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Deux matches internationaux ratésLa Suisse voulait jouer à Genève

Suisse-Croatie et Suisse-Espagne auraient pu ou dû avoir lieu à Genève, ce ne sera pas le cas. La pelouse en question.

La Suisse de Lichtsteiner s’était finalement imposé contre l’Irlande à la Praille, le 15 octobre 2019, mais sur une pelouse boueuse et indigne d’une rencontre internationale.
La Suisse de Lichtsteiner s’était finalement imposé contre l’Irlande à la Praille, le 15 octobre 2019, mais sur une pelouse boueuse et indigne d’une rencontre internationale.
KEYSTONE

Le match amical Suisse-Croatie du 7 octobre aurait pu, aurait dû se disputer au Stade de Genève. Il a été attribué il y a quelques jours au Kybunpark de Saint-Gall. Selon nos informations, c’est la Fondation du Stade de Genève (FSG) qui a jeté l’éponge, de peur de voir sa pelouse en mauvais état à l’automne. Le Suisse-Espagne de la Ligue des nations du 14 novembre était pareillement possible à Genève. Il se dit là aussi qu’il ne pourra pas avoir lieu à la Praille, toujours en raison de la pelouse.

Deux matches internationaux de la sélection nationale qui passent sous le nez de Genève et de la Suisse romande, cela fait tache dans le paysage. Les raisons du refus de la Fondation du Stade de Genève pour Suisse-Croatie s’ancrent dans le passé, avec le souvenir affreux du Suisse - Irlande du 15 octobre 2019.

La pelouse, gorgée d’eau, attaquée par un champignon et infestée d’une matière organique, dont le 10% seulement avait pu être enlevé, était indigne d’un match qualificatif pour l’Euro 2020. La Suisse avait heureusement gagné, mais l’image laissée par un gazon devenu bourbier hante encore les responsables de la FSG. C’est ce cauchemar potentiel qui les a refroidis, selon ce qui se dit, les conduisant à refuser Suisse-Croatie.

Un gazon malade

Parce que si la pelouse genevoise semble superbe actuellement – elle l’est d’ailleurs –, elle demeure à la merci des conditions. De la pluie, la matière organique qui est toujours là, le champignon tapi prêt à ressortir: un vrai musée des horreurs guette, malgré la bonne volonté de la FSG.

Pour le Suisse-Espagne de la Ligue des nations, prévu au mois de novembre, les craintes étaient donc les mêmes. L’ASF les partage, elle a demandé à son responsable de la qualité des pelouses, Pierre-Yves Bovigny, s’il pouvait garantir une pelouse en parfait état pour ce match.

Sa réponse: «Je n’ai pas pu garantir une pelouse parfaite, explique-t-il. Le traumatisme de Suisse-Irlande est encore présent et je pense que les mêmes causes pourraient produire les mêmes effets.» Il faut même se demander si la FSG elle-même, en cas de demande maintenue de l’ASF de disputer le Suisse-Espagne à Genève, aurait dit oui, après avoir refusé Suisse-Croatie. On peut penser que non.

Malheureux pour le Stade de Genève et la Suisse romande. On parle beaucoup d’un terrain 100% synthétique qui pourrait être posé l’été prochain à la Praille Une volonté politique qui exclurait la venue de l’équipe de Suisse, alors que la volonté sportive est pourtant bien présente à l’ASF, en dépit de ces deux écueils.

«Je n’ai pas pu garantir une pelouse parfaite. Les mêmes causes pourraient produire les mêmes effets que pour Suisse-Irlande»

Pierre-Yves Bovigny, responsable de la qualité des pelouses à l’ASF