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Quand «24 heures» rencontrait le chanteur vaudois en 2007Le Barcelone de Patrick Juvet

Visite à domicile de l’ex-star disco que les fans apostrophent toujours sur les Ramblas. Reportage avant son concert lausannois.

Patrick Juvet, sur une des plages de Barcelone proche de la Villa olmpica, exprime le plaisir qu’il éprouve au bord de la grande bleue.
Patrick Juvet, sur une des plages de Barcelone proche de la Villa olmpica, exprime le plaisir qu’il éprouve au bord de la grande bleue.
PATRICK MARTIN

Durant la bataille de Barcelone, la Rambla principale était l’avenue ou s’affrontaient les tireurs embusqués des deux camps. Un endroit dangereux, exposé — d’ailleurs, Patrick Juvet l’évite encore! L’enjeu est moins dramatique mais, que voulez-vous, une star du disco restera toute sa vie sous les feux des photographes. «Je me suis installé à Barcelone il y a huit ans. C’est ma ville. Je ne supporte plus Paris, on ne me fout jamais la paix dans la rue.» Sitôt dit, un couple des environs de Cannes, en goguette, s’approche l’appareil en main. «Vous êtes toute ma jeunesse», lui souffle la dame. Le mari est très content aussi. Sur la Rambla, trois déclencheurs feront clic, trois fans qui immortaliseront la tignasse irrémédiablement blonde du Montreusien. «Hey, y a pas que Patrick Juvet dans la vie! Tu peux nous prendre aussi en photo?» hurle un groupe de gosses à notre photographe!

Une tronche de la pop

À 56 ans, le Suisse reste ainsi une tronche de la pop music, cette icône glam, véritablement sympa, qui vécut tous les clichés de l’hédonisme disco, ses fastes et ses dèches, et n’arrive toujours pas à regretter quoi que ce soit. Son rythme de vie demeure nocturne et chic, quoique l’intéressé récuse cette image de jet-setter invétéré. «Je vis comme un paysan! (Rire) J’aime les vraies gens.» Effectivement, une balade catalane avec Juvet évite le clinquant des bars à la mode et préfère la compagnie d’amis sincères dans des bistrots de quartiers à la convivialité droit sortie de l’auberge espagnole. L’autre facette du noceur assagi, ce sont tout de même huit différents appartements en huit ans: disco un jour, bohème toujours. Mais fini les dépenses somptuaires. «Aujourd’hui je vis… normalement. Je rame encore.» En route vers la plage, un paquebot le toise du haut de ses énormes cheminées rondes. «On m’a proposé d’animer des croisières mais faut pas déconner. Ça craint. Jouer tous les soirs la même chanson devant un public de vieux… Quand même!»

La Méditerranée n’est pas l’Atlantique mais on fixe la ligne d’horizon maritime d’un œil songeur quand Juvet se raconte. New York, les rencontres, les folies d’une époque morte, «quand tu pouvais manger en boîte entre Bowie et Noureïev». Les nuits avec Jagger et Warhol, «un fou». Sa séance d’acupuncture avec George Harrison. Ses bastringues dans des motels californiens avec Metallica (!). Freddie Mercury, «pas si connu que ça en Suisse: au Platinum de Montreux, il me demandait de l’aider à rencontrer des garçons». Miami et l’arnaque d’un contrat à deux millions de dollars, jamais arrivé «alors que je venais de m’installer, avec villa et Rolls». Pourquoi toujours la Rolls? «On y est bien assis», se marre-t-il en y croyant quand même un peu. Juvet évoque aussi ses virées parisiennes avec Gainsbourg et le destin de Mike Brant, «un incroyable musicien qui s’est suicidé parce qu’il chantait de la merde et qu’il le savait. Tu sais, ça tue de chanter ce que tu n’aimes pas et d’être connu pour ça. Moi quand j’ai fait La musica, c’était un choix conscient de faire un tube. Ma copine m’a dit alors: «tu plaisantes, c’est de la merde!» Ça a vendu un million et demi de disques.»

Un nouvel album

Son «quotidien nocturne», Patrick Juvet le partage entre la composition de chansons, les concerts à l’image de celui du MAD, demain, et une fiesta raisonnable, «deux-trois soirs par semaine». Niveau compo, le pianiste promet pour cette année un nouvel album autoproduit, le premier depuis vingt ans. «Je ne peux pas encore dire avec qui je le fais mais c’est quelqu’un de très connu en France. Et Valérie Lemercier m’a écrit des textes.» Niveau live, le show man y va solo. «Le public s’éclate et je m’éclate. Tout d’un coup, j’ai 20 ans! Je joue un grand medley, sur bande malheureusement car je ne pourrais pas payer des musiciens.» Il insiste pour remercier la fondation Hertzog qui coproduit son concert lausannois. «Je ressens de l’affection en Suisse mais ça n’a pas toujours été le cas. Au début il y avait beaucoup de jalousie. Évidemment, à 23 ans, je me pavanais en descendant la rue du Bourg. Aujourd’hui, je la monte à l’envers – je préfère que les gens ne me reconnaissent pas».

2 commentaires
    retour

    toute mon enfance.RIP Patrick