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ÉditorialLauber parti, il faut relancer la machine

Sa position était devenue intenable. En constatant que le Tribunal administratif fédéral confirmait les graves manquements qui lui étaient reprochés, Michael Lauber n’avait plus qu’une issue possible. Le procureur général de la Confédération s’en va. Il paie cash ses errements et ses mensonges, révélés au fil des mois, dans la gestion des affaires impliquant la FIFA. C’est un soulagement pour un grand nombre de parlementaires, mal à l’aise de l’avoir reconduit dans sa fonction l’hiver dernier.

L’image du parquet fédéral – et de la Suisse - n’en sort pas grandie pour autant. Avec l’enlisement des enquêtes lancées contre la puissante faîtière du football mondial, notre appareil judiciaire a perdu sa crédibilité. Pendant que la justice américaine condamnait un à un les dirigeants corrompus, le Ministère public de la Confédération (MPC) s’est lamentablement fait rattraper par la prescription. Le procès agendé en septembre à Bellinzone, dirigé contre un ex-secrétaire général de la FIFA et l’actuel président du Paris-Saint-Germain, n’offrira qu’une consolation symbolique.

«Les procureurs chargés de traquer mafieux, terroristes et autres kleptocrates ont besoin d’autonomie et de souplesse pour mener leurs investigations»

Le capitaine démissionnaire n’est pas seul responsable du naufrage. Le MPC est un paquebot difficile à manœuvrer, un monstre bureaucratique dont la lourdeur aura eu raison du talentueux touche-à-tout Michael Lauber. Un vrai gâchis. Les procureurs chargés de traquer mafieux, terroristes et autres kleptocrates ont au contraire besoin d’autonomie et de souplesse pour mener leurs investigations.

Une réforme urgente de l’institution paraît donc nécessaire pour rétablir la confiance. Mais pour qu’il y ait de grands matches, un beau stade ne suffit pas. Il faut attirer dans l’équipe les meilleurs joueurs, les plus motivés à gagner la partie. Et nommer le bon coach. Le mercato est ouvert.