Aliments équitables: de l'idée à la réalité

BILANSi le peuple adopte fin septembre l’initiative pour les aliments équitables, celle-ci se répercutera-t-elle immédiatement dans nos assiettes? Tentative de réponse.

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LE CONTENU de nos assiettes sera-t-il radicalement différent si les citoyens helvétiques approuvent le 23 septembre prochain l’initiative des Verts «Pour des aliments équitables»? La question se pose puisque cette dernière vise à renforcer «l’offre de denrées alimentaires sûres, de bonne qualité et produites dans le respect de l’environnement, des ressources et des animaux, ainsi que dans des conditions de travail équitables». Ces exigences s’appliquent à la fois à la production indigène et importée.

«Notre objectif est de mettre à disposition de la Confédération plusieurs instruments pour mieux réguler l’offre», relève Adèle Thorens Goumaz, conseillère nationale des Verts.Le registre est large: indication des modes de production et de transformation sur les étiquettes, conditions douanières plus favorables, signature de conventions avec les importateurs et le commerce de détail, soutien à la production régionale et saisonnière.

Le défi le plus grand? Importer des produits transformés dont les ingrédients ont été produits dans des conditions acceptables.

Les enjeux pour le consommateur:
En vertu de l’accord de libre-échange conclu en 1972 avec l’Union européenne et de l’accord bilatéral sur l’agriculture de 1999, la Suisse ne peut pas interdire l’importation d’aliments produits dans des conditions jugées inappropriées.

Produits extra-européens:
Comme la Suisse a signé trente accords de libre - échange (par exemple avec la Turquie, le Maroc ou le Chili), dont le contenu vise aussi à faciliter le commerce de produits agricoles (cacao, café, fruits exotiques, etc.), elle ne peut pas modifier unilatéralement sa législation. En revanche, les négociations en cours avec la Malaisie, le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) ou l’Indonésie devront à l’avenir tenir compte des exigences de l’initiative si elle est acceptée. Par exemple pour l’huile de palme et pour les conditions de détention du bétail.

Viande aux hormones:
La législation helvétique interdit l’emploi d’hormones de croissance dans la production animale. Mais elle autorise l’importation de viande d’animaux traités aux hormones pour autant qu’un certain nombre de prescriptions soient remplies (déclaration explicite sur les emballages et traçabilité). Si la Suisse prohibait toute importation, elle s’exposerait à des sanctions car elle violerait à la fois les normes du Codex alimentarius et les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Selon le Conseil fédéral, la signature d’un accord avec le Mercosur ne présente aucun risque. Il affirme que ses membres interdisent comme notre pays l’usage d’hormones de croissance dans la production de viande.

OGM:
Le moratoire sur l’interdiction de l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés dans l’agriculture helvétique est valable jusqu’en 2021. Mais l’importation d’aliments à base d’OGM est autorisée. Dans ce cas, leur présence doit être indiquée sur l’étiquette du produit mis en vente.

Produits transformés:
Un certain nombre de denrées alimentaires comprennent des ingrédients dont les conditions de production sont souvent décriées. Par exemple, le chocolat contient de l’huile de palme en provenance de Malaisie ou d’Indonésie et les pâtes et les pizzas surgelées des œufs de batterie importés. C’est pour les produits transformés que le défi à relever s’annonce le plus compliqué.

En raison des engagements internationaux de la Suisse, la mise en œuvre d’une telle initiative passe donc d’abord par l’obligation de déclarer et par des accords avec les grands distributeurs.

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(Bilan)

Créé: 13.09.2018, 10h00

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