Mobilier urbain à LausanneVive émotion après l’installation du «banc de la honte»
Au pentu chemin du Calvaire, une simple chaise a remplacé un banc que les riverains appréciaient pour papoter. Sous la pression, la Ville en installera une seconde.

Pour paraphraser le peintre Magritte, ceci n’est pas un banc. Non. C’est une chaise en bois que Lausanne vient tout juste d’installer à mi-parcours du pentu chemin du Calvaire, dans le quartier des Falaises. Elle remplace un banc sur lequel les riverains appréciaient visiblement de se poser et papoter, au point de se mobiliser et de baptiser la chaise de «banc de la honte» par pancarte et réseaux sociaux interposés.

«Qui s’assoit? Toi ou moi?» pouvait-on lire sur un bout de carton il y a encore quelques jours, avant que la Voirie ne poutze les lieux. D’autres riverains avaient écrit leur mécontentement. «Avant à cet endroit, il y avait un banc où les gens marquaient une pause, prenaient le temps de se reposer, discutaient avant de repartir. Aujourd’hui, cela va se faire seul. Individuellement. Sans pouvoir partager un moment avec quelqu’un.»
Les riverains gagnent une seconde chaise
Par la voix de son délégué aux piétons Pierre Corajoud, la Ville assume. «Le banc qui était posé là a dû être remplacé car il n'était plus aux normes et en mauvais état. Le choix de poser une chaise à la place du banc a été fait pour assurer qu'on ait une assise bien à plat.» Selon lui, le banc précédent ne permettait pas une assise confortable, car il était penché à cause de la forte pente à cet endroit. «Nous n’aurions pas pu assurer une assise bien à plat en posant un autre banc. Voilà pourquoi dans les rues en pente lausannoise de plus de 10%, nous privilégions depuis plusieurs années les chaises plutôt que les bancs», explique Pierre Corajoud.
Le délégué aux piétons poursuit: «La chaise à cet endroit est pensée comme une assise relais qui permet de se reposer avant de repartir. Elle est munie d’accoudoirs permettant de se relever dans de meilleures conditions, notamment pour les seniors.» D’accord, mais qu’en est-il de la convivialité perdue déplorée par les riverains? «En lien avec les demandes exprimées, nous allons prochainement poser une seconde chaise juste à côté de celle existante.»
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