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Saison 2020-2021L’Abri dévoile ses nouveaux agents de fermentation

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont polyvalents et curieux. Douze artistes associés, toutes disciplines confondues, viennent grossir les rangs des 21 primo-arrivants des saisons 2018-2019 et 2019-2020.

La Franco-Genevoise Salômé Guillemin «crée des installations interactives et sonores, des performances, des instruments, des vidéos et des textes de fiction».
La Franco-Genevoise Salômé Guillemin «crée des installations interactives et sonores, des performances, des instruments, des vidéos et des textes de fiction».
Sabrina Vega

Ne serait-ce, déjà, que pour sa communication visuelle, L’Abri mérite qu’on fasse le détour par son site. Le tangible, sis dans les anciennes caves de la prison du Prieuré reconverties en abri antiaérien, place de la Madeleine, mais aussi le digital, qui arbore depuis mardi ses douze nouveaux artistes associés pour la saison 2020-2021. Après avoir joué sur le rouge à lèvres estompé puis sur les globes oculaires noircis, la galerie de portraits prend cette année la forme de captures d’écran saisies lors des vidéoconférences de mise durant le semi-confinement printanier. La graphiste Sabrina Vega a ensuite «surcompressé» les images de sorte à les pixéliser à outrance, transfigurant ainsi les visages en icônes à mi-chemin du cafouillage numérique et de la peinture abstraite.

La même volonté de brouillage a caractérisé la présentation physique des Camille, Clément, Yann, Salômé et autres Flora membres de la nouvelle volée. Après un trailer riche en bidouillages, les jeunes artistes ont décidé d’échanger leurs identités, déclinant des prénoms contraires à leur genre présumé ou adoptant un idiome étranger en guise de langue maternelle. En plus d’humour, l’effet regorge bien sûr de sens: de la chanteuse spécialisée en autotune au batteur de jazz ou du comédien à la musicienne en quête d’un système de transcription pour l’expression orale, tous ont pour vocation de mettre en commun leurs savoir-faire et de collectiviser leurs créations. Y compris avec leurs camarades des deux années précédentes.

Le comédien d’origine vénézuélienne Pierre-Angelo Zavaglia «incise le réel» à l’aide du scalpel documentaire.
Le comédien d’origine vénézuélienne Pierre-Angelo Zavaglia «incise le réel» à l’aide du scalpel documentaire.
Sabrina Vega

Une annexe à tribord

Doté de son radar à jeunes talents, Rares Donca, directeur de L’Abri, a pris soin de rappeler les principes de son incubateur installé en Vieille-Ville. «Il y a trois ans, nous avons investi ce bunker en vue de mettre l’accent moins sur les représentations que sur les artistes à leur origine. Avec ses espaces de répétition et son studio d’enregistrement, ce lieu a été pensé pour donner plus de temps et d’espace aux processus de création, en réfléchissant à la notion d’artiste émergent et à l’accompagnement qu’on peut offrir à celui-ci», résume-t-il en substance. De fait, l’homme a, en deux saisons à peine, réussi à instaurer une dynamique des plus actives entre ses enzymes et l’organisme culturel genevois dans son ensemble. Mais aussi au-delà, puisque le laboratoire entretient des partenariats solides avec des réseaux et structures artistiques uruguayens, hongrois, roumains, ainsi qu’ailleurs en Europe.

Pour le premier trimestre de la programmation proprement dite, on renverra donc au site internet susmentionné. Non sans relayer d’ores et déjà l’annonce, faite mardi en direct, que le Flux Laboratory de Cynthia Odier cédera son adresse carougeoise à la jeune institution dès le début de 2021, puisqu’il ira rejoindre la Fondation Fluxum dans le quartier des Bains. Un déploiement à suivre!

L’Abri, saison 2020-2021, progr. et infos sur www.fondationlabri.ch