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MobilitéLa Voie verte retrouve ses cyclistes frontaliers

Ce lundi à la mi-journée, ils étaient nombreux à l’utiliser à nouveau pour passer le Foron, aux confins de Thônex, Gaillard et Ambilly.

Image d’illustration. Photo: LAURENT GUIRAUD/ TAMEDIA.
Image d’illustration. Photo: LAURENT GUIRAUD/ TAMEDIA.
Tamedia Publications Romandes

Certains ont trouvé le temps long, durant ces trois mois de blindage. Les blocs de béton qui obstruaient la plupart des franchissements de la frontière franco-genevoise depuis la mi-mars ont disparu en ce lundi. Après un trimestre où il fallait une bonne raison pour passer la frontière en des points choisis, la démarcation est à nouveau franchissable librement. Berne et Paris auront pris leur temps pour satisfaire les revendications des autorités locales (tant genevoises que françaises) d’un assouplissement rapide, notamment pour la Voie verte, alors que la région mise sur la mobilité douce pour soulager les transports publics en cette période de crise sanitaire.

Lundi à la mi-journée, ils étaient nombreux à l’utiliser à nouveau pour passer le Foron, aux confins de Thônex (GE), Gaillard et Ambilly (74). Ses usagers auront dû patienter jusqu’au bout. «Ça m’a manqué, c’était plus difficile», avoue Jessica, 13 ans, qui navigue à vélo entre son domicile (en France) et sa classe (au Cycle genevois du Foron). «Je suis déjà venu repérer les lieux dimanche soir, enchaîne Selim, cycliste transfrontalier qui travaille à Genève. La Voie verte me fait gagner du temps, elle est plus sûre et plus agréable.» «Elle permet d’éviter Moillesulaz, où le trafic est important et où il n’y a pas d’itinéraire cyclable continu», ajoute Miguel, qui travaille à Thônex et rentre prendre sa pause chez lui en France. Genevois de 80 ans, Jean n’emprunte pour sa part que le tronçon français de la Voie verte: «La partie suisse est mal conçue», juge ce rouleur chevronné qui pédale 30 km chaque jour. Son cadet Joël, 72 ans, parcourt chaque jour 15 km à pied et est ravi de ses retrouvailles avec cet itinéraire: «Oui, ça m’a manqué, c’est calme, sans voitures.»

Plus haut sur le Foron, les voitures ont en revanche réinvesti en force la douane de Pierre-à-Bochet, transformée en impasse déserte durant l’épidémie. Selon l’État, le passage voisin de Mon-Idée (l’un des rares encore ouverts ces dernières semaines) a vu son engorgement soulagé. «Les charges de trafic sur le canton sont a priori stables», indique Roland Godel, au nom du Département des infrastructures.

À Pierre-à-Bochet, il est difficile d’intercepter les automobilistes pressés, sauf quand ils s’arrêtent à la station-service voisine qui ne désemplit pas, assaillie qu’elle est de clients français en quête de nicotine bon marché. «Mon paquet y coûte 8 fr.90 au lieu de 10 euros en France, témoigne Rose. Mais la Suisse m’a aussi manqué pour ses enseignes introuvables en France.» Mais il n’y a pas que les fumeurs. Isabelle, qui vient de remettre les pieds en Suisse, se réjouit: «J’ai apprécié l’accalmie du trafic, mais c’est bien que la vie reprenne.»