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EditorialLe cinéma en manque de gros films

L’industrie du cinéma est fragile. Fermées pendant des semaines, les salles restent aujourd’hui proches du vide. Certaines ferment même leurs portes durant la semaine pour n’ouvrir que le week-end, d’autres réduisent leurs tarifs. Dans ce contexte sans précédent, aucune solution ne semble idéale et, faute de gros films, faire revenir en masse le public dans les salles revient à résoudre la quadrature du cercle. D’autant plus que l’expression «salle comble» fait elle aussi partie du passé pour des raisons de protection sanitaire.

Le seul espoir des exploitants et des distributeurs, qui doivent plus que jamais travailler main dans la main, c’est l’arrivée d’un ou de plusieurs gros films censés créer l’événement. Et qui dit gros films dit blockbusters américains ou, côté français, grosses productions commerciales style «Les Tuche».

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C’est donc avec une certaine anxiété que tous les regards se tournent désormais vers «Tenet» de Christopher Nolan, film événement d’abord déprogrammé de l’été à une date inconnue avant de revenir dans le calendrier pour se fixer le 26août, qui marquera peut-être un tournant depuis la réouverture des salles en Suisse comme ailleurs.

Mais pour cela, il faut que ce film cartonne. Qu’il redynamise un secteur qui en a un besoin impérieux. En dehors des programmations rétrospectives ou patrimoniales, qui font bizarrement le plein cet été, les salles du Grütli réalisent ainsi des scores très enviables depuis juin, tous les autres sont à la traîne. Faute de films porteurs, dira-t-on. Même le dernier Ozon, le pourtant très bel «Été 85», n’attire pas les foules, malgré des efforts promotionnels et une relative absence de concurrence.

On ne va pas se mentir, la situation ne va pas pouvoir durer longtemps. Si les locomotives de l’été et de l’automne venaient à échouer, certaines salles pourraient déposer leur bilan et fermer. Ce n’est ni souhaitable ni tenable.