Passer au contenu principal

Votations fédéralesRevivez le direct sur les votations fédérales du 7 mars

Les Suisses rejettent la loi sur l'e-ID, mais acceptent l'initiative «anti-burqa» et l'accord avec l'Indonésie. Notre suivi en direct.

LIVE TICKER

Fin du direct sur les votations fédérales du 7 mars

Le direct consacré aux votations de ce 7 mars arrive à sa fin. Nous vous remercions de l'avoir suivi et vous invitons à suivre les synthèses ainsi que l'ensemble des analyses et commentaires sur nos sites et dans les colonnes de nos différents journaux.

Fin de la Conférence de presse du Conseil fédéral sur les votations de ce jour

La Conférence de presse du Conseil fédéral sur les votations s'est achevée.

La Confédération tiendra compte des règles de durabilité dans l'accord avec l'Indonésie

Le Conseil fédéral tiendra compte des avis attachés au respect de l'environnement dans la mise en oeuvre de l'accord avec nos partenaires de l'Indonésie, déclare Guy Parmelin.

Ce vote a un côté historique, affirme le président de la Confédération. Pour la première fois des règles de durabilité sont intrinsèquement liées à un accord de partenariat économique de la Confédération, souligne Guy Parmelin.

Le président de la Confédération s'exprime sur l'accord avec l'Indonésie

Je vois dans les résultats de cette votation un soutien du peuple à notre politique. Par cet accord, nous obtenons la garantie que nos entreprises pourront concurrencer leurs homologues des autres pays, explique Guy Parmelin.

KEYSTONE
Une journaliste demande si le rejet de l'e-ID est lié à la pandémie

Difficile de répondre avec un avis tranché. Je ne veux pas faire de spéculations. Mais avec la crise du Covid-19, il n'était pas aisé d'aller au contact de la population, dit la ministre de la Justice.

Sur six votations que j'ai connues au Conseil fédéral, c'est la première à se dérouler hors-sol, explique Karin-Keller Sutter.

La solution de l'e-ID n'a pas emporté l'adhésion populaire

Avec l'e-ID, le Conseil fédéral voulait créer une solution sûre concernant l'identification numérique, mais la solution n'a pas emporté l'adhésion populaire, reconnaît la conseillère fédérale.

Les Suisses ont rejeté dimanche à 64,36% le projet de loi par lequel Berne voulait instituer une identité électronique unique, certifiée par l’État.

La conseillère fédérale Karin-Keller Sutter prend la parole

Karin-Keller Sutter rappelle que seules quelques dizaines de femmes portent le voile en Suisse. Il y a aussi des musulmans hommes et femmes qui se sont également engagés vers une interdiction du voile, déclare la ministre de la Justice.

KEYSTONE

Les Suisses ont accepté dimanche par 51,2% l’initiative populaire du comité d’Egerkingen interdisant le voile intégral en Suisse.

Le Conseil fédéral s'exprime sur les votations à 18h30

Le Conseil fédéral tiendra une conférence de presse ce dimanche à 18h30 sur les votations fédérales. La ministre de la Justice Karin-Keller Sutter et le ministre de l’Économie Guy Parmelin seront présents.

KEYSTONE
Oui à 51% au partenariat économique avec l’Indonésie

La quasi-totalité des produits helvétiques pourra être exportée vers l’Indonésie sans entraves douanières. Les Suisses ont accepté dimanche à 51,66% l’accord de partenariat économique avec Jakarta, malgré l’opposition de cinq cantons romands et Bâle-Ville.

Environ 1,408 million de Suisses ont glissé un «oui» dans l’urne contre quelque 1,317 million de «non» au traité conclu par l’Association européenne de libre-échange (AELE) en 2018. Le Valais est l’unique canton francophone à l’accepter, à 51,8%.

Nidwald et Zoug, avec plus de 60%, se sont montrés les plus grands partisans de l’accord. Le canton de Berne l’approuve à hauteur de 51,7%, mais le Jura bernois dit «non» à 61,7%. A Zurich, le «oui» l’emporte à 58,2%. Il obtient 56% à St-Gall et Lucerne, et 55% en Argovie. L’objet l’emporte de justesse au Tessin (50,8%).

Les Vaudois se sont révélés les plus farouches adversaires du texte. Ils le rejettent par 65,8% des voix, suivis des Jurassiens (64,7%), des Neuchâtelois (60,5%), des Genevois (59,7%) et des Fribourgeois (53,7%). Outre-Sarine, faisant cavalier seul, Bâle-Ville refuse l’accord à 51,2%. Défendu par le Conseil fédéral, l’accord était soutenu par une large coalition des partis de droite et du centre, ainsi que les milieux économiques. Les Verts et le PS s’y étaient opposés.

