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EspaceLa sonde «Hope» des Émirats s’approche de Mars

Sept mois après son décollage du Japon, l’engin spatial «Al-Amal» devrait entrer mardi en orbite autour de Mars. Cette première mission interplanétaire arabe a pour but de fournir une image complète de la dynamique de la température dans l’atmosphère de la planète rouge.

Le décollage de «Hope» avait eu lieu en juillet depuis le centre spatial de Tanegashima, dans le sud-ouest du Japon.
Le décollage de «Hope» avait eu lieu en juillet depuis le centre spatial de Tanegashima, dans le sud-ouest du Japon.
AFP/MITSUBISHI HEAVY INDUSTRIES

La sonde de la première mission interplanétaire arabe devrait entrer mardi en orbite autour de Mars, dans ce qui est considéré comme la partie la plus critique d’un voyage destiné à percer les secrets du temps sur la planète rouge.

«Al-Amal» («Espoir» en français et «Hope» en anglais), est menée par les Émirats arabes unis. Elle devrait fournir une image complète de la dynamique de la température dans l’atmosphère de la planète rouge. Le décollage de cet engin spatial non habité a eu lieu en juillet depuis le centre spatial de Tanegashima (sud-ouest du Japon), après deux reports en raison du mauvais temps.

Les ambitions spatiales de ce pays du Golfe riche en pétrole sont perçues comme une réminiscence de l’âge d’or des grandes réalisations culturelles et scientifiques du Moyen-Orient. En voici quelques éléments de compréhension.

Multitude de projets

L’État fédéré composé de sept émirats, parmi lesquels la capitale Abou Dhabi et le clinquant Dubaï, dispose de neuf satellites en état de marche en orbite et prévoit d’en lancer huit autres dans les années à venir. En septembre 2019, Hazza al-Mansouri fut le premier Émirati à être envoyé dans l’espace, à bord d’une fusée Soyouz, et le premier citoyen arabe à séjourner dans la Station spatiale internationale.

Les ambitions du pays vont encore plus loin puisqu’il projette de construire une colonie humaine sur Mars d’ici 2117. Entre-temps, il prévoit de créer une «cité scientifique» dans le désert en périphérie de Dubaï, afin de simuler les conditions martiennes et de développer la technologie nécessaire pour coloniser la planète.

Les Émirats envisagent également des projets miniers et de tourisme spatial. Ils ont signé un protocole d’accord avec Virgin Galactic, la société de tourisme spatial du milliardaire britannique Richard Branson.

Le voyage de «l’espoir»

«Al-Amal», la sonde de 1’350 kg, de la taille d’un 4x4, aura mis sept mois pour parcourir les 493 millions de kilomètres jusqu’à Mars, à temps pour marquer le 50e anniversaire de l’unification des sept émirats. La sonde restera en orbite pendant toute une année martienne, soit 687 jours.

Cette mission doit étudier l’atmosphère de Mars pour «fournir une première compréhension complète» de ses variations climatiques sur une année entière, avait indiqué Sarah al-Amiri à l’époque du lancement, lorsqu’elle était cheffe adjointe du projet. Elle est actuellement ministre des Technologies avancées des Émirats et présidente de l’agence spatiale du pays.

Inspirer la jeunesse

Trois instruments fixés sur «Hope» fourniront une image complète de l’atmosphère de Mars tout au long de l’année martienne. Un spectromètre infrarouge mesurera la basse atmosphère et analysera la structure de la température, un imageur haute résolution fournira des informations sur les niveaux d’ozone et un spectromètre ultraviolet mesurera les niveaux d’oxygène et d’hydrogène à une distance pouvant atteindre 43’000 kilomètres de la surface.

La compréhension des atmosphères d’autres planètes doit permettre de mieux comprendre le climat de la Terre, affirment les responsables de la mission spatiale.

Dans une région secouée par les conflits et plombée par des difficultés économiques, le projet est aussi considéré comme un moyen d’inspirer toute une génération et lui rappeler l’apogée des avancées scientifiques du Moyen Âge. «Les Émirats voulaient envoyer un message fort à la jeunesse arabe et lui rappeler le passé, que nous étions autrefois des générateurs de savoir», explique Omran Charaf, le responsable du projet de la mission.

AFP

4 commentaires
    Léo Carpintero

    Ce qui est beau c'est que contrairement au européen ou américain il y a une majorité de femmes scientifiques dans ce pays, contrairement au idées reçues. Par contre je ne comprends pas l'obsession de créer des colonies sur une planète ou il fait -80° et où on ne peut pas respirer. Y aller, faire des prélèvements et des expériences pourquoi pas mais pourquoi y vivre ??