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Le Bureau des souvenirs retrouvés au Musée alpin suisse, à Berne

La capitale de la Suisse regorge de curiosités touristiques. Au cœur de son centre historique, un musée raconte l'histoire du ski dans nos montagnes.

Le long d’une promenade près de la Casinoplatz, cet ours bernois est l’œuvre de Robert Hainard.
Le long d’une promenade près de la Casinoplatz, cet ours bernois est l’œuvre de Robert Hainard.
Jean-Claude Ferrier

«Gare de Berne, bon buffet et bureaux de change. Il est interdit aux garçons d'hôtel de pénétrer sur les quais et de monter l'escalier qui y conduit, peut-on lire dans le Manuel du voyageur par Karl Baedeker, «La Suisse», 29e édition, 1921. À l'époque, à Berne comme à Genève, on veut éviter le harcèlement des garçons d'hôtel, souvent grossiers, sur les voyageurs.

À la gare, des vitrines abritent les restes de fortifications. On visite la vieille ville, ses monuments baroques, ses fontaines, la tour de l'Horloge. Notre guide nous fait découvrir de minuscules cours intérieures. Elle a les clés! Près de Casinoplatz, une sculpture représente un ours, lourd, pataud et solide comme un Bernois. Elle est signée Robert Hainard. La terrasse du restaurant Rosengarten, Alter Aargauerstalden 31b, domine le Vieux-Berne.

On pourrait passer une semaine entière à découvrir la capitale. On a choisi le Musée alpin et on n'a pas été déçu. Beat Hächler, son directeur, est notre guide. Une exposition temporaire de la Zurichoise Caroline Fink, où cinq Iraniennes et Iraniens se racontent. Comment ces femmes passionnées de montagne vivent-elles les règles du jeu imposées par la société et l'espace de liberté des montagnes? Un ski hors piste saisissant.

Le musée met à l'honneur sa collection, le «Bureau des souvenirs retrouvés». Quelle trace le ski a-t-il laissée derrière vous? Des champions de notre pays ont donnée du matériel, comme Russi, dont on admire les skis Rossignol Équipe suisse qui ont gagné à Sapporo, ainsi que Marie-Thérèse Nadig, double médaillée d'or aux mêmes JO.

Les skis Rossignol Équipe suisse de Bernhard Russi.
Les skis Rossignol Équipe suisse de Bernhard Russi.
Jean-Claude Ferrier

Chacun est invité à donner du matériel et à enregistrer ses souvenirs. On expose des habits et souliers d'autrefois, des skis, comme ceux équipés de fixations de sécurité Marker: avec la longue lanière, on parlait du quart d'heure Marker au sommet des pistes avant de s'élancer. Des pointes de métal quand on brisait un ski, des luges pour les blessés. Il faut savoir que, selon les règles de la physique, le croisement d'un ski amont avec un ski aval produit une chute.

Un film nous présente des images de quelques cascadeurs dévalant des pierriers skis au pied. Je me souviens être descendu une pistes sur l'herbe séchées lors de l'hiver 1963, sans neige, à la surprise des clients d'un restaurant des Diablerets.

Hommage est aussi rendu à tous les artisans de la montagne, du fabricant de skis en bois, véritables chefs-d’œuvre de marqueterie, au producteur de biscuits, au sculpteur sur bois. Le visiteur est invité à confectionner des tavillons.

L'an prochain, reportage sur la montagne dans les deux Corées, parcourues par une équipe du Musée pendant plusieurs semaines.