Le projet d’identité électronique ne convainc pas le peuple

Une identité électronique unique, certifiée par l’Etat, ne verra pas encore le jour. Les Suisses ont rejeté dimanche à 64,36% le projet de loi.

Aucun canton n’a soutenu le texte. La ministre de la justice Karin Keller-Sutter essuie ainsi un premier échec cinglant dans les urnes.

Bâle-Ville (70,69%) a compté le plus d’opposants. Vaud (70,05%), Genève (69,40%) et Neuchâtel (68,55%) lui emboîtent le pas. Schaffhouse, qui dispose pourtant de sa propre e-ID, est également dans le peloton de tête avec 68,45% de refus.

Les autres cantons romands rejettent aussi très largement le projet. Le Jura dit «non» à 66,65%, Fribourg à 62,19% et le Valais à 59,98%. A Berne, les opposants ont récolté 66,76% des voix. Le Tessin (55,81%) enregistre quant à lui le refus le plus faible.

Au final, plus de 1,7 million d’électeurs ont balayé le texte. Et quelque 980’000 ont glissé un bulletin favorable dans l'urne.

L’initiative anti-burqa est acceptée par 51,2% des Suisses

Le voile intégral est désormais aussi interdit dans notre pays. Les Suisses ont accepté dimanche par 51,2% l’initiative populaire du comité d’Egerkingen. Ce dernier avait déjà enregistré un premier succès avec les minarets en 2009.

L’acceptation de l’initiative n’est pas une véritable surprise. Dès le début de la campagne, le texte a cartonné dans les sondages avant de reculer tout en restant en tête. En Suisse romande, tous les cantons à l’exception de Genève ont accepté le texte.

Le Jura avec 60,7% de oui détient la palme à l’échelle suisse. Suivent le Valais (58,3%), Fribourg (55,9%), Neuchâtel (52,0%) et Vaud (50,9%). Seul le canton de Genève a dit non par 51,3%.

Outre-Sarine, les cantons ont aussi clairement accepté l’initiative: Argovie l’a approuvée par 53,6%, Soleure par 52,6%, Lucerne à la raclette par 50,5%. En Suisse centrale, le taux d’acceptation se situe entre 55 et 60%.

KEYSTONE

Le Tessin, qui connaît déjà une législation interdisant le voile intégral a plébiscité le projet à 60,5%. St-Gall, dans le même cas de figure, l’a aussi adopté, mais dans un enthousiasme plus mesuré par 53,1%.

Le Conseil fédéral s'exprime sur les votations à 18h30

Le Conseil fédéral tiendra une conférence de presse ce dimanche à 18h30 sur les votations fédérales. La ministre de la justice Karin-Keller Sutter et le ministre de l’économie Guy Parmelin seront présents.

Rejet de l'e-ID: partisans et opposants veulent une nouvelle solution rapide

Partisans et adversaires de la loi sur l’identité électronique (e-ID), rejetée par le peuple, s’accordent sur la nécessité d’une nouvelle solution rapide et viable, qui inspire confiance à la population. La manière de procéder reste cependant ouverte.

Amnesty dénonce une nouvelle discrimination des musulmans

Avec l’acceptation de l’initiative anti-burqa, la section suisse d’Amnesty International (AI) dénonce une nouvelle initiative «qui discrimine une communauté religieuse en particulier». A ses yeux, ce texte alimente inutilement la division et les craintes.

L’interdiction du voile intégral n’est pas une mesure visant la libération des femmes. Il s’agit au contraire d’une dangereuse politique symbolique qui viole la liberté d’expression et de religion, critique Cyrielle Huguenot, responsable des droits des femmes à AI Suisse, citée dans un communiqué.

L’ONG demande aux élus politiques et au gouvernement de «soutenir sans équivoque les droits fondamentaux des minorités religieuses du pays et de s’engager pour une cohabitation pacifique». Elle exige notamment des mesures pour garantir que l’interdiction du voile intégral ne marginalise pas les femmes concernées et ne les exclue pas de l’espace public.

AI appelle également les autorités à renforcer les mesures visant à protéger les femmes qui subissent réellement des violences et des discriminations en Suisse, quelles que soient leur religion et leur origine, affirme AI.

En Europe, les interdictions du voile intégral divergent selon les pays

Interdiction du voile intégral

La France a été le premier pays européen à interdire le voile intégral dans l’espace public, avec une loi de 2010. Validée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) en 2014, la loi prévoit en cas d’infraction jusqu’à 150 euros d’amende (170 francs environ).

