Le paddle en fauteuil roulant est devenu réalité

Grâce à la ténacité d'une éducatrice spécialisée, les personnes à mobilité réduite pourront bientôt voguer en toute sécurité sur le Léman.

La Genevoise Marianne Vuillemin en pleine démonstration, à quelques encablures de la plage du Reposoir. Équipé
de ses deux flotteurs, le paddle offre une très grande stabilité pour les personnes en fauteuil roulant.

La Genevoise Marianne Vuillemin en pleine démonstration, à quelques encablures de la plage du Reposoir. Équipé de ses deux flotteurs, le paddle offre une très grande stabilité pour les personnes en fauteuil roulant. Image: Laurent Guiraud

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Le paddle, ou stand-up paddle, fait fureur sur de nombreux plans d’eau. Il est aujourd’hui à la portée de tous. Ou presque. Car jusqu’à présent, les personnes en fauteuil roulant ne pouvaient que caresser ce rêve. Des essais ont bien eu lieu, notamment sur le Léman l’automne dernier à Clarens (VD) dans le cadre de la 10e édition de «Ride for the cause», mais le handi-paddle en est encore à ses balbutiements. Plus pour longtemps. Sur la rive droite de Genève, à Chambésy, la plage du Reposoir vient de s’équiper d’un ponton flottant unique en Suisse et de planches spéciales, qui vont permettre aux paraplégiques d’accéder en toute liberté et en toute sécurité à ce sport de glisse.

Le projet a fait surface en 2013 dans la tête de Marianne Vuillemin. «J’ai visionné un petit film tourné par un surfeur hawaïen, Kawika Watt, qui venait d’adapter une planche de paddle pour les paraplégiques. Pour moi, ça a été le déclic», raconte cette éducatrice spécialisée de 42 ans.

Amoureuse du lac depuis son plus jeune âge, cette passionnée de sports nautiques – elle a été monitrice de voile en Bretagne puis à Genève – n’a dès lors eu plus qu’une seule idée en tête: adapter le ponton de son club, le SUPGenève, pour le rendre accessible à des planches spécialement conçues pour les personnes à mobilité réduite. «La pratique du paddle offre d’extraordinaires sensations de liberté et d’indépendance, poursuit-elle. Pour les personnes en situation de handicap, que je côtoie régulièrement, ce sport est un vecteur d’intégration, de confiance, d’équilibre et de dépassement de soi. Je voulais aussi que ce projet s’inscrive dans le cadre d’un club sportif fréquenté par des valides, de manière à favoriser le partage et les échanges avec les handicapés.»

En outre, comme l’indique Shad Eischen, un paraplégique qui témoigne dans le film de Kawika Watt, le maniement de la pagaie développe la musculature thoracique et ouvre les épaules, alors que celles-ci ont tendance à s’affaisser à force de faire avancer le fauteuil roulant.

«Impossible de chavirer»

Du rêve à la réalité, le chemin a été parsemé d’embûches. Mais Marianne Vuillemin ne s’est pas découragée. En 2016, elle s’est jetée à l’eau: «J’ai pris contact avec Kawika Watt et je suis allée le voir à Hawaï l’année suivante. Je suis restée là-bas un mois, notamment pour pouvoir importer à Genève des planches spéciales.» Celles-ci sont équipées de deux flotteurs, genre pirogue hawaïenne, qui offrent une très grande stabilité. «Grâce à cela, il est impossible de chavirer», assure la Genevoise. Il a aussi fallu trouver des fonds, près de 70 000 francs. Plusieurs communes (la première fut Pregny-Chambésy) et fondations, ainsi que la Loterie Romande, participent, «mais il manque encore quelques milliers de francs pour finaliser le projet».

Aujourd’hui, SUPGenève et son «bébé» HandiSUP possèdent deux planches munies de flotteurs et le ponton est terminé. Seule manque une petite structure – des rails amovibles pour amener le fauteuil roulant au centre de la planche – pour que le projet prenne vie. «Normalement, tout sera prêt pour la fin de l’été», se réjouit Marianne Vuillemin.

Créé: 03.08.2019, 23h00

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