Passer au contenu principal

Journal intimeLe Genevois Élie Bernheim se met à table pour son premier roman

Le CEO de Raymond Weil, féru de musique et de gastronomie, se lance dans l’écriture et publie «Table pour trois à New York» chez Slatkine.

Le primoromancier genevois Élie Bernheim.
Le primoromancier genevois Élie Bernheim.
Lucien FORTUNATI

On l’imagine bien occupé. Pourtant Élie Bernheim, 40 ans cette année, CEO de la marque horlogère Raymond Weil fondée en 1976 par son grand-père, a trouvé le temps d’écrire un premier roman. Publié aux Éditions Slatkine, «Table pour trois à New York» adopte la forme du journal intime. Quatre personnages se racontent sur une durée de six mois.

Il y a Gabriel Stern, «étoile montante de la gastronomie parisienne», chef inventif et talentueux à la tête d’un restaurant qui marche très fort, et sa femme Norah, trompettiste virtuose, mère de leurs deux enfants; il y a Charles, oncle et père symbolique de Gabriel depuis que celui-ci a perdu ses parents dans un accident à l’âge de 12 ans; il y a Alicia Brickman, jeune femme très séduisante, loyale quoiqu’il arrive à Gabriel, dont elle est l’adjointe aux fourneaux. Les confidences des protagonistes se dévident en alternance et cette variation de points de vue rend la lecture du roman fluide et agréable.

Ingrédient mystère

Gabriel et Norah vivent à Paris. Ils sont très amoureux, leurs enfants Leah et Joshua les comblent, leurs carrières respectives sont pétaradantes. Alors pourquoi prend-il à Gabriel la fantaisie de proposer à son épouse une nouvelle vie à New York, où vivent Charles et sa femme Rachel? «Même s’il n’a de cesse de me répéter qu’il faut vivre comme si on allait mourir demain, il m’a prise de court», s’exclame Norah. Mais le projet va de l’avant, la famille emménage dans un joli duplex entre Park Avenue et Lexington, non loin du restaurant «Chez Gab» qui prend tournure au fil des pages.

Un mystérieux ingrédient s’invite alors dans cette recette du bonheur bien trop lisse; un convive surprise prend place autour de cette table pour trois à New York: le secret. Élie Bernheim brouille les pistes, un peu. Certains protagonistes sont mis dans la confidence, d’autres pas. Ce qui induit entre eux tensions et quiproquos. «Aujourd’hui, c’est Yom Kippour… Pardonne-moi Gabriel, pardonne-moi d’avoir perdu foi en ton amour et en nous», confesse Norah. En écho Gabriel relève: «J’entame depuis quelques semaines un nouveau voyage à l’issue incertaine mais où l’inattendu m’a toujours davantage séduit que le prévisible.» Voilà l’énigme bientôt résolue.

«Table pour trois à New York» d’Élie Bernheim, Éditions Slatkine, 290 p.