Passer au contenu principal

Réunion virtuelle de l’ONULa reconnexion américaine au Conseil des droits de l’homme

La nouvelle administration des États-Unis a annoncé une reconnexion avec le Conseil des droits de l’homme après le retrait du gouvernement Trump en 2018. Le secrétaire d’État Antony Blinken s’exprimera lors de la réunion d’un mois qui s’ouvrira lundi à Genève.

Outre Antony Blinken, les autres chefs de la diplomatie des membres permanents du Conseil de sécurité sont attendus à la réunion du Conseil des droits de l’homme.
Outre Antony Blinken, les autres chefs de la diplomatie des membres permanents du Conseil de sécurité sont attendus à la réunion du Conseil des droits de l’homme.
Keystone

La reconnexion américaine – pour le moment comme observateur – au Conseil des droits de l’homme sera au centre de la réunion qui s’ouvre lundi pour un mois à Genève. Le secrétaire d’État Antony Blinken s’exprimera mercredi devant une instance qui sera plus politisée.

Désormais, les cinq puissances permanentes du Conseil de sécurité de l’ONU s’engageront à nouveau avec le Conseil des droits de l’homme. Comme membres pour la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne et comme observateurs pour les États-Unis dont la nouvelle administration a annoncé une reconnexion après le retrait en 2018 sous celle de Donald Trump.

Washington avait alors voulu protester contre une instance qui peinait selon elle à lutter contre les violations dans certains pays et qui ciblait systématiquement Israël. Mais il y a quelques jours, Antony Blinken a estimé que ce désengagement américain avait laissé la place aux régimes autoritaires pour manoeuvrer au sein du Conseil.

Symbole de la reconnexion

Symbole de cette reconnexion, il doit s’exprimer mercredi devant l’instance onusienne, situation plus observée depuis plusieurs années. Outre Antony Blinken, les autres chefs de la diplomatie des membres permanents du Conseil de sécurité sont attendus, leur participation étant facilitée par le format en ligne.

«Le Conseil des droits de l’homme devient plus politique qu’avant», fait remarquer un diplomate européen. Et la situation internationale est davantage polarisée. «Nous ne pouvons avoir 47 membres qui pensent de manière semblable», a affirmé de son côté à la presse la présidente du Conseil, l’ambassadrice des Fidji Nazhat Shameem Khan. Aucun pays n’est exempt de problèmes en termes de droits de l’homme, selon elle.

Cassis prévu

«Il faut s’attendre à des discussions animées», a dit à Keystone-ATS l’ambassadeur suisse auprès de l’ONU à Genève Jürg Lauber. «Les rapports entre grandes puissances se reflètent dans une certaine mesure dans les travaux du Conseil».

Mais comme d’autres diplomates, M. Lauber estime leur présence «positive». Celle-ci montre l’importance de l’instance onusienne, contrairement aux critiques, et des droits de l’homme, ajoute-t-il également.

Preuve supplémentaire en est, pas moins de dix chefs d’État et de gouvernement, dont le président vénézuélien Nicolas Maduro, doivent s’exprimer lundi matin au début du segment de haut niveau, un record. Côté suisse, le conseiller fédéral Ignazio Cassis ouvrira la réunion avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Sri Lanka ciblé

Parmi les situations qui seront abordées, le Sri Lanka devrait donner lieu à des discussions importantes. Après un rapport accablant de la Haute commissaire aux droits de l’homme Michelle Bachelet sur les obstacles à la lutte contre l’impunité dont fait preuve le nouveau gouvernement, les appels à une surveillance «plus robuste» de ce pays se sont multipliés.

Mais pas certain que le Conseil approuve un mécanisme international plus solide. Il faut s’attendre à un vote difficile quel que soit le contenu de la résolution, selon des sources concordantes.

Le président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa a promis que les militaires qui avaient lutté contre les rebelles ne seraient pas poursuivis. Il a nommé des dizaines de responsables clés de l’armée à des fonctions importantes. La guerre civile, qui s’est terminée il y a plus de dix ans, a fait plus de 100’000 victimes.

Coup d’État en Birmanie

Après une session spéciale récente, la Birmanie sera également à nouveau discutée au Conseil. Il y a une semaine, les membres avaient déploré le coup d’État et demandé la libération de tous les détenus, dont la cheffe du gouvernement renversé Aung San Suu Kyi et le président Win Myint.

La Chine et la Russie, qui avaient déjà atténué la portée de cette action, ne rejoindront probablement aucun consensus sur un projet de résolution qui serait plus agressif que ces appels. Parmi les thématiques attendues, le coronavirus restera largement mentionné.

Malgré la pandémie, le format entièrement en ligne du Conseil n’est pas du goût de tous les pays. «Il faut un soutien accru des autorités suisses» pour un retour aux réunions présentielles, dit un diplomate européen qui estime que certains se cachent derrière cette excuse pour freiner l’avancée des travaux.

«C’est déjà un grand succès que la session puisse avoir lieu», rétorque M. Lauber. Mais il admet que le manque de dialogues informels «rend la recherche de consensus plus compliquée», surtout dans les discussions polarisées. Pour la première fois, les votes doivent avoir lieu sur une plateforme en ligne. L’ONU oeuvre encore à un système adapté.

ATS

1 commentaire
    boTanic

    Très bien, on est bien contents de ces décisions de la nouvelle administration US.

    Mais surtout qu'ils paient leurs cotisations de pays membres à la Genève internationale en temps et en heure. Le reste, c'est leur cuisine interne.