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Une petite baie aux énormes bienfaitsL’aronia et ses superpouvoirs se plaisent à Forel

La baie venue d’Amérique se consomme séchée, en poudre, en jus pur et désormais aussi mariée à la pomme et au gingembre.

Christophe Urfer bichonne ses 1000 arbustes d’aronia. Il les cultive en biodynamie en faisant attention à ce qu’ils ne manquent ni de potassium ni d’azote.
Christophe Urfer bichonne ses 1000 arbustes d’aronia. Il les cultive en biodynamie en faisant attention à ce qu’ils ne manquent ni de potassium ni d’azote.
Chantal_Dervey

L’amour est dans le pré. Il n’est pas ici question d’une émission de télévision, mais bien des sentiments qui lient Christophe Urfer à sa terre. C’est justement parce qu’il voulait du bien au champ qu’il a reçu il y a plus d’une dizaine d’années et parce qu’il voulait se faire du bien et en faire aux autres qu’est née sa culture d’aronia à Forel (Lavaux).

Les baies d’aronia en ce mois de juin. La récolte se fera à l’automne.
Les baies d’aronia en ce mois de juin. La récolte se fera à l’automne.
Chantal_Dervey

Ni myrtille ni cassis, cette baie très riche en antioxydants (lire ci-dessous) faisait déjà le bonheur des Amérindiens qui la récoltaient à l’automne et l’emmenaient avec eux pour se renforcer lors de leurs longs voyages hivernaux. Elle traverse ensuite l’Atlantique dans les bagages d’un botaniste russe, qui développe sa culture pour l’utiliser notamment comme colorant. Ce qui explique aujourd’hui que l’on retrouve beaucoup d’aronia venue des pays de l’Est et que sa production est encore plus développée en Suisse alémanique que de ce côté-ci de la Sarine.

«Je cherchais un projet qui me permettrait de mettre mes mains dans la terre, de travailler écologiquement et dans la durabilité. De ralentir un peu et de bosser au rythme des saisons»

Christophe Urfer

C’est une sommité de la phytothérapie qui parle de ce superfruit à Christophe Urfer lors d’une rencontre fortuite. «Je cherchais un projet qui me permettrait de mettre mes mains dans la terre, de travailler écologiquement et dans la durabilité. De ralentir un peu et de bosser au rythme des saisons, explique le Vaudois, qui insiste sur le soutien indéfectible de sa famille et de ses amis tout au long de l’aventure. Je m’intéressais aux huiles essentielles, quand le professeur Hostettmann m’a parlé de l’aronia. Et ça a tout de suite fait tilt.»

Tout appris avec Jean-Luc Tschabold

Cela faisait plus de dix ans que la parcelle qu’il avait reçue était en jachère. Le terrain de jeu idéal pour entreprendre une culture en biodynamie, exempte de toute forme de pesticide, fongicide ou autre insecticide. Avant de se lancer, Christophe Urfer n’a pas hésité à contacter d’autres producteurs pour se former. «Jean-Luc Tschabold, à Aubonne, m’a tout montré. Et quand j’ai décidé de voler de mes propres ailes, j’ai d’abord fait un test avec quelques arbres, avant d’en planter presque 1000 en 2015. Ça coïncidait avec l’arrivée de la mode des superfruits. Je n’ai rien inventé, moi. Je cherche juste à produire localement un produit de la meilleure qualité qui soit. Je nourris mes arbres avec du purin d’ortie et de consoude, j’enlève les mauvaises herbes à la main. Et on dirait que ça marche: mes récoltes sont très satisfaisantes!»

Nouveau délicieux jus

Passionné, il passe des heures dans son champ, à regarder les petites fleurs blanches éclore avant qu’elles ne laissent place aux fruits. Des baies qu’il sèche lentement afin qu’elles gardent un maximum de vitamines en plus de leurs autres qualités. Son entreprise, Aroniaway, propose de l’aronia séchée, en poudre et en jus pur (les antioxydants survivent à sa forme de pasteurisation) et, depuis peu, en jus délicieux et rafraîchissant mélangé à des pommes de Biofruits, à Vétroz, et à du gingembre et de la citronnelle bios de la Fée d’Or, à Écublens.

«J’ai voulu élargir mon modèle de cercle vertueux en n’incluant que des acteurs locaux, aussi bien pour les fruits que pour la mise en bouteilles, faite à Vétroz, et les étiquettes, à Neuchâtel»

Christophe Urfer

«C’est l’épisode le plus récent de cette aventure, explique l’entrepreneur, qui sait bien qu’il va désormais être obligé de grandir. J’ai voulu élargir mon modèle de cercle vertueux en n’incluant que des acteurs locaux, aussi bien pour les fruits que pour la mise en bouteilles, faite à Vétroz, et les étiquettes, à Neuchâtel. J’ai fait des rencontres merveilleuses en l’élaborant. C’est vraiment un produit de très grande qualité totalement régional. Reste maintenant à le distribuer tout en expliquant vraiment de quoi il s’agit. Heureusement, il y a au moins la boutique en ligne sur le site.»

Son voisin, le Restaurant des Cornes de Cerf, marie à l’automne une sauce à l’aronia avec la chasse. Mais on imagine aussi très bien le jus pur colorer bon nombre de cocktails sur les terrasses estivales. Si en plus c’est bon pour la santé…