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Grand ConseilLe Canton soutient le Salon de l’auto

Les députés acceptent de prêter 17 millions au Salon. Le projet de Pierre Maudet a été révisé suite à une rébellion au sein de son groupe.

Le Salon a longtemps été la manifestation phare à Palexpo. L’édition 2020 a été annulée. Celle de 2021 est en suspens.
Le Salon a longtemps été la manifestation phare à Palexpo. L’édition 2020 a été annulée. Celle de 2021 est en suspens.
DIETER SEEGER

Demandé par le conseiller d’État Pierre Maudet, un prêt de 16, 8 millions, remboursable d’ici à 2037, a été voté par les députés vendredi par 55 voix contre 38 et deux abstentions. La somme a donné lieu à un affrontement gauche-droite classique. Rapporteur PLR du dossier, le député Jacques Béné désigne d’emblée l’ennemi: «Les Verts, toujours anti-voitures, le PS toujours anti-entreprises, Ensemble à Gauche, toujours anti-tout!» Dans l’autre camp figurent les autres partis, PDC, UDC, MCG, «qui veulent donner une chance au Salon». Ce ne serait pas si cher, affirme Jacques Béné: durant la crise, le parlement a bien versé 223 millions d’aide et 95 millions de cautionnements à toute une série de bénéficiaires. Il peut donc faire de même pour une manifestation entraînant 200 millions de francs de retombées, des emplois, et qui serait en outre une vitrine enviée pour Genève.

Non au «show probagnole»

La gauche riposte sur le même ton. Jean Burgermeister (EàG) estime inutile de soutenir un «show probagnole d’un autre âge». Une condamnation à laquelle les intervenants successifs ajouteront d’autres chefs d’accusation, comme la présence des fameuses hôtesses auprès des véhicules.

Sur le fond, la gauche estime que la mobilité individuelle privée n’a plus d’avenir, car tout passe, comme le Comptoir Suisse par exemple, explique Christian Bavarel (Verts). Enfin, l’édition 2021 du Salon est incertaine. «Sans elle, les emplois liés disparaîtront», assure Caroline Marti (PS). Et les 17 millions seraient potentiellement perdus.

«Ce ne sont pas des voitures mais la prospérité de Genève que nous sauvons»

Françoise Sapin (MCG)

«Ce ne sont pas des voitures mais la prospérité de Genève que nous sauvons, riposte Françoise Sapin (MCG). Bien sûr, poursuit-elle, il n’y a pas de garantie qu’une édition 2021 ait lieu, mais les organisateurs nous ont assuré qu’ils feraient tout en ce sens.» «Dans les circonstances actuelles, aucun entrepreneur ne peut s’engager pour l’avenir. Mettez-vous ça dans le crâne», tonne Serge Hiltpold (PLR). Un avis partagé par l’UDC et le PDC.

«Dans le fond, cette affaire c’est une question d’évaluation des risques, résume le conseiller d’État Pierre Maudet. Il y a ici un risque qui doit être pris au nom de l’emploi. Soyez sûrs d’une chose: le Conseil d’État fera tout pour qu’une édition 2021 se fasse, en bonne intelligence avec les organisateurs.»

Vers un Salon… en 2022?

La remarque finale du magistrat prend tout son sel si on sait qu’au côté du match officiel gauche-droite s’est déroulé un autre match, plus discret, interne au PLR, qui a opposé une partie des députés du groupe à leur magistrat, comme en témoignent le vote final négatif du député Cyril Aellen et l’abstention de son collègue Alexandre de Senarclens.

Le conflit a provoqué l’amendement du projet de loi initial et fait passer à la trappe la convention réglant le prêt que le Conseil d’État voulait passer avec le Salon. Elle prévoyait en outre l’organisation d’une manifestation en 2021 et imposait en son article 6 que l’organisation du Salon de l’auto 2021 soit reprise par Palexpo.

La mesure, qui a fait monter aux barricades les organisateurs du Salon, n’est pas passée dans le groupe PLR non plus: «Dans sa majorité, le groupe a demandé au Conseil d’État de laisser l’organisation du Salon à ceux qui ont l’habitude de le faire, souligne Cyril Aellen. Il s’agit de ne leur imposer ni la cogestion de Palexpo, ni une obligation de manifestation pour 2021. La priorité, c’est d’assurer une manifestation en 2022.»

La bronca PLR a ensuite trouvé des relais au sein de la Commission des finances, qui a amendé la loi. Mais la remarque finale du magistrat démontre qu’il ne s’avoue pas vaincu.