AboLe Conseil d'Etat vient en aide à Serge Dal Busco
La création d'une délégation sur un des dossiers les plus sensibles de la législature sera bientôt annoncée.

La semaine passée, le Conseil d'Etat s'est rendu dans la station de Villars pour débattre de divers dossiers chauds, dont celui sur la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE 3), qui arrive au point d'ébullition.
Pour appuyer son ministre des Finances, Serge Dal Busco, sur cette réforme structurelle, il a évoqué la création d'une délégation spéciale qui comprendrait, outre le magistrat démocrate-chrétien lui-même, Pierre Maudet, ministre de la Sécurité et de l'Economie, et un magistrat de gauche, qui reste à déterminer, probablement Antonio Hodgers, patron de l'Aménagement. Vendredi, cette «nouvelle» délégation n'était pas encore sur pied, parce que, d'une part, certains détails restent à trancher et que, d'autre part, les décisions formelles ne sont prises que lors des séances ordinaires de mercredi.
Valse d'étiquettes
Cette nouvelle organisation fait partie d'un remaniement de diverses délégations rattachées au Département des finances (DF). Ainsi, selon nos sources, la délégation aux ressources humaines, composée de Serge Dal Busco, qui la préside, de Pierre Maudet et d'Anne Emery-Torracinta, sera fusionnée avec celle, dite conjoncturelle, dévolue aux négociations avec les partenaires sociaux, présidée par François Longchamp et comprenant Serge Dal Busco et Mauro Poggia. François Longchamp prendrait la présidence de cette nouvelle délégation qui rassemblerait le ministre des Finances et un autre élu, dont le nom nous reste inconnu. Quant à celle sur les multinationales, actuellement composée de Serge Dal Busco, Pierre Maudet et Antonio Hodgers, elle disparaîtrait pour renaître et s'occuper exclusivement de RIE 3.
Sentiment d'urgence
Serge Dal Busco est-il mis sous tutelle par ses collègues sur des dossiers délicats? François Longchamp, président du Conseil d'Etat, dément formellement. «Au contraire, assure quant à lui Serge Dal Busco, la création de cette délégation RIE 3 est la reconnaissance de l'importance majeure de ce dossier pour l'avenir du canton, qui ne concerne pas seulement la fiscalité, mais également l'économie, l'emploi, les institutions, les relations avec les communes.»
De fait, la création de délégations ad hoc par le gouvernement n'est pas exceptionnelle. Par le passé, certaines ont été lancées sur des sujets au long cours, comme la fusion des caisses de pension, puis abandonnées. Mais d'autres ont été mises sur pied pour des sujets plus ponctuels.
L'urgence au sujet de RIE 3 est manifeste. Divers acteurs, à commencer par le Groupement des entreprises multinationales ou la socialiste Sandrine Salerno, magistrate en charge des Finances de la Ville, demandent depuis longtemps au Canton qu'il pose un cadre clair. Le vote vaudois de dimanche accentue ce sentiment d'urgence. Pour certains hauts fonctionnaires, la création d'une commission ad hoc sur RIE 3 est donc un signal d'alarme: «On l'attendait depuis longtemps vu l'inaction du magistrat sur le dossier RIE 3», soupire l'un d'eux.
Serge Dal Busco assure que le tempo va s'accélérer: «La nouvelle délégation va entamer de larges consultations avec tous les milieux concernés et elle fixera le calendrier de sa communication dans ce cadre. Le timing est tenu.»
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