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Revue de presse pandémieLe cauchemar des malades dont le Covid s’éternise

Dans «Paris Match», des malades témoignent des symptômes multiples et handicapants d’un Covid dont ils n’arrivent pas à guérir, après plusieurs mois.

Testés, des malades ne sont toujours pas remis de la première vague et connaissent des maux multiples et souvent handicapants. Ce sont les «Covid long».
Testés, des malades ne sont toujours pas remis de la première vague et connaissent des maux multiples et souvent handicapants. Ce sont les «Covid long».
Getty Images

Toux, fièvre, difficultés respiratoires, tels sont les symptômes décrits de la maladie Covid-19. Des séquelles comme la perte d’odorat ou du goût ont aussi été relevées. Pour les malades qui témoignent dans «Paris Match», le Covid a eu bien d’autres conséquences inattendues. Huit mois après la première vague, ils souffrent de maux multiples, souvent douloureux.

Leur point commun est de n’avoir pas guéri après deux ou trois semaines comme la plupart des personnes infectées par le virus. Bruno, qui témoigne dans «Paris Match» est de ceux-là. «Je sentais mon corps scanné en permanence par le virus, qui passait très rapidement d’un organe à l’autre en provoquant chaque fois de nouveaux symptômes. (…) C’était comme un bug géant dans mon corps». Lili, 50 ans, tombé malade en mars a chuté un mois plus tard. Épuisement, essoufflement, fourmillements, acouphènes: «j’avais des sensations de tournis, comme si mon cerveau faisait des pirouettes dans mon crâne. En position allongée, j’avais l’impression d’avoir une bouchée coincée dans la trachée. «On n’a pas le temps de s’habituer à un symptôme qu’on est déjà passé à un autre», raconte Alain, victime lui de malaise vagal. «Ma saturation en oxygène est tombée à 88 et mes pulsations cardiaques à 34». Sandrine, 38 ans, a fait une péricardite. «J’ai eu plusieurs fois la sensation que j’allais mourir ou que l’on me cassait les os du dos». Elle a l’impression «d’avoir 90 ans» et a perdu «beaucoup de sa vision».

Ces malades du Covid long vivent une totale détresse. C’est un hashtag #AprèsJ20 sur Twitter lancé par une de ses malades qui leur a permis de communiquer, de se rendre compte de l’ampleur du phénomène et d’alerter les milieux médicaux et le gouvernement français. «Nous ne sommes pas des malades imaginaires», racontent-ils. «Malgré des symptômes intenses et un état inflammatoire avéré, les examens de routine reviennent souvent normaux», écrit «Paris Match». La psychologue à l’origine de la mobilisation sur Twitter est désormais suivie par une équipe pluridisciplinaire. Ses symptômes ont empiré: douleurs musculaires, gonflement des articulations, problème de circulation, syndrome de tachycardie posturale, concentration difficile, photophobie, céphalées, fatigue.

À Wuhan, le berceau de l’épidémie, une étude a montré qu’un patient sur dix souffre de symptômes neurologiques, des mois après l’infection. Aux États-Unis, une enquête médicale évoque un patient non hospitalisé sur cinq qui ne retrouve pas son état de santé précédant la contamination. Aux Pays-Bas et en Belgique, un travail universitaire révèle que six mois après l’infection, un patient sur deux souffre encore de symptômes divers. Selon le professeur Salmon-Ceron de l’Hôtel-Dieu à Paris, «le Covid long» pourrait s’avérer un problème de santé publique en nombre de personnes touchées souffrant de maladie chronique.

Ces personnes ont créé une association et leurs revendications ont été prises en compte par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin de développer des soins, de la recherche et que leur cas soit reconnu. En Grande-Bretagne, le premier guide à destination des «Covid long» vient d’être publié. Car malades et médecins s’attendent à ce que la deuxième vague produise encore de nouvelles victimes de ces dérèglements qui suivent un Covid.

8 commentaires
    Pierre-François Culand

    Un lecteur anonyme écrivait, le 17 octobre dernier: «Il n'y a pas de pandémie. C'est une invention médiatico-politique pour nous contrôler et nous appauvrir.» Quant à Un autre lecteur auto proclamé détecteur d’âneries, il passe son temps depuis le printemps dernier à nous assèner que cette grippe a les mêmes effets que la grippe saisonnière. J'espère que le rouge de la honte monte au front de ces deux spécialistes. Il y en a eu d'autres, dont un que je n'ai pas oublié, mais qui a, lui, senti le vent tourner et a la décence de se taire.

    J’ai repris ci-dessus le texte d’un autre lecteur sensé, qui a été supprimé par la modération. J’espère qu’en anomysant pour ma part les pseudonymes des lecteurs (anonymes !!) qu’il dénonce, son texte parfaitement justifié et conforme à la charte sera ainsi à nouveau accessible.