Votations du 24 novembreLe financement des soins laisse les citoyens perplexes
Selon notre premier sondage, 38% des citoyens sont favorables à la réforme et autant y sont opposés. Surtout, 24% des citoyens n’ont pas arrêté leur opinion.

- L’égalité règne entre partisans et opposants au financement des soins.
- Les sondages révèlent qu’un quart des personnes sont indécises à ce sujet.
- Les partisans et les opposants avancent des arguments financiers.
Le suspense est total. Ou peut-être devrait-on dire l’incertitude. Notre premier sondage avant les votations du 24 novembre montre une égalité parfaite entre les partisans et les opposants au financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires. 38% des sondés sont favorables (oui ou plutôt oui) au projet, et 38% y sont opposés (non ou plutôt non).
Le plus frappant est que près d’un quart des sondés n’ont pas (encore) d’avis. Est-ce lié à la complexité de l’objet? Pour mémoire, le but est que les traitements ambulatoires et stationnaires soient tous financés de la même façon – avec 26,9% de la facture pour les cantons et 73,1% pour les assureurs. Aujourd’hui, les premiers sont payés par les assurances, alors que les seconds sont partagés entre les cantons (55%) et les caisses (45%).
Les soins de longue durée (notamment en EMS ou à domicile) ont en outre été ajoutés au paquet. Si le projet passe, ils seront donc majoritairement pris en charge par l’assurance maladie.
L’incertitude actuelle est probablement exacerbée par un débat financier. Ce mardi, les partisans du projet ont souligné que la réforme permettra de réduire les primes maladie d’environ 2 milliards de francs. La semaine dernière, ses opposants ont au contraire mis en garde contre une explosion des primes maladie, liée au fait que la facture des soins de longue durée va croître avec le vieillissement de la population.
Cet enjeu est important. L’argument qui convainc le plus les sondés favorables à la réforme est qu’en raison d’incitations erronées (le fait qu’aujourd’hui les cantons participent uniquement au financement des traitements stationnaires) la part des traitements ambulatoires est beaucoup plus faible en Suisse qu’ailleurs, bien que ces traitements soient moins chers. Et qu’en corrigeant cela il est possible de réaliser des économies.
Dans le camp du non, on est au contraire sensible à l’argument selon lequel les primes et les participations aux coûts risquent d’augmenter encore plus fortement, car de nombreux frais seront transférés des cantons vers les payeurs de primes.
Les analyses détaillées de ce sondage sont compliquées par la part importante d’indécis. On peut toutefois relever que si les élus socialistes sont divisés sur cet objet, la base du PS y est majoritairement opposée (52% de non, contre 25% de oui). C’est d’ailleurs le seul parti où le non dépasse 50%.
À l’autre extrême, 51% des sympathisants PLR sont favorables à la réforme (contre 24% de non) et 50% des Vert’libéraux (contre 25% de non). Chez les sympathisants UDC (un autre parti où le sujet est disputé), on enregistre 37% d’avis favorables, contre 42% d’avis défavorables.
Division sur le droit du bail
Les sondés se montrent également assez indécis sur les révisions du droit du bail. Ils sont 47% à soutenir (oui ou plutôt oui) celle qui concerne les sous-locations, contre 42% de non ou plutôt non, et 11% sans avis.
Sans surprise, cet objet donne lieu à une division classique entre gauche et droite. L’opposition est la plus forte chez les Verts (63% de non, 24% de oui, 13% sans avis) alors que le soutien est le plus important chez les sympathisants PLR (65% de oui, 26% de non et 9% sans avis). Le camp du oui est aussi plus fort en Suisse romande et en Suisse italienne, ainsi qu’à la campagne.
Pour la deuxième révision du droit du bail soumise au peuple le 24 novembre, le sondage penche dans l’autre sens. 43% des sondés soutiennent la résiliation pour besoin propre (29% de oui et 14% de plutôt oui), contre 50% de non (35% de non et 15% de plutôt non). La part de sondés sans avis est cette fois de 7%.
On retrouve une division entre partis. L’approbation est en outre plus élevée à la campagne. On constate aussi qu’elle augmente avec le revenu des sondés. Ce qui s’explique probablement par le fait que les personnes fortunées sont plus susceptibles d’être propriétaires.
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