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L’éditorialL’ambiguïté du retour à la normale

Les Rues-Basses ont retrouvé une fréquentation presque normale avec la réouverture des magasins.
Déconfinement
Les Rues-Basses ont retrouvé une fréquentation presque normale avec la réouverture des magasins.
Laurent Guiraud/ Tamedia

Le déconfinement tout en douceur, étape par étape, ce sera pour une autre fois. Des heures de bouchons aux douanes, bien pires qu’aux mauvaises heures de l’avant-pandémie. Des foules de parents devant les écoles. Des passagers serrés dans certains bus. Et ce week-end, sur les pelouses, des grappes humaines sans cesse plus nombreuses, plus rapprochées et plus insouciantes. Mis à part les magasins et les restaurants, encore peu fréquentés en ce lundi maussade, on aurait pu se croire revenu au monde d’avant, les masques en plus.

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En demandant l’ouverture, le même jour, des crèches, écoles, commerces, transports et restaurants, le Conseil fédéral a fait passer un message clair: la machine repart et tout le monde doit s’y remettre.

Pourquoi pas? C’est un peu la voie choisie par la Suède, le pays qui n’a jamais fermé ses écoles et a préféré prendre ce risque pour immuniser sa population plus vite.

Sauf que la Suisse n’assume pas cette stratégie: tout en relançant l’activité économique par un déconfinement quasi général, les autorités politiques et sanitaires demandent aux gens de rester chez eux et d’éviter les contacts. Ce message ambigu, pour ne pas dire contradictoire, peut-il être appliqué? De la réponse à cette question dépendra la suite de l’épidémie.

On pourrait assister à une deuxième vague d’infections, mettant de nouveau sous pression notre système de santé, ou à une progressive sortie de crise. On le saura probablement dans une quinzaine de jours, le temps que le déconfinement conduise – ou non – à une recrudescence des cas.

Une chose est sûre: le redémarrage général amorcé ce lundi ne nous dispense pas, individuellement, de rester prudents, et d’accueillir avec une certaine méfiance la démarche fédérale.