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Reprise du ski alpinLa saison démarre à Sölden, sans son grain de folie

Privée de spectateurs et de sa foire aux marques de skis, la station autrichienne va lancer la Coupe du monde loin de l’euphorie habituelle.

Le glacier du Rettenbach à Sölden sera privé de spectateurs cette année.
Le glacier du Rettenbach à Sölden sera privé de spectateurs cette année.
KEYSTONE

Des flocons de neige ont déposé un duvet blanc vendredi sur la station de Sölden. Comme pour lui rappeler qu’elle s’apprête à célébrer l’ouverture de la Coupe du monde de ski ce week-end. Les traditionnels géants inauguraux - qui, il faut l’avouer, arrivent déjà bien tôt - ont été avancés d’une semaine. Le glacier du Rettenbach a été ainsi privatisé pour les stars du ski. Mission: éviter les touristes et les spectateurs.

Depuis vingt ans, Sölden est pourtant la Mecque des mordus de ski et surtout d’après-ski. Ici, c’est l’heure de gloire des fans-clubs, qui paradent dans les rues de la station tyrolienne. Mais cette année, pas de fans américains de Ted Ligety coiffés de leurs chapeaux de cow-boy ou d’Autrichiens déguisés en vache. Ni de Guggenmusik ou de sonneurs de cloches à faire se lever Ötzi, la momie retrouvée dans les montagnes de la région en 1991. Les rues de Sölden sont désertes et les sommets enneigés sont le seul indice qu’une Coupe du monde se prépare en coulisses.

Cette année, l’étape d’ouverture va servir de véritable test à la FIS pour la suite de la saison et le huis clos est l’une des mesures prises pour minimiser les risques. La crise sanitaire a déjà gâché la fin de l’hiver passé (13 derniers départs annulés) et tous les acteurs du circuit prient pour que les Mondiaux de Cortina en février prochain aient lieu.

«Nous avons une mission: nous devons faire des courses. Notre survie en dépend», a résumé cette semaine à la télévision autrichienne Markus Waldner, directeur des courses messieurs à la FIS. La «bulle» du ski alpin est divisée en quatre groupes: les équipes, les officiels, les invités (200 VIP) et les médias. Le calendrier a aussi été retouché afin d’éviter au maximum le mélange de style (technique et vitesse) et de genre (dames et messieurs). On a rayé de la carte la tournée nord-américaine et raccroché les combinés.

«Une victoire à Sölden amène des répercussions directes sur les ventes de skis d’une marque»

Stéphane Mougin, directeur du service course chez Rossignol

Mais les «stars» Wengen et Kitzbühel (qui peuvent conserver vitesse et technique) et Sölden (messieurs et dames) font figure dexception. Car l’étape de Sölden, c’est la foire du ski alpin où les grandes marques ont leurs cérémonies avec petits-fours pour montrer leurs nouvelles lattes. «Une victoire à Sölden amène des répercussions directes sur les ventes de skis d’une marque, bien plus qu’une course en milieu de saison, confie Stéphane Mougin, directeur du service course chez Rossignol. C’est primordial que Sölden puisse avoir lieu car le public n’a pas encore forcément fait son marché.» Pas de shows en coulisses cette année mais l’essentiel est préservé pour l’industrie du ski avec la diffusion télévisée des courses. Reste aux artistes du cirque blanc à briller sur la piste.