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LibanLe Hezbollah contre une modification du mandat de la Finul

Alors que Washington souhaite renforcer les pouvoirs de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, le Hezbollah proteste.

Image d’archive de Hassan Nasrallah, patron du Hezbollah.
Image d’archive de Hassan Nasrallah, patron du Hezbollah.
KEYSTONE

Le chef du mouvement chiite libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a rejeté mardi une demande américaine visant à renforcer les pouvoirs de la force de maintien de la paix déployée à la frontière entre le Liban et Israël.

Hassan Nasrallah s’est exprimé alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter cet été sur le renouvellement du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).

«Les Américains, suite à une demande israélienne, proposent de changer la nature de la mission de la Finul», a dit Hassan Nasrallah dans une interview marquant les 20 ans écoulés depuis le retrait israélien du Liban. «Le Liban a refusé de modifier la mission de la Finul, mais Israël veut (…) qu’elle ait le droit de fouiller des propriétés privées et les États-Unis font pression sur le Liban» sur ce dossier, a poursuivi Nasrallah.

«Israël ne peut pas imposer ses conditions au Liban»

En août 2019, le Conseil de sécurité de l’ONU avait voté la prolongation d’un an du mandat de la Finul. À la demande des États-Unis, selon des diplomates, la résolution incluait une clause demandant au secrétaire général de l’ONU d’évaluer la mission de la Finul et de ses membres avant le 1er juin 2020.

«Nous ne sommes pas contre un maintien de la Finul» au Liban, a assuré Hassan Nasrallah, affirmant toutefois qu'«Israël ne peut pas imposer ses conditions au Liban, même dissimulé sous un masque américain».

Début mai, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Kelly Craft, a affirmé sur Twitter que la Finul était «empêchée de remplir son mandat» et que le Hezbollah «a été en mesure de s’armer et d’élargir ses opérations mettant en danger la population libanaise».

Incident

Un incident est survenu lundi tard dans la soirée dans le village de Blida (sud) entre des casques bleus finlandais et des villageois libanais, après qu’un véhicule de la Finul eut heurté deux voitures et une moto, a rapporté l’Agence nationale de l’information (ANI). Des jeunes en colère ont bloqué la route et les militaires finnois ont dû faire appel à l’armée libanaise pour quitter les lieux, selon la même source.

Mardi, plusieurs villages des environs, ont accusé dans un communiqué la patrouille de la FINUL d’avoir «pénétré et d’avoir fouillé dans des vignobles et des propriétés privées».

Présente au Liban depuis 1978, la Finul compte quelque 10’500 Casques bleus. Elle surveille depuis 2006 la frontière libano-israélienne en coordination avec l’armée libanaise et veille à l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée après la guerre ayant opposé Israël au mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.

AFP/NXP