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SuisseLa reprise de l’économie se poursuit, selon Credit Suisse

Le taux de chômage devrait augmenter dans les mois à venir et atteindre près de 4,0% mi-2021. Le coronavirus continuera longtemps à peser sur l’économie mondiale, prévient Credit Suisse.

Les économistes de Credit Suisse confirment leurs projections «relativement optimistes» d’un recul de 4,0% du PIB national en 2020. Les prévisionnistes préviennent toutefois que «la suite de la reprise devrait se montrer plutôt hésitante» (archives).
Les économistes de Credit Suisse confirment leurs projections «relativement optimistes» d’un recul de 4,0% du PIB national en 2020. Les prévisionnistes préviennent toutefois que «la suite de la reprise devrait se montrer plutôt hésitante» (archives).
KEYSTONE/URS FLUEELER

Après l’effondrement sans précédent du premier semestre, l’économie suisse connaît actuellement une reprise rapide. Un retour du produit intérieur brut (PIB) au niveau de fin 2019 n’est toutefois pas attendu avant fin 2021, estiment les économistes de Credit Suisse. Malgré la reprise économique en cours, l’immigration ralentit, constatent-ils.

À l’occasion de la publication mercredi du «Moniteur Suisse» pour le troisième trimestre, les experts de la banque aux deux voiles ont confirmé leurs projections «relativement optimistes» de recul de 4,0% du PIB national pour l’exercice en cours, mais préviennent que «la suite de la reprise devrait se montrer plutôt hésitante». Credit Suisse table sur un scénario en «V incliné».

Hausse du chômage en vue

Le numéro deux bancaire helvétique estime en outre qu’en raison de la faible dynamique de croissance, l’immigration nette devrait reculer l’année prochaine à son niveau le plus bas depuis l’introduction de la libre circulation des personnes en juin 2007. La récession et l’augmentation du taux de chômage seront les principaux responsables de cette situation.

«Nous avons eu en début d’année un nombre d’arrivées qui était assez important, supérieur aux valeurs de l’année précédente», a souligné l’économiste Maxime Botteron lors d’une conférence de presse à Lausanne. En mars, une stagnation a été constatée, avant une baisse massive en avril et mai.

Les statistiques de juin-juillet s’affichent encore en recul, mais tendent vers une normalisation. Des secteurs comme la santé, la médecine, l’agriculture ou les services ménagers ont absorbé la main-d’oeuvre arrivée de l’étranger au plus fort de la crise.

Émigration freinée

Les fermetures des frontières, qui empêchent temporairement les départs de la Suisse, évitent pour l’instant un impact trop important sur le solde migratoire. À terme, ce dernier ne pourra plus compenser la demande sur le marché de l’emploi, dopée par l’arrivée à la retraite des baby-boomers. Ce manque devrait perdurer entre 2021 et 2035, selon les calculs de Credit Suisse.

Dans le cadre de sa publication trimestrielle, Credit Suisse a mis un accent particulier sur le thème de l’immigration. Pour Maxime Botteron, il n’y a aucun lien direct entre ce choix et l’initiative de limitation soumise au vote le 27 septembre.

L’économiste affirme que si le texte de l’UDC venait à être accepté, la Suisse passerait à une gestion «bureaucratique» de l’immigration, alors que l’approche actuelle est «libérale». «Structurellement, cela ne changerait rien aux besoins de main-d’oeuvre supplémentaire pour l’économie suisse», considère-t-il.

Prévisions pour le chômage

En dépit des mesures de chômage partiel qui ont permis de limiter les dégâts, le taux de sans-emploi devrait augmenter dans les mois à venir. «Pendant le confinement, 25% des actifs occupés étaient soumis au régime de réduction d’horaires de travail», a rappelé Maxime Botteron.

Concrètement, Credit Suisse table sur une hausse du chômage à 4,0% mi-2021 contre 3,3% actuellement. «On peut anticiper qu’une telle hausse freinera la croissance de la consommation, sans toutefois l’étouffer», estiment les auteurs de l’étude.

Selon eux, la reprise sera freinée «par un coronavirus qui continuera encore longtemps à peser sur l’économie mondiale». S’ils n’attendent pas un nouveau confinement généralisé, les économistes de la grande banque estiment cependant que des restrictions de mobilité temporaires et localisées continueront de peser sur la conjoncture.

ATS/NXP