Le cycle vicieux des tétracyclines sur une plante

ScienceSelon l'EPFL, certains antibiotiques courant dans l'élevage influencent le développement de végétaux, de vers et d’insectes.

Faiblement assimilés, les tétracyclines, administrés au bétail par voie orale, se retrouvent dans le fumier, puis dans les champs.

Faiblement assimilés, les tétracyclines, administrés au bétail par voie orale, se retrouvent dans le fumier, puis dans les champs. Image: Olivier Allenspach

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L'utilisation d'antibiotiques peut avoir des conséquences inattendues sur le développement de certaines plantes et organismes vivants. Une équipe de chercheurs de l'EPFL, à Lausanne, s'est penchée sur les tétracyclines, une famille d'antibiotiques largement utilisés dans l'élevage.

Les chercheurs, emmenés par Norman Moullan et Laurent Mouchiroud, ont constaté que ces antibiotiques influençaient fortement les mitochondries, les «usines énergétiques» des cellules. Or ces effets n'avaient pas encore été étudiés dans le détail jusqu'ici.

En collaboration avec des chercheurs suisses et néerlandais, ils ont réanalysé des données de précédentes études et procédé à de nouvelles expérimentations sur des cellules animales et végétales. Et les effets sont spectaculaires, explique jeudi l'EPFL à l'occasion de la publication de ces travaux dans «Cell Reports».

Retards de croissance

Après quelques jours de traitement à fortes doses, la respiration mitochondriale était visiblement altérée. Des retards de croissance importants ont été observés sur un végétal fréquemment utilisé en laboratoire, l'Arabidopsis thaliana. Même constat sur la mouche et le ver nématode, même si sur ce dernier les spécialistes ont observé qu'il accusait moins vite des signes de vieillissement.

«Nous avons constaté que ces concentrations d'antibiotiques peuvent impacter la physiologie de la plante, du ver et de la mouche», a expliqué à l'ats Laurent Mouchiroud. Or l'utilisation de tétracyclines est extrêmement courante en médecine vétérinaire.

Ces antibiotiques sont souvent donnés au bétail par voie orale, avec le fourrage. Comme ils sont faiblement assimilés, ils se retrouvent dans le fumier, puis dans les champs.

Grande prudence

Les chercheurs estiment que leurs travaux doivent inciter à la plus grande prudence. «Nous n'apportons pas la preuve que nous sommes over-contaminés d'antibiotiques. Mais nous disons qu'il faut étudier la question plus en profondeur et faire attention», ajoute Laurent Mouchiroud, du Laboratoire de physiologie intégrative.

Les spécialistes appellent aussi leurs collègues à faire attention: les tétracyclines peuvent indirectement affecter le fonctionnement des cellules et ainsi biaiser l'interprétation des résultats

Créé: 13.03.2015, 08h07

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