En Autriche, une interdiction de toute dissimulation du visage dans l’espace public, visant le voile islamique intégral, est entrée en vigueur le 1er octobre 2017. Les infractions sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 150 euros (170 francs environ).

En Belgique, le voile intégral est banni en public depuis 2011. Les contrevenantes sont passibles d’une condamnation allant jusqu’à 7 jours de prison et/ou d’une amende de 15 à 25 euros. La Cour européenne des droits de l’homme a validé cette interdiction en juillet 2017.

En Bulgarie, une loi adoptée en 2016 «interdit le port sur les lieux publics de vêtements dissimulant partiellement ou complètement le visage», sauf pour raisons de santé ou professionnelles. Les sanctions prévues sont une amende de 200 leva (110 francs environ) pour une première infraction, et de 1500 leva (850 francs environ) pour chaque infraction suivante.

Au Danemark: une loi bannissant le port du voile intégral dans l’espace public est entrée en vigueur en août 2018. Toute infraction est sanctionnée d’une amende de 1000 couronnes danoises (145 francs environ) qui peut être portée à 10'000 couronnes en cas de récidive (1450 francs environ).

Partiellement interdit

En Allemagne, depuis 2017, le port du voile intégral est interdit pour les fonctionnaires et les militaires qui doivent avoir le visage totalement découvert dans le cadre de leurs fonctions. Le voile intégral n’est en revanche pas interdit dans l’espace public mais la loi oblige les personnes dont le visage est dissimulé à se découvrir en cas de vérification d’identité. Dans le domaine de l’enseignement, certains Länder ont interdit le port du voile intégral pour les élèves de l’enseignement public.

Aux Pays-Bas, depuis août 2019, la loi interdit le port du voile intégral dans les établissements d’enseignement, les institutions et les bâtiments publics, dans les hôpitaux et dans les transports en commun, sous peine d’une amende de 150 euros (170 francs environ). Il reste toutefois autorisé dans la rue.

La Norvège interdit le port du voile intégral depuis le 1er août 2018 dans tous les établissements éducatifs, publics et privés du royaume, y compris dans l’enseignement supérieur. Cette interdiction vaut aussi pour les employés dans les crèches.

Italie: Deux régions italiennes, la Lombardie et la Vénétie, prohibent le voile intégral dans les hôpitaux et les bâtiments publics.

Potentiellement interdit

Suède: les établissements scolaires peuvent depuis 2003 interdire le voile intégral s’il nuit à la communication entre élève et enseignant, s’il est dangereux (dans un laboratoire, un cours de sport) ou s’il contrevient aux règles d’hygiène. Partout ailleurs, il est autorisé.

Le oui à l’initiative «anti-burqa» est un signal clair contre l’islam radical

Pour le président de l’UDC Suisse Marco Chiesa, le oui de dimanche à l’initiative anti-burqa constitue un signal clair contre l’islam radical, contre les casseurs masqués et pour une cohabitation pacifique en Suisse.

Plusieurs cantons et d’autres pays ont déjà adopté des mesures similaires, a déclaré le conseiller aux Etats tessinois sur Blick TV. Et même la Cour européenne des droits de l’homme a jugé acceptable l’interdiction de se dissimuler le visage. «Les Jeunes Verts peuvent économiser leur argent en renonçant à se rendre à Strasbourg», a-t-il affirmé.

KEYSTONE

Pour Marco Chiesa, l’islam radical est assurément un problème en Suisse. C’est ce que montrent également les conclusions du Service de renseignement de la Confédération. Une centaine de sympathisants du groupe Etat islamique (EI) sont partis de Suisse en Syrie. Le danger des prédicateurs de haine dans les mosquées est donc bien réel, conclut le président de l’UDC Suisse.

Le tourisme regrette la perte des hôtes aisées venant des pays du Golfe

La Fédération suisse du tourisme (FST) regrette l’acceptation de l’initiative anti-burqa. Le secteur, qui souffre déjà beaucoup de la pandémie de coronavirus, ne peut pas se permettre de complications supplémentaires, a déclaré la directrice de la FST, Barbara Gisi.

La Suisse, pays ouvert, a accueilli avec plaisir des touristes entièrement voilées. Ces hôtes aisées venant des pays du Golfe sont désormais perdues, a déploré Mme Gisi, interrogée par Keystone-ATS.

KEYSTONE

La FST va maintenant essayer, par des actions de sensibilisation, d’accueillir le plus possible de touristes socialement plus progressistes en provenance de ces Etats.

Selon Barbara Gisi, l’exemple du Tessin montre que l’interdiction de la burqa a un impact sur le tourisme. Depuis le vote de 2016, le canton a perdu 30% de visiteurs des pays du Golfe. La directrice de la FST estime que l’interdiction a été le facteur décisif.

