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Lac de NeuchâtelL’Association de la Grande Cariçaie fête ses dix ans

À l’occasion de son dixième anniversaire, l’association chargée de la gestion des réserves naturelles de la rive sud du lac de Neuchâtel a souligné l’importance de protéger ce patrimoine face au réchauffement climatique.

La Grande Cariçaie constitue une réserve naturelle de valeur internationale sur la rive sud du lac de Neuchâtel.
La Grande Cariçaie constitue une réserve naturelle de valeur internationale sur la rive sud du lac de Neuchâtel.
KEYSTONE/STR

L’Association de la Grande Cariçaie (AGC), zone marécageuse de la rive sud du lac de Neuchâtel, fête ses dix ans. Un anniversaire marqué par le Covid-19 et une fréquentation record de cyclistes et promeneurs en quête de nature pour échapper à la crise sanitaire.

«La pandémie préfigure la pression accrue exercée par l’homme et la nécessité de trouver des équilibres demain avec la nature», a indiqué Catherine Strehler Perrin, présidente de l’AGC, jeudi à Font (FR), dans la réserve de Cheyres. Un avertissement sur les défis à relever pour une zone de 3000 hectares constituant un «objet unique».

«Un objet à conserver», a insisté Michel Baudraz, directeur du bureau exécutif. Un travail qui se fonde sur quatre axes, dont le premier est la connaissance du «trésor de biodiversité», avec ses 10’000 espèces animales et 1000 espèces végétales. Un patrimoine sur lequel le réchauffement climatique aura un impact inéluctable.

Davantage de cohérence

«De nouvelles espèces apparaîtront, parfois réjouissantes, parfois moins», a noté Catherine Strehler Perrin. Revenant sur l’activité de l’AGC, qui a succédé en 2010 au Groupe d’étude et de gestion (CEG), elle a loué la cohérence apportée par l’association, ce qui a permis de rassembler les forces «pour aller plus et mieux».

Et les réserves naturelles sont en vogue. Dès le semi-confinement en mars, les adeptes (cyclistes, randonneurs ou promeneurs de chien) ont afflué sur les chemins traversant de la Grande Cariçaie. «Nos compteurs ont relevé par endroits jusqu’à 900 passages de vélos par jour», a dit Christophe Le Nédic, collaborateur scientifique.

Une fréquentation record qui ne va pas sans poser des problèmes. Les deux surveillants et la police de lac, vaudoise et fribourgeoise, ont dû verbaliser ces dernières semaines pour des chiens non tenus en laisse, des promeneurs marchant en zone interdite ou des paddleurs en grand nombre qui s’approchent trop près des marais.

Montrer et protéger

Une présence humaine qui peut déranger la reproduction des oiseaux, à l’instar du héron pourpré, un cousin du héron cendré. Reste que l’objectif de l’AGC consiste aussi à «montrer les choses pour mieux les protéger». D’où la mise en place d’actions «coup de poing» pour sensibiliser des individus qui pratiquent toujours plus d’activités.

Les trois autres objectifs concernent l’entretien des marais, l’information et l’accueil du public ainsi que l’organisation entre les acteurs qui composent l’AGC. Celle-ci doit travailler avec une superposition des lois, a ajouté sa présidente, en référence à l’eau, la forêt, la nature et l’aménagement du territoire.

L’association agit sur mandat des cantons de Vaud, Fribourg et Neuchâtel. Elle oeuvre à la conservation durable d’un site naturel abritant pas moins d’un quart de la flore et de la faune suisse. Le financement provient principalement de la Confédération et des cantons partenaires ainsi que des communes riveraines.

La diversité des milieux naturels, de la flore et de la faune, les effectifs des populations animales et végétales valent à la Grande Cariçaie une reconnaissance mondiale. Elle appartient au réseau des sites Ramsar, la ville iranienne où a été signée la convention internationale protégeant les sites d’escale des oiseaux migrateurs.

ATS/NXP