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GenèveLe drone va faire son apparition dans les vignobles

Genève introduit la pulvérisation par drone, une pratique déjà bien ancrée dans les cantons du Valais et de Vaud. Si l’hélicoptère est plus rapide et permet de traiter de plus grandes surfaces, le drone est plus précis.

Benoît Lambiel de LBTech et Céline Abadia, conseillère agricole chez AgriGenève, s’expriment sur les pulvérisations par drone.

Un drone pour pulvériser des produits phytosanitaires dans les vignes escarpées. La technologie existe déjà dans les cantons du Valais et de Vaud, en complément à l’hélicoptère. Elle vient d’être introduite à Genève, troisième canton viticole de Suisse.

Une démonstration de pulvérisation par drone était organisée mardi matin par l’association faîtière de l’agriculture genevoise, AgriGenève, pour ses membres. Elle a eu lieu dans la commune de Bernex, sur une partie du vignoble de la Cave des Chevalières. En début de saison, son propriétaire, Sébastien Dupraz, a fait appel à la société LBTech, fondée par Benoît Lambiel.

Sept pulvérisations ont déjà été réalisées par les airs dans les vignes en pente, habituellement traitées à la main. Un travail très pénible pour les ouvriers qui doivent porter une tenue de protection. Muni d’un réservoir de dix litres, le drone couvre 1000 mètres carrés en dix minutes.

«Avec le drone, il n’y a pas nécessairement de gain de temps si la vigne est très pentue. En revanche, la pulvérisation est plus précise et régulière. Et cela permet d’éviter d’être en contact avec les produits», relève Jacques Pottu, vigneron-encaveur à Dardagny et collaborateur traitements à LBTech. Pour M. Dupraz, il faudra attendre les vendanges pour vérifier l’efficacité cette méthode.

Trajectoire programmée

A Bernex, la démonstration a été effectuée avec de l’eau. Près de 25 kilos s’élèvent deux à trois mètres au-dessus des vignes. Le drone se déplace perpendiculairement aux lignes, en suivant un plan de vol préprogrammé. Ses hélices créent un tourbillon qui permet une meilleure répartition des produits sur les feuilles. L’engin est équipé de quatre buses, deux à l’avant et deux à l’arrière.

Lorsque le réservoir est vide, le drone s’arrête. Le pilote le fait voler en mode manuel jusqu’au point de départ pour le recharger. L’engin reprend ensuite automatiquement sa trajectoire où elle a été interrompue. Une fois établi, le plan de vol est conservé pour les utilisations futures, fait savoir M. Lambiel, géomètre de formation.

Terre pas tassée

«L’hélicoptère est plus rapide et permet de traiter de plus grandes surfaces, mais il suscite des interrogations d’un point de vue écologique dans la population», note Céline Abadia, conseillère agricole à AgriGenève. Dans le canton, il n’est utilisé que pour traiter le vignoble des coteaux de la Donzelle, à Dardagny, où les pentes sont très importantes.

Si le drone est plus lent que le tracteur sur les parcelles planes, il a l’avantage de ne pas tasser la terre. Et il permet de ne pas avoir à parcourir de grandes distances par la route avec un engin agricole pour rejoindre des parcelles éloignées.

ATS/NXP