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AboFinale du championnat
La vraie fin et le début de la quête de soi d’Alyssa Lagonia

Alyssa Lagonia avait déjà vécu une première retraite en 2018, avant de signer l’année suivante à Servette.
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Lorsqu’elle y songe, Alyssa Lagonia est émue. Alors elle évite d’y penser. Entre un travail prenant à l’UEFA (il y a l’Euro de cet été à préparer) et une fin de saison haletante avec Servette Chênois, sa pendule ne lui offre de toute de façon que peu de temps pour gamberger. Jusqu’à ce que quelques signes, autant de marques d’affection, viennent la rappeler à la réalité. Ces clins d’œil complices, c’est son coach après la qualification miracle en finale: «Ce n’est pas encore fini pour toi!» Ce sont ses coéquipières durant la semaine: «Encore deux entraînements Aly!» Et un match. Le plus important de tous: la finale du championnat face à Zurich (lundi à 15 h à la Tuilière). Après quoi, il en sera vraiment fini de la vie en grenat de la capitaine.

Face à un vide qu’elle a longtemps repoussé, on peut lire le doute au fond des yeux de la Canadienne. «Le foot m’a tellement donné. De belles rencontres, des émotions, de la reconnaissance… Je pense qu’aucune footballeuse n’est jamais complètement sereine à l’idée d’arrêter.» Elle ne l’était vraiment pas en 2018, lorsqu’elle a coupé une première fois avec le football de haut niveau. Alors elle est revenue, elle a découvert Servette, s’est créé des attaches. En trois ans, la joueuse offensive est devenue une figure du club et un atout majeur sur le terrain. Si bien que la deuxième rupture à venir avec le ballon rond se veut loin d’être plus simple à appréhender que la première.

Trajectoires opposées

Son évolution personnelle a coïncidé avec celle du club. Jusqu’à accoucher de la situation actuelle. Servette Chênois est une entité toujours plus professionnelle, l’énergie que peut lui accorder Alyssa Lagonia n’est pas aussi extensible. «J’ai envie d’être juste. Tant avec le club qu’avec mon travail. Bien sûr que c’était plus facile de concilier les deux au début, quand on s’entraînait encore à Balexert. Mais je ne regrette pas cette époque. On a traversé tellement de choses incroyables depuis.»

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C’est qu’Alyssa Lagonia est bien placée pour parler développement de football féminin. À travers les projets qu’elle développe à Nyon, elle y participe en coulisses. À travers son rôle dans un club qui pèse en Suisse et qui commence à exister en Europe, elle donne de sa personne sur le terrain. L’un nourrit l’autre. «Mon expérience de joueuse me donne une sensibilité différente dans mon travail, oui.»

Sera-t-elle vraiment prête à la laisser derrière lundi soir? «En tout cas, je ne l’étais pas encore samedi dernier.» Jour de la demi-finale face à Bâle qu’elle a illuminée d’une frappe de 25 mètres sous la barre. Comme une preuve que le temps n’était pas encore venu.

«Moins de foot, ça veut dire plus de temps. J’en ai besoin pour savoir quel visage je veux donner à ma vie, à bientôt 33 ans. Cette retraite, c’est une façon de trouver des réponses.»

Alyssa Lagonia

«J’essaie de m’y résoudre. Moins de foot, ça veut dire plus de temps. J’en ai besoin pour savoir quel visage je veux donner à ma vie, à bientôt 33 ans. Cette retraite, c’est une façon de trouver des réponses. Ce que je vais faire? Je n’en sais rien. Peut-être que je serai à la Fontenette tous les week-ends pour voir Servette», sourit-elle.

Pour mieux oublier les larmes qui couleront lundi soir.

Après Aarau (photo) et Bâle, Alyssa Lagonia et Servette Chênois élimineront-elles Zurich lundi à la Tuilière?