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Coronavirus en SuisseLe dépistage généralisé à l’école ne fait pas l’unanimité

Les cantons du Valais, de Zoug et de Bâle-Campagne ont annoncé des tests préventifs généralisés dans les écoles. La mesure ne fait pas d’émules dans de grands cantons qui la jugent disproportionnée.

Plusieurs cantons ont annoncé la mise en place de tests systématiques à large échelle dans les écoles.
Plusieurs cantons ont annoncé la mise en place de tests systématiques à large échelle dans les écoles.
Keystone/Gian Ehrenzeller

Initié dans les Grisons, le dépistage du coronavirus à grande échelle fait son apparition en Romandie avec la décision vaudoise de l’introduire dans les Préalpes. Les tests préventifs généralisés à l’école, annoncés en Valais, à Zoug et Bâle-Campagne, ne font en revanche pas d’émules dans de grands cantons qui les jugent disproportionnés.

À la mi-décembre, la Confédération a autorisé le dépistage gratuit des personnes asymptomatiques. Ces dernières représentent plus de la moitié des cas de Covid-19, ce qui les rend d’autant plus «dangereuses» avec l’arrivée des virus mutants plus infectieux, car elles ignorent souvent qu’elles sont infectées.

En janvier, les Grisons ont pris les devants en testant la population à grande échelle dans des stations touristiques notamment. Des écoles ont également fait l’objet de tests préventifs. Les employés de plusieurs entreprises soumettent aussi leur salive à des tests réguliers et volontaires.

Le canton de Vaud a emboîté le pas aux Grisons jeudi en annonçant le lancement d’une campagne de tests massifs dans ses principales stations de ski – à Villars, Leysin et aux Diablerets – en vue des vacances scolaires.

La méthode choc zougoise

La sensation de la semaine est, toutefois, venue de Zoug. Son département de l’éducation a annoncé que la salive des élèves et des enseignants de l’école secondaire serait testée deux fois par semaine dès le 22 février. Le lycée du canton sera logé à la même enseigne. Au total, 5000 personnes sont concernées. La mesure pourrait être étendue aux écoles professionnelles.

But de l’opération qui doit durer jusqu’en avril au moins: protéger les personnes travaillant en milieu scolaire et empêcher la fermeture d’établissements scolaires en raison de la pandémie. Les coûts de ces tests – 400’000 francs par semaine – seront couverts par la Confédération.

VS et BL: plus ciblé

De même, Bâle-Campagne lance ces prochains jours un dépistage hebdomadaire dans certaines écoles. L’opération doit durer jusqu’à l’été. Les tests salivaires seront réalisés sur une base volontaire. Comme aux Grisons, des entreprises se joignent à la campagne, l’administration publique et les établissements sanitaires aussi. Au total, jusqu’à 50’000 personnes seront testées chaque semaine.

Pour limiter les frais, les échantillons sont mis en commun par groupes de personnes, puis analysés. Lorsque le résultat d’un groupe est positif, toutes les personnes qui y appartiennent sont testées une nouvelle fois individuellement. Coût de l’opération: 14 millions de francs.

Vendredi, c’était au tour du Valais de présenter une stratégie similaire de dépistage «ciblé et répétitif». Pour 20 millions de francs, le canton entend tester des personnes asymptomatiques, avant et après les flambées dans les écoles, les établissements de formation, les entreprises et les destinations touristiques. Des dizaines de milliers de tests sont prévus par semaine.

En Argovie, on prévoit pour l’instant un dépistage hebdomadaire dans quatre à six écoles: une centaine de classes sont concernées.

Voeux pieux des enseignants

Le syndicat des enseignants alémaniques (LCH) demande que les tests systématiques à large échelle dans les écoles soient réalisés dans toute la Suisse. Peu enchantée par cette approche, la fédération suisse des directeurs d’établissements scolaires estime le soutien des parents meilleur lorsque les tests massifs sont organisés en cas d’infections avérées.

Tel est d’ailleurs le principe choisi par la plupart des cantons. Les autorités jurassiennes ont annoncé récemment son introduction. Vaud préfère aussi limiter le dépistage de classes entières aux situations d’infections avérées. Des tests préventifs généralisés une fois par semaine ne seraient pertinents et efficients qu’en cas de cluster dans une région ou une commune donnée, selon le médecin cantonal adjoint.

Même son de cloche dans le canton de Zurich, où le département de l’éducation favorise les tests massifs «ciblés», qu’il qualifie de «sensés» et «proportionnés». Ils sont menés en cas d’infections pour contrôler l’évolution d’un foyer, indique le département à Keystone-ATS.

Taille critique

Ce qui est possible dans des cantons à faible ou moyenne population, tels que Zoug, Bâle-Campagne et le Valais, ne paraît donc pas réaliste dans de grands cantons. À l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) d’ailleurs, on n’insiste pas sur une généralisation des tests massifs hebdomadaires.

Sa stratégie vise à prévenir les épidémies d’infection en détectant les porteurs de virus asymptomatiques «dans des populations ciblées», explique Daniel Dauwalder, porte-parole de l’OFSP. La Confédération prend toutefois en charge les coûts, aussi bien pour les tests effectués à titre préventif que lors de cas d’infection déjà avérés ou dans le contexte de nombreuses infections non contrôlées, pour autant que le canton lui soumette un concept.

ATS

18 commentaires
    yumbang

    A l'Armée les jeunes recrues doivent faire les tests de dépistage. Pourquoi pas dans les écoles où la promiscuité et le risque de propagation sont plus élevés.

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