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ONULe Covid-19 au menu du Conseil des droits de l’homme

Une nouvelle session du Conseil des droits de l’homme s’ouvrira lundi à Genève. La pandémie de coronavirus et la crise politique au Bélarus seront au centre des travaux, qui devraient durer environ trois semaines.

«Nous voulons que ce Conseil discute et entreprenne des actions sur ses conséquences sur les droits de l’homme» de la pandémie de coronavirus, a déclaré le nouvel ambassadeur auprès de l’ONU à Genève Jürg Lauber.
«Nous voulons que ce Conseil discute et entreprenne des actions sur ses conséquences sur les droits de l’homme» de la pandémie de coronavirus, a déclaré le nouvel ambassadeur auprès de l’ONU à Genève Jürg Lauber.
KEYSTONE

La pandémie liée au coronavirus et la crise politique au Bélarus seront au centre d’environ trois semaines de travaux dès lundi au Conseil des droits de l’homme. Pour la Suisse, cette session sera la première du nouvel ambassadeur auprès de l’ONU à Genève Jürg Lauber.

Elle sera à nouveau «chargée», a admis à la presse la présidente de l’instance onusienne Elisabeth Tichy-Fisslberger. D’autant plus que des ONG ont dénoncé ces dernières semaines des centaines de cas présumés de torture et des milliers d’arrestations arbitraires au Bélarus après la réélection contestée du président Alexander Loukachenko. Seize d’entre elles ont appelé à une session spéciale du Conseil.

Or, comme la réunion prévue de l’instance onusienne démarre lundi, la question devrait être abordée lors d’un débat urgent. Même si Elisabeth Tichy-Fisslberger dit «ne pas avoir reçu pour le moment» de demande formelle. L’UE prépare une résolution, selon des sources convergentes. Mais il semble peu probable qu’une commission d’enquête internationale soit demandée.

Pour l’ONG Human Rights Watch (HRW), il faut un mécanisme important de surveillance mené par la Haute commissaire aux droits de l’homme Michelle Bachelet. Mais ce scénario, comme de nouvelles investigations sur d’autres pays, devient difficile pour le bureau de la Chilienne. «Le Haut-Commissariat et Mme Bachelet nous ont alertés» sur leurs problèmes financiers, affirme l’ambassadeur français François Rivasseau. En raison des restrictions, le premier «ne semble pas avoir les moyens» d’étendre les activités, dit-il.

Liquidités et Covid

Autre contrainte, «la pandémie sera à nouveau très présente pendant cette session», affirme Jürg Lauber. «Nous voulons que ce Conseil discute et entreprenne des actions sur ses conséquences sur les droits de l’homme, a-t-il encore dit à Keystone-ATS. Et d’ajouter que le Covid «ne doit pas être une excuse pour ne respecter ces droits, une tendance malheureusement observée dans certains pays».

Pour les participants, le coronavirus aura également à nouveau un impact. Les réunions auront lieu à nouveau dans la plus grande salle du Palais des Nations, avec un seul membre autorisé par délégation, et en ligne.

«Les règles sanitaires ne doivent pas affaire obstacle» à des discussions qui puissent aboutir à des votes, affirme François Rivasseau. Il souligne les efforts menés notamment par son pays pour que la Genève internationale «se remette au travail» en présentiel.

Le Conseil fait face à «un double défi», relève Elisabeth Tichy-Fisslberger. Une crise de liquidités «très sérieuse» de l’ONU en raison du retard des contributions de plusieurs pays et le Covid. Mais le fonctionnement de l’instance n’est pas menacé, dit l’ambassadrice.

Parmi les situations qui seront discutées, la mission d’établissement des faits sur le Venezuela devra être renouvelée. De même que la Commission d’enquête internationale sur le Burundi, un pays que Jürg Lauber connaît bien pour avoir présidé ces dernières années le mécanisme qui lui est consacré au sein de la Commission de l’ONU sur la consolidation de la paix à New York.

Appel sur le Burundi

Les enquêteurs indépendants de l’ONU sur le Burundi ont dénoncé à plusieurs reprises de possibles crimes contre l’humanité ces dernières années. Et les liens entre les Nations Unies et ce pays ont été fortement endommagés, notamment après la fermeture du bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme et l’expulsion du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

«C’est le moment de donner des signaux d’ouverture pour relancer le dialogue avec le Burundi sur les droits de l’homme», estime Jürg Lauber. «Il faut soulever les problèmes mais aussi adopter une approche plus collaborative». HRW estime elle qu’il est «trop tôt pour relâcher la surveillance».

Plus largement, l’ambassadeur suisse aborde son mandat après avoir été au centre du fonctionnement onusien à New York. «J’ai pris conscience encore plus que l’appareil onusien des droits de l’homme à Genève est vraiment le pilier du système multilatéral des droits de l’homme», dit-il. «C’est à Genève que se trouve la compétence» et «il est clair pour moi que la paix et la sécurité mais aussi le développement ne sont pas possibles sans les droits de l’homme».

Parmi les autres pays, la situation aux Philippines, où HRW appelle à «une investigation internationale qui puisse rassembler des preuves» des violations des droits de l’homme dans le cadre de la guerre contre la drogue, sera aussi abordée par les différents pays. De même que celle au Yémen ou encore des réfugiés rohingyas birmans.

ATS/NXP