La RTS critiquée pour son manque de neutralité
Des réclamations ont été adressées à la médiatrice de la RTSR en lien avec l'initiative. Une émission a dû être retirée du site Internet.

C'était le 1er février, dans l'émission humoristique Complètement d'enquête de Couleur 3. À la fin d'un reportage bidon dans un château, l'aristocrate habitant les lieux déclare: «En partant, n'oubliez pas de régler la visite. Parce que, même si vous n'avez pas tout visité, perso je n'écoute jamais votre émission, mais par principe, je paie ma redevance.» Une allusion claire à la votation du 4 mars prochain sur l'initiative «No Billag», qui exige la suppression de la redevance radio-TV, laquelle nourrit Couleur 3.
«Prosélytisme»
Pour Philippe, qui écoutait la radio à ce moment-là, cette pique a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. «Sidéré par le prosélytisme de Couleur 3», l'auditeur a déposé le jour même une réclamation auprès de l'organe de médiation de la RTSR, qui assure un mandat indépendant (la procédure est pendante, c'est pourquoi son prénom a été changé). Pour l'entrepreneur, c'est clair, l'institution n'est pas neutre dans cette campagne. «Les collaborateurs de la RTS bénéficient d'une tribune ouverte permanente et ils en profitent pour multiplier les sous-entendus», s'agace-t-il. Son avis est partagé par d'autres. L'émission musicale De l'espace du 19 janvier sur Espace 2 a été retirée du site de la RTS suite à une plainte similaire. «L'émission est sortie de son mandat éditorial et a manqué au devoir de réserve qui doit être appliqué durant une campagne politique», confirme la porte-parole de la RTS, Barbara Stutz.
Critiques récurrentes
Ce n'est de loin pas la première fois que les employés de la RTS sont critiqués pour leur manque d'impartialité par rapport à «No Billag». Pourtant, ils sont censés modérer leurs ardeurs. À l'antenne, les journalistes de l'actualité sont tenus à un strict devoir de réserve. Les animateurs des autres programmes, quant à eux, ne doivent pas donner de consigne de vote à l'antenne, dans la presse ou sur les réseaux sociaux, selon une directive interne que nous nous sommes procuré. «Nous rappelons régulièrement aux rédactions d'observer une retenue particulière», indique Barbara Stutz.
Depuis la fin de l'année dernière, la médiatrice de la RTSR, Raymonde Richter, a reçu au total cinq réclamations en lien avec «No Billag», rapporte-t-elle. La situation est plus tendue outre-Sarine. Le présentateur de l'émission politique Arena de la SRF a été menacé de mort suite à sa supposée partialité lors d'un débat consacré à l'initiative et le médiateur alémanique a été inondé de plaintes.
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