Oui à l’initiative «anti-burqa»: «Pour le vivre-ensemble, ce n’est pas un excellent signal»

Membre du comité des femmes contre l’initiative anti-burqa, la secrétaire générale du PLR Suisse Fanny Noghero est déçue par le oui de dimanche. «Cette initiative n’est en aucun cas une initiative qui défend et protège les femmes», a-t-elle déclaré à Keystone-ATS.

«Les femmes qui portent volontairement la burqa devraient avoir le droit de le faire», a-t-elle ajouté. Et d’avancer que celles qui le portent de manière contrainte vont se retrouver encore plus isolées.

Fanny Noghero
Fanny Noghero
Capture d'écran Facebook

Fanny Noghero estime que ce vote ne donne pas une image «très heureuse» de la Suisse. «On inscrit dans la Constitution un texte qui concerne une vingtaine de personnes. Pour le vivre-ensemble, ce n’est pas un excellent signal non plus.»

Mais la responsable libérale-radicale est opposée à l’idée d’aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, comme menacent les Jeunes Verts. «Quand le peuple se prononce, on ne va pas contre une décision du peuple.»

Initiative «anti-burqa»: un oui «de bon sens» en faveur des femmes

L’acceptation de l’initiative anti-burqa est un vote de bon sens, se félicite le comité d’initiative. Il donne «un signal clair» en faveur de la liberté religieuse tout en disant non à une «idéologie politique» qui minorise les femmes.

Le clivage partisan habituel n’a pas eu la même force. Les Suisses ont voté «en leur âme et conscience et ont souhaité confirmer le modèle démocratique basé sur les valeurs judéo-chrétiennes (...) qui a fait notre succès depuis 700 ans en Suisse», a déclaré à Keystone-ATS Yohan Ziehli, membre du comité d’initiative et assistant de recherche de l’UDC Suisse.

KEYSTONE

Selon lui, les initiants ne cherchaient pas à porter le débat sur «pour ou contre l’islam». L’initiative s’attaque à une idéologie politique moyenâgeuse, «qui souhaite atteindre les droits des femmes, qui ne les considère pas comme des sujets de droit, mais comme des objets du désir masculin qu’il s’agit de cacher».

Cinquante ans après l’acceptation du droit de vote des femmes, ce projet est «logique» et «c’est une évidence pour tout un chacun», ajoute Yohan Ziehli.

«Si nécessaire, nous irons jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme»

L’interdiction du voile intégral est «une grande déception pour les musulmans qui sont nés et ont grandi en Suisse», estime le Conseil central islamique suisse (CCIS). A ses yeux, les initiants sont parvenus à ancrer l’islamophobie dans la Constitution fédérale.

C’est au Conseil fédéral de prendre les mesures visant à protéger les musulmans des discriminations, a déclaré la secrétaire générale du CCIS, Ferah Ulucay, à Keystone-ATS.

Ferah Ulucay, secrétaire générale du Conseil central islamique suisse
Ferah Ulucay, secrétaire générale du Conseil central islamique suisse
KEYSTONE

Selon elle, l’initiative ne servira à rien. Aucune amende n’a jusqu’ici été imposée dans le canton de St-Gall, huit ans après le vote sur l’interdiction de la burqa. Les initiants ont joué avec les peurs de la population. Ils ont dressé des scénarios «comme si on était à Kaboul ou en Iran», critique Ferah Ulucay.

Le CCIS se tiendra aux côtés des porteuses de niqab. «Nous les soutiendrons et nous paierons les amendes tant que nous aurons les ressources pour le faire. Si nécessaire, nous irons jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg», avertit-elle.

43 commentaires
    Gaetan

    La conseillère nationale Marianne Maret (Centre/VS) est ridicule. Il n'y a des dizaines de femmes voilées rien qu'à Lausanne et à proximité, Il faut arrêter cette crédulité avec des personnes qui n'attendaient que le oui au port du voile intégrale pour le porter ou le faire porter à la gente féminine proche. Si ces personnes ne veulent pas s'intégrer, elles n'ont rien à faire dans un autre pays que celui dont elles viennent. Sans compter le mal que se donnent les femmes pour obtenir de pouvoir ne pas en porter dans les pays o?u c'est obligatoire. Ne pas tenir compte des cris d'alarmes des femmes maltraitées, c'est inadmissible. Les gens ont tendance à croire que ce qui est vrai dans leur pays est vrai dans les autres. Avant de voter à l'encontre de la liberté des femmes, ceux qui ont voté non à l'interdiction du voile intégral devrait voyager et aller voir ce qui se passe dans ces pays radicaux de plus en plus nombreux.