Genève renonce aux voyages en avion pour ses fonctionnaires

L’administration du bout du lac ne voyagera plus par les airs. Le Canton suit une tendance qui séduit de plus en plus collectivités publiques et universités.

Le Conseil d’État compte aller au-delà des volontés de la gauche, qui souhaitait que les employés de l’État ne se déplacent plus par voie aérienne en dessous de 1200 km. (Photo d'illustration)

Le Conseil d’État compte aller au-delà des volontés de la gauche, qui souhaitait que les employés de l’État ne se déplacent plus par voie aérienne en dessous de 1200 km. (Photo d'illustration) Image: Keystone

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L’administration genevoise va désormais se passer de l’avion pour ses voyages à l’étranger. La gauche souhaitait, dans une motion, que les employés de l’État ne se déplacent plus par voie aérienne en dessous de 1200 km. Le Conseil d’État a répondu au texte qu’il comptait en faire davantage. «Face à l’urgence climatique, le Conseil d’État procédera à une modification du règlement sur les débours pour restreindre strictement l’usage de l’avion au sein de l’Administration cantonale», annonce ainsi le Gouvernement.

Celui-ci précise que les fonctionnaires ne prendront pas la voie des airs lorsque l’événement a été organisé par l’État et donc que le lieu a été déterminé par l’administration genevoise. «Le choix d’une destination accessible sans l’utilisation de l’avion constitue la règle», poursuit le Conseil d’État.

Quelques exceptions

Ce nouveau règlement reste toutefois souple sur les voyages dits «obligatoires». «Une possibilité sera maintenue pour les déplacements vers une destination qui ne relève pas d’un choix de l’administration, tels les séminaires et formations qui ne sont pas organisés par l’État», indique l’Exécutif. Ces trajets impératifs resteront soumis aux mêmes règles qu’aujourd’hui. Celles-ci prévoient que les déplacements en avion ne sont autorisés, à titre exceptionnel, que si la distance et le gain de temps le justifient.

Le Département des finances et des ressources humaines ne peut donner d’estimation du nombre moyen de voyages qui devraient être évités chaque année. «L’usage de l’avion est déjà marginal au sein de l’administration centrale», assure Tatiana Oddo Clerc, secrétaire générale adjointe. Début 2019, l’Exécutif avait détaillé ces trajets en réponse à une question urgente des Verts. Ainsi, en 2017, 356 employés des départements avaient voyagé par les airs. Bruxelles, Amsterdam, Berlin ou encore Bordeaux figuraient parmi les destinations professionnelles favorites des fonctionnaires.

Les Verts partagés

Chez les Verts, on se montre partagé par la décision du Conseil d’État. Le député Yvan Rochat se dit satisfait de prime abord. «Cela me paraît être une bonne chose et une décision cohérente avec la déclaration d’urgence climatique de ce mercredi», réagit celui qui est aussi maire de Vernier. Il craint toutefois que la mesure ne s’applique pas à l’Exécutif, le règlement sur les débours ne le concernant pas. Son collègue au parlement Mathias Buschbeck critique, lui, la souplesse adoptée pour les voyages obligatoires. «Si l’administration juge qu’il est plus rapide d’aller par les airs à Milan, par exemple, les employés prendront l’avion», regrette le député.

Avec cette mesure, le Canton suit la tendance de réduction de l’usage de l’avion par les collectivités et institutions. L’université, plus grosse voyageuse du grand État, a annoncé vouloir privilégier à partir de l’an prochain le rail pour les trajets de moins de quatre heures. Elle souhaite diminuer de moitié les émissions de CO2 dues à ses déplacements en avion. Et, cette année, les voyages scolaires du Département de l’instruction publique ne peuvent plus s’effectuer par voie aérienne, en particulier s’il s’agit d’aller à moins de 1200 km.

Précédents à Neuchâtel et Berne

Dans les autres cantons, lorsqu’une règle est prévue, celle-ci va dans le sens d’une restriction sévère voire d’une interdiction. La Ville de Berne a opté pour une prohibition similaire à celle de Genève. Le Canton de Neuchâtel a pour sa part voté cette année un plancher de 1200 km pour l’administration, sauf cas exceptionnels et justifiés. À Bâle, c’est un seuil de 1000 km qui a été décidé par l’université.

Ailleurs, c’est l’absence de règlement spécifique qui règne, les voyages en avion étant peu courants, comme dans le Jura ou à Fribourg. Vaud n’a pas d’interdiction ou de codes mais pourrait s’y mettre. «Il est certain que nous devrons à l’avenir prendre en compte cette question climatique de plus en plus aiguë, admet le vice-chancelier Laurent Koutaïssoff. Néanmoins, il ne faudrait pas non plus en arriver à renoncer à un voyage d’importance sur le seul critère du moyen de transport.»

Créé: 09.12.2019, 08h33

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