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La rédactionLe monde agricole a fort à faire pour rassurer les citoyens

Le débat autour des deux initiatives populaires sur les pesticides s’annonce houleux d’ici au verdict des urnes le 13 juin.

«S’il vous plaît, n’utilisez pas les images de nos hélicoptères dans vos articles sur les pesticides!» C’est en substance ce que demande Air-Glaciers dans un récent message aux médias. La compagnie valaisanne a peur de se voir associée à l’épandage massif de Roundup, de néonicotinoïdes et d’autres infâmes produits chimiques sur les cultures. Elle précise que seuls les fongicides sont admis dans les traitements phytosanitaires effectués par la voie des airs en Suisse. Herbicides et insecticides sont strictement prohibés.

Ce coup de gueule illustre à merveille la nervosité qui s’empare des milieux agricoles à trois mois d’un double scrutin à haut risque. Le monde paysan craint comme la peste les deux initiatives populaires «antipesticides» soumises au peuple le 13 juin. Notre rédaction peut en témoigner: toute maladresse ou imprécision dans l’illustration d’un sujet consacré à ce thème nous vaut à coup sûr la réaction de quelque cultivateur furieux. «Des pesticides dans mes champs? Peut-être, mais pas autant que ça, pas de cette manière, ou alors on a arrêté il y a longtemps…»

«Les agriculteurs voient que les Suisses, en particulier dans les villes, votent et élisent de plus en plus vert.»

L’inquiétude ambiante est légitime. Ces deux textes visent un bouleversement total des métiers de la terre. Le premier veut interdire l’utilisation de tout pesticide de synthèse dans la production agricole, l’entretien du territoire ou encore l’importation des denrées alimentaires. Avec le second, ne toucheraient de paiements directs que les exploitations ne recourant pas à des pesticides, pratiquant l’élevage sans utiliser d’antibiotiques et dont le cheptel peut être nourri avec des aliments issus de l’exploitation. Autrement dit: fini d’acheter du fourrage, de donner des médicaments aux bêtes et d’arroser les légumes de substances qui finissent dans nos assiettes ou dans notre eau potable.

Si les agriculteurs sont à cran, c’est qu’ils sentent que ces propositions radicales ont de réelles chances de convaincre une majorité de citoyens. Ils savent que le scandale du chlorothalonil dans les rivières a marqué les esprits. Ils voient que les Suisses, en particulier dans les villes, votent et élisent de plus en plus vert. Qu’ils ont horreur du saccage de la nature – et pas seulement dans les forêts d’Asie du Sud-Est.

Cartes sur table

Le monde paysan a amorcé la contre-offensive cette semaine en prédisant l’apocalypse en cas de double «oui» le 13 juin. Une nourriture plus chère, du gaspillage à grande échelle, des milliers de suppressions d’emplois… Mais cela ne suffira pas. Il va devoir jouer la transparence, expliquer ce que sont les pesticides, pourquoi leur utilisation est indispensable – y compris dans certaines cultures bios! – et montrer les gros efforts entrepris pour limiter l’impact sur l’environnement. Pour rassurer et convaincre un public toujours plus déconnecté des réalités des campagnes, les agriculteurs et leurs partenaires de l’industrie alimentaire n’auront d’autre choix que de jouer cartes sur table.

62 commentaires
    CHARLES PITTET

    Si nous regardons les Seins des Dames, jeunes ou âgées. Il y a une grande différence sur notre monde actuel, une diminution sur cause à effet secondaire sur une Suisse en dégringolade. Les Seins des jeunes femmes Italiennes " Bonne MAMA " ont des seins qui ne sont pas petit aussi dans la mentalité de l'Amérique latine, les femmes ont de gros seins. La Suisse est en regression d'un mal dû à la nourriture, à produit chimique. La raison du mal-être social, à ce voir différente des autres. Dans une mentalité d'un Suisse, nous n'avons peu de préférence sinon du côté Alemanique, tessinoise il semblerait que l'identité femme soit davantage beaucoup plus mûr que celle de la Romandie. Peu confortable à un niveau psychologique. Pas vraie Mesdames.