AboLa présidente des TPG donne sa démission
Un «conflit de personnes» avec le magistrat Luc Barthassat motive la décision d'Anita Frei.

Les Transports publics genevois (TPG) n'ont décidément pas une vie tranquille. Après avoir connu un fort renouvellement de ses hauts cadres, la régie publique perd la présidente de son conseil d'administration, comme l'a révélé Léman Bleu. Nommée à la fin de 2012 par l'ex-conseillère d'Etat Michèle Künzler, reconduite en 2014 par l'actuel Conseil d'Etat, l'historienne écologiste a rédigé lundi sa lettre de démission, dont la Tribune de Genève a obtenu copie.
Anita Frei, qui n'a pas souhaité s'adresser aux médias, y fait allusion à un entretien avec le ministre des Transports, Luc Barthassat, le 16 juin et à une lettre qu'il lui a adressée vendredi. Selon nos sources, cette missive déplorait des prestations insuffisantes et reprochait à la destinataire de ne pas avoir «pris toute la mesure de la situation». Dans sa propre lettre, la démissionnaire dit vouloir tirer «les conséquences de ce qui est pour l'essentiel un conflit de personnes», «préjudiciable à la bonne marche de l'entreprise».
Accusations croisées
La signataire revient sur les embûches qui ont marqué son mandat: stabilisation du réseau après sa refonte chaotique à la fin de 2011, distributeurs de tickets en panne, baisse des revenus consécutive à l'acceptation de l'initiative sur les tarifs TPG, grève du personnel le 19 novembre en raison des craintes pour l'emploi.
La présidente décoche une flèche, révélant au passage les critiques qu'elle a reçues du magistrat: «Si tout ceci participe d'un manque d'anticipation, de leadership et de vision stratégique de ma part, comme vous l'affirmez dans votre courrier, il serait utile que vous précisiez vos attentes, afin que la personne que vous choisirez pour présider le conseil d'administration dispose d'orientations claires de votre part», écrit-elle.
Luc Barthassat, lui, précise avoir signé une lettre de mission pour la présidente, détaillé ses attentes lors d'entretiens mensuels et davantage encore lors d'un bilan effectué ces derniers jours. «Je ne commenterai pas les raisons de sa démission, il s'agit d'une décision personnelle, déclare-t-il. Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est la stabilité de l'entreprise.»
«Successeur à la hauteur»
Une source autorisée confirme la nature interpersonnelle du litige. «Anita Frei s'est braquée contre Luc Barthassat, ne le contactait jamais et s'est renfermée. Il a fini par péter un câble.» Selon le MCG Eric Stauffer, le duel remonte à la grève de novembre. «En collaboration avec le parlement, Anita Frei avait trouvé des économies en évitant les licenciements, mais ceux-ci ont été évoqués sur Facebook par Luc Barthassat qui, une fois de plus, n'avait rien compris. Les choses se sont gâtées. Ce départ est une perte. Anita Frei maîtrisait parfaitement ses dossiers.» «Elle n'a pas spécialement démérité ni mérité, tempère Daniel Zaugg (PLR). J'espère qu'un successeur à la hauteur des enjeux sera désigné.»
Mercredi, le Conseil d'Etat avait exigé des TPG qu'ils mettent en œuvre des mesures favorisant leur vitesse commerciale. «On se demande si Luc Barthassat veut offrir un service de qualité à la population alors que lui-même, sans consulter les TPG, a plaidé pour l'ouverture des voies de bus aux deux-roues motorisés, ce qui nuirait à la vitesse commerciale, réagit la présidente des Verts, Lisa Mazzone. En aménageant des sites propres et les arrêts, l'Etat favoriserait cette vitesse commerciale qui peut permettre aux TPG d'économiser de l'argent.»
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