durable de l’espèce dans le canton», résume le canton dans un communiqué diffusé ce mardi. Celui-ci invite la population à participer aux mesures de lutte et à signaler tout cas suspect, via une photo de très bonne qualité ou l’envoi d’un spécimen.

Dans le cas d’un signalement, une équipe de spécialistes se rend sur place et met en place des pièges afin de confirmer la présence de l’indésiré, explique Frank Bally. Si l’insecte a bien élu domicile à cet endroit, alors un avis à la population suivi d’une action d’éradication sont lancés. «L’intervention se fait avec un agent biologique qui empêche le moustique de se multiplier. C’est une intervention bénigne pour l’environnement».

L’idée de cette surveillance rapprochée est de restreindre au maximum ces populations de moustiques, comme le fait le Tessin depuis le début des années 2000. De cette manière, celles-ci ne représentent qu’une menace très faible pour la population, souligne le médecin-chef.

«Conditions très particulières»

Le moustique-tigre est une espèce de moustique envahissante indésirable qui pique de jour et souvent à plusieurs reprises. Dans son aire d’origine, cette espèce est vectrice de maladies comme la dengue, le zika et le chikungunya. A ce jour, sur le territoire suisse, aucun cas de transmission de maladie n’a été signalé, rappelle le canton.

Lorsqu’un moustique pique, il injecte d’abord un peu de salive avant d’aspirer le sang, ce qui provoque le bouton et les démangeaisons. Dans le cas du moustique-tigre, c’est à ce moment qu’il peut transmettre la maladie à son hôte. Mais «la capacité de la transmettre dépend du cycle du virus dans le moustique», insiste Frank Bally. Concrètement, si le virus peut se développer dans l’insecte, alors ce dernier est contagieux.

«Il faut que des conditions très particulières soient remplies. Jusqu’à présent aucun indice n’existe par exemple sur le fait que des virus comme le coronavirus ou celui de la grippe puissent être transmis par le moustique», précise celui qui est aussi médecin cantonal remplaçant sur les questions de maladies infectieuses.

Dénoncer l’insecte

Signalé pour la première fois en Suisse au Tessin en 2003, le moustique-tigre a depuis été vu dans plusieurs cantons pour être finalement identifié en Valais en 2019. Actuellement, il a aussi été observé à Bâle, Zurich, Schaffhouse, Genève, Fribourg, dans le canton de Vaud et des Grisons.

La rapidité de diffusion de ce moustique s’explique notamment par le fait qu’il colonise les zones urbaines, où il ne rencontre quasiment aucun prédateur. Le public est ainsi appelé à rendre difficile l’installation de l’insecte par le biais de trois messages : supprimer ses gîtes, c’est-à-dire veiller à vider les petites collections d’eau, savoir reconnaître l’animal et le dénoncer sur le site www.moustiques-suisse.ch avec une photo de bonne qualité.

ATS/NXP